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Tikimiki : tradition locale et pop culture mondiale

mercredi 18 juillet 2018

Mickey Mouse sauce fafaru : un revival de la tiki culture des années 50-60, pour commenter le monde d’ici et d’ailleurs, c’est ce que propose la galerie Winkler avec cette nouvelle exposition. (© Galerie Winkler)

Mickey Mouse sauce fafaru : un revival de la tiki culture des années 50-60, pour commenter le monde d’ici et d’ailleurs, c’est ce que propose la galerie Winkler avec cette nouvelle exposition. (© Galerie Winkler)


La galerie Winkler accueille du 26 juillet au 4 août l’exposition Tikimiki. Elle rassemble les trois artistes Garth Bowden, Andreas Dettloff et KNKY. Leurs oeuvres rassemblent culture traditionnelle et culture populaire.

Garth Bowden, Andreas Dettloff, KNKY : trois artistes que le public polynésien connaît déjà, trois hommes multi-cartes qui manient aussi bien le pinceau du peintre que le ciseau du sculpteur. Chacun explore depuis plusieurs années les points de convergence entre culture traditionnelle et culture populaire, juxtaposant le primitif et le moderne pour donner à voir le monde d’aujourd’hui.

Symbole de la culture polynésienne, “le tiki est devenu une marque, un logo, une icône, au même titre que Mickey Mouse, l’ambassadeur du “soft power” généralisé et envahissant de Disney et du rêve américain”, expliquent les notes de la galerie Winkler sur l’exposition Tikimiki, qui s’ouvre jeudi prochain et dure jusqu’au 4 août. Tikimiki regroupe trois artistes qui travaillent sur l’alliance entre culture première et culture populaire.

Ces recherches artistiques peuvent sembler provocantes à certains, amusantes à d’autres, mais tous trouveront dans l’exposition matière à réflexion. Comment une culture évolue et survit-elle face à un monde en changement constant ? Qui définit ce qui est authentique de ce qui ne l’est pas ? Si une culture n’évolue plus, est-elle encore vivante ?

“Cette exposition explore les sujets universels de la surconsommation, du gaspillage et du traitement des déchets, de l’influence des États-Unis, de leur style de vie et de la culture populaire, de l’impossibilité de retourner en arrière, car le passé est devenu aussi fictif que le futur. Le paradis que nous cherchons ne peut se révéler que dans l’imperfection du présent.”

Le questionnement du célèbre tableau de Gauguin – d’où venons-nous, que sommes-nous, où allons nous? – est toujours présent en nous, la réponse toujours mouvante. Réinterprétation de tableaux de Gauguin Garth Bowden est un peintre et sculpteur qui partage son temps entre Paris et le sud de la France. Diplômé de la Chelsea School of Art de Londres, il expose depuis 1995, aussi bien en Angleterre qu’en France ou en Suisse. En 2014, il avait montré une facette de son travail à la Maison de la culture, avec des portraits traités en photos, collages, peinture et dessin. Il revient cette fois avec des oeuvres – huit tirages grand format et une vingtaine de dessins – qui seront familières  à ceux qui observent les façades de Papeete : Mickey s’est mué en tiki hybride qui semble léviter au-dessus du monde moderne.

L’exposition est d’ailleurs l’occasion pour Garth Bowden d’éditer à 150 exemplaires un livre de 72 pages intitulé Tahitian Street Paintings. Enfin, il présente également une installation vidéo qui sera ensuite montrée à Paris, le montage d’une série encore inachevée de photos, Gauguin Live Chat, qui réinterprètent les tableaux de Gauguin avec des jeunes Tahitiennes d’aujourd’hui.

“C’est une façon de montrer la vie des gens, ici à Tahiti. J’ai eu l’impression que l’univers graphique de Gauguin est aujourd’hui très intégré, malgré les quelques voix qui critiquent l’homme. Son histoire est devenue partie intégrante de l’histoire de Tahiti”, dit l’artiste.

Garth Bowden n’a pas encore épuisé le tiki comme source d’inspiration et veut encore travailler sur la récupération marchande : “Le tiki a été utilisé pour vendre des objets, mais je crois que ça lui a sans doute fait perdre un peu de son mana.”

Aux côtés des oeuvres de Garth Bowden, on pourra également voir cinq oeuvres d’Andreas Dettloff, qui travaille depuis des années sur la rencontre entre les cultures, et trois oeuvres de KNKY, qui lui aussi baigne dans la culture du tiki. Ne manquez pas ce rendez-vous qui célèbre à sa manière la synthèse culturelle unique que propose la Polynésie moderne.

 

C.P.

 

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