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Tina Cross en croisade contre les îles flottantes

jeudi 15 février 2018

Tina Cross (Tavini) a provoqué deux suspensions de séance par sa protestation contre le projet d'îles flottantes.

Tina Cross (Tavini) a provoqué deux suspensions de séance par sa protestation contre le projet d’îles flottantes.

Jeudi matin à l’ouverture de la session extraordinaire de l’assemblée, à peine commencé l’examen du premier texte, la représentante Tina Cross a placardé sur son pupitre une affiche de protestation contre le projet d’îles flottantes qui pourrait être implanté dans le lagon de sa commune de Mataiea. Le président de l’assemblée, après lui avoir demandé sans succès de retirer l’affiche, est descendu du perchoir pour la retirer lui-même. Immédiatement, Tina Cross a ressorti une affiche, suivie par plusieurs élus Tavini. Suspension de séance de dix minutes, puis rebelote : Marcel Tuihani, voulant sans doute éviter de procéder à l’expulsion de l’élue, a de nouveau suspendu la séance jusqu’à 13 heures. Là, Tina Cross arborait toujours son affiche, et le président a fait constater par huissier ce manquement au règlement, mais la séance a enfin pu commencer.

Tina Cross s’est exprimée avant la reprise des travaux sur son opposition au projet de Blue Frontiers, qui semble motivée autant par sa fibre écologique et sociale que par sa rivalité avec l’actuel maire de Teva I Uta dans le contexte électoral du moment.

 

Le président a suspendu la séance jusqu’à 13 heures suite à votre intervention contre les îles flottantes. Allez-vous revenir avec vos affiches ?

« Oui. Je placarderai cette affiche sur mon bureau tant que le gouvernement ne va pas résilier le recueil d’intentions réciproques signé entre Bouissou et le Seasteading Institute le 13 janvier 2017 à San Francisco. »

 

Depuis cette date les contours du projets sont connus, les études sont consultables sur le site des promoteurs du projet, pourquoi ne vous a-t-on pas entendue plus tôt ?

« Ça s’explique, en fait c’est venu de M. Marc Collins qui, vers mi-janvier, a demandé audience à Oscar Temaru, et Oscar Temaru l’a reçu mais au sein du shadow cabinet qui est une instance de réflexion politique au sein du Tavini. Malheureusement je n’étais pas présente, mais mon époux y était, et mon époux a noté tout ce que M. Marc Collins a dit.

Je pense que Marc Collins est de très bonne foi, puisqu’il disait que c’était pratiquement acquis, que ça allait se faire à Atimaono, que c’était considéré comme une zone économique prioritaire par le gouvernement et que les premiers coups de pioche allaient de toute manière démarrer au premier semestre 2018 avec livraison des résidences de l’île flottante en 2020. »

 

Le gouvernement a répété à plusieurs reprises que rien n’était encore décidé, vous n’y croyez pas ?

« J’ai entendu les réactions de M. Bouissou et de notre maire Tearii Alpha, mais je vous invite à aller regarder la vidéo que nous partageons sur notre page Paruru ia Atimaono, où de la part des investisseurs, de Seasteading et de Blue Frontiers, eh bien les dés sont déjà jetés. Et moi j’ai plus tendance à penser que ce sont eux qui sont de bonne foi, puisque même M. Marc Collins est venu dire au shadow cabinet que c’est une affaire conclue, entre guillemets.

Maintenant, il faut aussi que vous sachiez, avec M. Collins on se connaît depuis longtemps, et à ma demande il avait accepté de venir à Mataiea le samedi 3 février dernier. Lorsque M. Tearii Alpha a appris que j’organisais cette réunion populaire dans un lieu neutre à Mataiea, hé ben il a tout simplement interdit à M. Collins de venir, et il m’a écrit en disant que non, c’est lui qui allait organiser une réunion, d’abord au sein du conseil municipal pour présenter le projet, ensuite au niveau de la population. Mais jusqu’à aujourd’hui, monsieur le maire n’a toujours pas organisé ni de conseil municipal en présence de M. Collins, ni la population. Mais ce que je peux vous dire c’est qu’une pétition circule depuis bientôt une semaine et demi à Mataiea. »

 

La pétition que vous avez vous-même créée ?

« Voilà. Non, euh, c’est plutôt un collectif… »

 

Mais votre nom apparaît comme créatrice de la pétition en ligne.

« Oui, oui, voilà… l’objectif de la pétition c’est ça, c’est de demander au gouvernement de résilier ce recueil d’intentions réciproques, parce que pour nous ce sera vraiment la preuve que le gouvernement ne va pas faire ce projet. »

 

Avez-vous lu les études ? Vous n’y croyez pas ?

« Oui j’ai tout lu, non je n’y crois pas. Je ne crois pas aux bénéfices pour la population. Je crois que ce sont des rêves d’utopistes de la Silicon Valley, une philosophie libertarienne, qu’est-ce que ça va nous apporter à nous, la population de Mataiea? Je ne crois pas un seul instant que la population va y gagner, au contraire, expulser une population de 120 hectares de lagon, c’est tout simplement irresponsable, parce que le lagon de Mataiea c’est tout simplement le garde-manger. M. Collins a bien parlé de tout le bord de mer qui fait 40 hectares, et ce sera privatisé, et il a aussi parlé du bord de mer jusqu’au récif, donc c’est 100 hectares au total, et c’est ce que les promoteurs ont besoin comme espace de sécurité entre guillemets. Nous considérons ça comme une atteinte à nos droits élémentaires de disposer librement de notre lagon. C’est pas tant contre ces Américains que nous en avons, c’est plutôt la manière dont il est disposé de notre lagon sans que nous ayons été concertés (sic) ni au niveau du conseil municipal, ni au niveau de la population, c’est tout. Ça peut être un beau projet, mais pas chez nous, et pas de la manière dont ça a été fait, c’est-à-dire sans aucune consultation.

 

Le gouvernement a annoncé qu’il allait dépenser 100 millions de francs d’argent public pour faciliter l’accueil à Vairao du Paul Gauguin et d’autres paquebots. Un paquebot est plus gros et plus haut que les îles flottantes, et pollue autant que des milliers de voitures, mais là on n’entend personne. Qu’en pensez-vous ?

« Ben… peut-être aussi parce que les gens ne voient pas au fond des choses. Je n’ai pas les tenants et les aboutissants de ce dossier. Par contre les îles flottantes à Mataiea, ça impactera directement sur le garde-manger des familles de Mataiea. »

 

(Propos recueillis par Caroline Perdrix)

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