Tina Cross : “Je ne crois pas à un compromis”

    lundi 4 juillet 2016

    Tina Cross accuse le RMA de proposer une commission d'enquête qui servirait à "étouffer les protestations des usagers contre les tarifs d'EDT (Photo : DR)

    Tina Cross accuse le RMA de proposer une commission d’enquête qui servirait à « étouffer les protestations des usagers contre les tarifs d’EDT (Photo : DR)

    La commission législative de l’énergie de l’assemblée de la Polynésie française, présidée par Tina Cross (UPLD), s’est réunie vendredi dernier. Trois dossiers étaient à l’ordre du jour : deux propositions de résolution en faveur de la baisse des tarifs de l’électricité et une autre sur la création d’une commission d’enquête concernant le secteur de l’électricité. Des dossiers soutenus par la présidente de la commission. En réaction, les élus de la majorité ont proposé une autre version de création de commission d’enquête. Au final, tous ne sont tombés d’accord que sur un point vendredi dernier : suspendre la séance…
    Entretien avec Tina Cross.

    Assez rapidement, vendredi dernier, une première suspension de séance est intervenue. Pourquoi ?
    René Temeharo, pour le RMA (Rassemblement pour une majorité autonomiste, NDLR), a demandé d’inscrire un quatrième dossier à l’ordre du jour : leur proposition de création de commission d’enquête déposée la veille. Ce que nous avons accepté.

    Mais tout de suite après, il a demandé le retrait immédiat de l’ordre du jour des trois dossiers déjà inscrits : nos deux propositions de résolution et notre proposition de création de commission d’enquête. Ce que Jean Temauri, Gilda Vaiho Faatoa, Chantal Flores-Tahiata et moi-même avons refusé. D’où cette suspension de séance.

    Avez-vous trouvé un accord avec le RMA ?
    Leur demande était claire : le retrait des deux résolutions en faveur de la baisse du prix de l’électricité. Nous avons rappelé aux membres du RMA que nous avions reçu tous ensemble (les trois groupes politiques à l’assemblée) un groupe de citoyens “Unis pour une électricité juste en Polynésie” puis des experts, Teriivaea Vallaux, ingénieur des mines, et Christian Montet, professeur d’économie à l’Université de la Polynésie française, qui sont venus devant nous confirmer les surprofits.

    Nous ne pouvions pas, en tant qu’élus, dire que “nous ne sommes pas au courant”. Ne parvenant pas à un accord, nous sommes retournés en séance et, malgré leurs protestations sur l’ordre du jour cette fois-ci, nous sommes passés à l’examen des deux propositions de résolution.

    Quel a été le détail du vote ?
    Les cinq élus du RMA (René Temeharo, Henri Flohr, Dylma Aro, Joëlle Frébault et Joseph Ah-Scha) ont torpillé les deux propositions de résolution en faveur de la baisse des tarifs de l’électricité. Les masques sont tombés : les élus de la majorité du président Fritch ont délibérément choisi de soutenir le vice-président Nuihau Laurey et défendre avec lui la multinationale EDT Engie, qui opère des surprofits sur le dos de la population.

    Deux propositions de création d’une “commission d’enquête”, la vôtre et celle de la majorité RMA, se font donc face ?
    C’était clair que les cinq membres du RMA étaient venus pour rejeter notre proposition et ne retenir que la leur. C’est grâce à un représentant du RMA, Joseph Ah-Scha, que, finalement, nous nous sommes entendus pour suspendre la séance de la commission de l’énergie et nous revoir lundi (aujourd’hui, NDLR) pour trouver un compromis sur la création d’une seule commission d’enquête.

    Un compromis est-il possible avec le RMA pour la commission d’enquête ?
    Personnellement, je n’y crois absolument pas, car nos objectifs ne sont pas les mêmes : l’intérêt général collectif de la population qui nous a élus d’un côté et les intérêts privés d’une multinationale de l’autre. Car la proposition de création de commission d’enquête du RMA est la copie conforme de celle de Nuihau Laurey. C’est une commission d’enquête pour étouffer les protestations des usagers contre les tarifs d’EDT.

    D’ailleurs, les représentants du RMA qui sont dans la commission législative de l’énergie ne figurent même pas dans leur commission d’enquête.
    Par contre, notre proposition de création de commission d’enquête est là pour faire la lumière sur les surprofits d’EDT depuis septembre 2014. D’ailleurs, comment expliquer qu’un délégataire de service public comme EDT Engie ait pu avoir une rentabilité en 2015 de plus de 24 %, alors que la rentabilité normative d’un délégataire de service public est de l’ordre de 10 % maximum ?

    Propos recueillis par Y.R.

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