Tikahiri, de To’ata à Osaka

    jeudi 29 septembre 2016

    tikahiri

    Selfie dans les studios de la radio Nikkei, avec Teiva LC et Bill Kiyuna (à gauche). (Photo : Christophe Cozette)

     

    Dying Young. “Mourir jeune”, quelle drôle d’idée pour un groupe dont la moyenne d’âge approche la quarantaine. Composé de Stéphane Rossoni (53 ans), des frères Salmon Aroma et Mano (43 et 40) et rejoints depuis peu, après le départ du violoncelliste Simon Pillard, par d’autres “frangins”, les Chebret Christian et Mato (31 et 28), Tikahiri revient d’une mini-tournée au Japon, d’une semaine.

     

    Aguerri à la scène internationale après des shows en France et en Chine, et après une première partie de Johnny Hallyday à To’ata en mai devant plus de 6 000 personnes, Tikahiri a tenté l’aventure nippone lors de quatre concerts dans des bars et clubs à Kobe, Osaka et Tokyo. Le groupe était suivi par TNTV, pour le tournage d’un documentaire de 26 minutes, qui sera diffusé dans quelques semaines. La Dépêche de Tahiti y était aussi.

     

     

    Beautiful lady.

     

    Mais aussi de beaux tane ont croisé la route de Tikahiri lors de cette mini-tournée. Partis initialement pour trois concerts, les cinq Polynésiens ont finalement réalisé quatre prestations, chacune d’environ 45 minutes.

    À Kobe, ville spécialisée pour son bœuf mais aussi pour ses yakuzas (la mafia japonaise, NDLR), le patron du Izsnt a invité le groupe une seconde fois, après leur première prestation, mercredi dernier. Bar à tapas, habitué à recevoir de nombreux groupes étrangers, il fut l’occasion de belles rencontres pour Tikahiri, notamment avec le staff.

    Après un jour de repos, les cinq ont enchaîné une prestation à Kobe, dans un café-concert le samedi, situé sous une ligne le métro. Malheureusement même si l’endroit était grunge à souhait, le public n’a pas vraiment répondu à l’appel de l’Elevate.

    Mais le lendemain, dans un endroit tout aussi rock – l’Heaven’s Door à Tokyo – le bar affichait quasi complet, performance d’autant plus respectable, qu’elle se déroulait un dimanche soir. Une belle occasion pour “taper le bœuf” avec un groupe japonais, bien rock lui aussi.

     

     

    Talking to myself.

     

    Même comme le chante Mano Salmon, un groupe ne fait pas que de chanter, ni de se parler à soi-même. Plus qu’affables et disponibles, les cinq membres de Tikahiri ont fait de nombreuses rencontres, avant et après chaque concert.

    Des Japonaises et Japonais bien sûr, qu’elles soient fans de ‘ori Tahiti, venues voir et écouter d’autres sons polynésiens mais aussi de nombreux serveurs, passants, simples citoyens, croisés tout au long du périple, la plupart intrigués par les tatouages et le gabarit de nos chanteurs.

    Mais aussi étrangers, de toutes nationalités comme Nikhil Adkar, Indien d’origine et spécialisé dans les échanges culturels. Tombé amoureux du groupe, il s’est promis de les faire venir, dans son pays, d’ici 2018.

     

     

    Yeah !

     

    Quelle heureuse surprise et que le monde est petit. “C’est marrant, à Tokyo, après 12 heures d’avion on se croise avec Moana (alias Jansé Wesson, ndlr), dans la rue, on rencontre ensuite Teiva LC, dans une radio au même moment”, se souvient Aroma Salmon.

    On se connaît tous et il est très agréable de se retrouver là-bas, tous ensemble. Au Japon, il se passe plein de choses, c’est bien de pouvoir y aller, voir ce qu’il se passe là-bas pour revenir avec des idées fraîches à développer chez nous mais aussi comprendre leur façon de penser, pour mieux les accueillir chez nous”, retient le dorénavant entrepreneur (lire La Dépêche de Tahiti du 1er août, “Aroma Salmon, l’homme qu’aucun mur n’arrête”).

     

     

    Wolf.

     

    Les loups ont raisonné sur les ondes nippones à deux reprises. À Tokyo tout d’abord, dans une des principales radios de la ville, Nikkei, avec un présentateur bien connu au fenua puisqu’il y a vécu plus de
    quatorze ans, alias Bill Kiyuna. C’est à cette occasion, que Teiva LC, également au Japon pour Tahiti Festa, est venu rendre visite à ses amis, dans les studios du 17e étage, d’une de ses innombrables gratte-ciel japonais.

    Avec deux titres passés à l’antenne lors de cette émission hebdomadaire consacrée à la Polynésie, de nombreux auditeurs devraient découvrir le rock pa’umotu, dans les prochaines heures puisque l’émission a été enregistrée à l’avance. À Osaka, ensuite, autre studio, autre ambiance.

    Dans le tout petit studio de Blackman Radio mais hyperconnecté (webcam, photos, streaming), Tikahiri a fait découvrir ce rock du Pacifique si caractéristique, durant plus de trente minutes, avec de nombreuses chansons diffusées à l’antenne. Le podcast de l’émission est toujours en ligne.

     

     

    Tupapaku.

     

    Rencontre quasi fantomatique à Kobe à l’Elevate, avec des fans du nord de la France, des “biloutes” comme ils se définissent, David et Michou. Tatoués par les frères Salmon, en 2012 lors de leur dernier périple autour du monde, le couple, qui décrit ses escapades “pour les potes” et qui voyage “pour le fun”, n’a pas voulu rater ce show. “On ne pouvait pas rater les frères Salmon parce qu’on les a dans la peau”, a précisé Michou.

    Lors de leur dernier tour du monde, ils sont partis 18 mois et ont visité pas moins de 27 pays. De la Russie à l’Argentine, en passant par la Mongolie, la Chine et Tahiti entre autres, ils n’oublieront pas de sitôt leur concert pa’umotu au pays du Soleil levant.

     

     

    V8 car.

     

    Avion, bus et van mais point de 8 cylindres pour se déplacer au pays des sushis. Après à peine 48 heures passées à Tokyo, les cinq comparses se sont dirigés à Osaka en bus de nuit (trajet huit heures environ soit 600 kilomètres), pour y passer trois jours afin d’enchaîner leurs prestations à Kobe (30 minutes de route) et à Osaka même.

    Samedi dernier, retour vers Tokyo en van (de jour) avec Duane Levi, animateur, musicien mais aussi tourneur, qui a grandement facilité le voyage des Tikahiri, puisqu’il a organisé l’ensemble du voyage (salles, hébergements, transports), en concertation avec le groupe, en amont de leur périple nippon.
    Kareho koe. C’est avec cette chanson, issu du second album (Merahi kerekere), que le groupe clôt ses différents concerts.

    Assez de mensonges”, chante le groupe, pourtant si “tribal, si animal” et qui donne tout sur scène. “En live, cela procure une source d’énergie que tu ne peux pas trouver ailleurs, c’est fort et intense”, s’était confié Aroma, dans nos colonnes, en août. “Tu es au même niveau que le public, il y a un grand moment de partage”, avait-il conclu à cette occasion et le public japonais l’a également constaté. Qui sera le prochain ? Après To’ata, Osaka, sans doute, Russia.

     

    Christophe Cozette
    * : Chaque attaque est une chanson de la programmation interprétée sur scène lors de la tournée japonaise.

     

        Retrouvez dans notre édition du Jeudi 29 septembre 2016 :   

    • Interview : Aroma Salmon, Chanteur et guitariste du groupe – “C’est une aventure pour Tikari”
    • Rencontre : David et Michou, globe-trotteurs du nord de la France – “On a zappé notre programme initial d’une centaine de kilomètres, pour être ici, ce soir”
    • Plus de photos de la tournée

     

     

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