Habillage fond de site

Tonita Mao : « Gaston Flosse veut me détruire, mais pour quelle raison ? »

lundi 12 décembre 2016

Nouveau clash, vendredi dernier, quand Tonita Mao est empêchée par un vigile de Gaston Flosse lors d’un repas qu’il donnait. (© DR)

Nouveau clash, vendredi dernier, quand Tonita Mao est empêchée par un vigile de Gaston Flosse lors d’un repas qu’il donnait. (© DR)

 

 

Tonita Mao a décidé de sortir du silence pour parler du combat qui se règle autour de la résidence de Erima, à Arue.  L’ex-compagne de Gaston Flosse dénonce des pressions et même des menaces physiques. L’affaire est aujourd’hui devant les tribunaux, mais Tonita Mao dénonce une atmosphère invivable.

 

 

La première chose que l’on voit de cette demeure, ce sont ses deux drapeaux, puis les imposantes grilles ouvrant sur un domaine majestueux. Perchée sur Erima, à Arue, cette maison domine la vallée. On pourrait y contrôler toute la côte est urbaine depuis sa terrasse.

Cette maison a connu les plus grandes heures de Gaston Flosse. Ses heures intimes comme ses heures politiques. Si les murs pouvaient parler, ils raconteraient les meetings, les heures de travail, les constructions de ses programmes, la reconquête de 2013.

Dans les jardins, les imposantes tortues de pierre ne bougent pas. Mais ont-elles seulement entendu ce qui s’est passé dans ce berceau du flossisme ? Les conseils politiques. Les propos vengeurs pour mettre Édouard Fritch et ses proches à la porte du parti, les perquisitions. Les arbres gardent pour eux précieusement les rires des enfants, les chants de victoires, peut-être aussi les prémices de quelques affaires qui ont conduit Gaston Flosse devant les juges de nombreuses fois.

La résidence de Erima n’est pas uniquement un ensemble de bâtisses éparses à la décoration rococo. Elle a vu les grandes heures de Gaston Flosse. Elle a connu la puissance de ce président qui se voyait bien rester à la tête de la Polynésie encore de longues années.
Cette résidence est aujourd’hui au centre d’un déchirement familial qui use ses résidents.

Gaston Flosse a quitté en 2000 la demeure pour aller vivre à Vetea, mais la maison a brûlé en novembre 2012.

Alors séparé de Tonita Mao, sa compagne pendant plus de 18 ans, il a laissé, à elle et leurs enfants, la maison de Erima. Une garde convenue oralement dans un premier temps, puis gravée dans un acte de vente.
Après cet incendie, Tonita Mao et les enfants rouvrent les grilles de Erima à Gaston Flosse.

“Je lui ai proposé de venir. Je ne pensais pas que cela allait durer quatre ans”, témoignait-elle le week-end dernier. “On lui a tendu la main. Son fils était parti faire des études en France et il y avait une chambre de libre… On pensait qu’il allait reconstruire sa maison, que ça allait vite se faire. On ne pensait pas que quatre ans après, il serait toujours là.”

 

 
“Ne l’écoutez pas, c’est une folle”

 

Quelque temps après la prise du pouvoir du nouveau président de la Polynésie, les relations sont allées en se dégradant entre les deux ex-conjoints.

“Il devait partir après les élections de 2013”, poursuit Tonita Mao. “Quand il a été élu, il dormait à la présidence, faisait livrer son linge ici pour être lavé, faisait quelques meetings, mais il rentrait tous les soirs à la présidence. Quand la justice l’a mis dehors de la présidence… il est revenu.”

Elle poursuit : “Fin 2001, il est parti vivre sa vie en me laissant ici avec les enfants. Il est parti en emportant ses affaires, j’ai gardé le reste. Aujourd’hui, il dit que tout est à lui.”

Depuis quelque temps, la tension est montée d’un cran. Tonita Mao a entamé une procédure de divorce – “je ne l’ai pas fait plus tôt parce qu’à chaque fois, il avait une affaire en justice sur le dos ; j’ai un cœur d’artichaut, j’ai voulu le préserver, c’est quand même le père de mes enfants”, explique-t-elle.

Les premières conclusions vont dans son sens. Elle garde Erima et Gaston Flosse doit quitter les lieux. “Il est pourtant toujours là”. Tonita Mao et leurs enfants se plaignent des bruits, tôt le matin et tard le soir.

“Un soir, je suis allée leur demander de faire moins de bruit. Et Pascale Haiti a lancé : ‘Ne l’écoutez pas, c’est une folle’.”

Et les pressions sur elle ont accompagné le retour du Vieux lion dans ce lieu. “On n’en peut plus”, témoigne-t-elle. “Je n’aime pas être sous les feux des projecteurs, mais là, je suis obligée de sortir de ma réserve.”

Dans un premier temps, Gaston Flosse, lors de ses réunions politiques, n’oubliait jamais de remercier Tonita Mao de bien vouloir l’accueillir à Erima. Puis, lui et Pascale Haiti se sont installés, avec la cohorte de gens à leur service, “que des Marquisiens de la famille de Pascale”, explique-t-elle.

 

“On ne veut pas tremper là-dedans”

 

Elle poursuit : “Sa compagne veut la maison. Elle a déjà annoncé qu’elle aurait la maison. Gaston a provoqué le clash en expliquant qu’il était ici chez lui.” C’est alors le ballet des procédures qui commence. “Le photographe du Tahoera’a, Éric Bonamy, est même venu ici pour tout prendre en photo ; Gaston dit que tout lui appartient.”

“Il nous accuse même de vol en allant porter plainte à la gendarmerie”, s’étrangle Tonita Mao. “Parce que j’ai déplacé trois vases. Pascale Haiti a décrété que tout était à eux, mais il y a mes affaires.”

Tonita Mao s’arrête, rouge de colère et de lassitude. Elle reprend son souffle : “Ici, c’est une cocotte-minute. Il y a une telle pression que ça va exploser. On a peur pour nous.”

La peur est double pour elle et les enfants qui résident à Erima. D’abord, celle d’avoir des ennuis avec la justice.

“On ne voulait pas que l’on soit accusé de recel quand ils sont revenus avec la vaisselle de la présidence”, développe-t-elle. “Il n’y a pas longtemps, il y a eu une perquisition concernant le Ranelagh (l’ancien hôtel particulier de Gaston Flosse à Paris, NDLR.)… On ne veut pas tremper là-dedans.”

Et pas plus tard que vendredi dernier, au soir, elle a été bousculée par un agent de la sécurité de la présidence engagé par Gaston Flosse à l’époque, car elle voulait voir son ex-compagnon, qui recevait des invités pour un dîner, pour lui dire qu’elle ne voulait voir plus personne à la maison et qu’il avait un commandement des juges pour sortir de la maison.

Elle raconte la suite : “C’est alors que cet agent de la sécurité, un gros bras de Gaston, s’est planté devant moi, me repoussant plusieurs fois du torse en m’insultant pour me sortir de là. Une des invités m’a prise à part pour me calmer. Gaston, de son côté, m’a juste renvoyée : ‘Tu n’es pas chez toi’.”

Un huissier est venu le 29 novembre pour signifier à Gaston Flosse qu’il devait vider les lieux. Devant le refus du Vieux lion, il a entamé un procès-verbal de réquisition de la force publique auprès du haut-commissaire pour “prêter main-forte et assistance pour procéder à l’expulsion de M. Gaston Utato Flosse du domicile conjugal”.

“On ne se sent plus en sécurité chez nous”, rebondit Tonita Mao. “On s’enferme à clef. Il refuse de sortir quand bien même la justice lui a ordonné de quitter les lieux. Il attend que les forces de l’ordre viennent. Il aime se faire passer pour la victime. Il y a toujours ses fanatiques autour de lui… On a peur pour nous. Je ne reconnais plus cet homme qui, en vérité, ne respecte rien, même pas sa parole. Seul lui compte. Après moi, le déluge.”

Aujourd’hui, Tonita Mao et ses enfants sont fatigués de l’“attitude machiavélique” alors que leur seule intention était “de les aider à se reconstruire”. Elle conclut : “Il veut me détruire, mais pour quelle raison ?”

 

Bertrand Prévost

 

Plus d’informations dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

 

 

 

 

 

1427
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Samedi se tient l’élection de Miss France. Selon-vous Miss Tahiti sera :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete