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Le touche-à-tout de l’audiovisuel polynésien

mardi 27 juin 2017

Manuarii Bonnefin

Manuarii Bonnefin et l’un de ses pilotes, Les Lypozs. (© Photo : Christophe Cozette)


Manuarii Bonnefin, acteur et réalisateur, devrait réaliser un long-métrage l’année prochaine. Intitulé provisoirement Le Tahitien, son scénario est en cours d’écriture. Retour sur le parcours de ce jeune réalisateur, qui a déjà de nombreux projets à son actif.

“Quand on partage, on obtient” et “les choses bien n’attirent que des choses bien” sont les deux leitmotivs de ce tout jeune trentenaire. “L’âge où on n’a plus le choix”, s’amuse Manuarii Bonnefin, qui a déjà plus de six ans de métier à son actif. Acteur, réalisateur (de publicité aussi, à côté du cinéma et du documentaire), scénariste, cadreur, il s’est même essayé à l’écriture.

“Sans succès, je me suis autoproduit, il y a quelques années, le livre s’intitule Mes douze moi, je l’ai écrit suite à une déception amoureuse, j’ai préféré écrire que de me noyer dans l’alcool. L’histoire raconte la vie d’un adolescent, suite à une rupture amoureuse, qui passe par douze émotions différentes (la vengeance, la haine, la tristesse, etc.), chaque mois. J’aimerais bien que cela devienne un film”, avoue Manuarii Bonnefin, qui aime “jouer comme imaginer”.

“Je pense être un rebelle, je n’aime pas trop les règles”, estime le créateur de Méga la blague. “C’est plus facile de jouer sur ce que tu as écrit, mais il est difficile de jouer sur ce que tu penses avoir écrit. Quand on joue ses propres textes, il n’y a personne pour te guider physiquement, alors qu’avec un metteur en scène, il te dit ce qui va et ne va pas. Quand on écrit, il vaut mieux le faire jouer par quelqu’un d’autre pour trouver l’émotion que tu cherches”, pense Manuarii Bonnefin.
Méga la blague devrait revenir pour une quatrième saison quand le diffuseur – Polynésie 1ère – l’aura décidé. “Ce ne sont que de bons souvenirs. À la base, je voulais faire sortir le Polynésien du rôle de spectateur”, a confié à La Dépêche de Tahiti l’intéressé, venu parler de son projet de long-métrage, Le Tahitien (lire ci-dessous).

“Les Polynésiens sont de bons acteurs, surtout dans la comédie, qui est le style le plus dur alors qu’on a plutôt l’habitude de penser que c’est l’art dramatique. Mais le Polynésien est timide et a peur de jouer et qu’on le traite d’idiot”, pense Manuarii Bonnefin, qui a véritablement commencé en 2011, de manière autodidacte.
“J’ai démarré chez Zik Prod comme stagiaire, puis j’ai eu un contrat de six mois et à côté de cela, j’apprenais à fond en étant stagiaire sur des tournages, avant de partir au Canada, où j’ai fait mes armes d’acteur, dans une série télé.”
De retour à Tahiti, il passe sur la scène théâtrale, écrit Méga la blague, participe à L’île des vérités et d’autres programmes télévisés et puis “a pris du poids à cause de la bière”.

Récemment, il a tourné dans la série Al Dorsey, qui devrait être diffusée en octobre, sur Polynésie 1ère.
En ce moment, il vient de finir un court-métrage marquisien ainsi que deux clips pour Teiva LC et travaille sur des pilotes, dont un Hiro’s revisité avec les petits neveux, les Pyrozs.
Manuarii Bonnefin gagne sa vie “mais on ne regarde pas si tu aimes ce que tu fais, que tu gagnes ou que tu ne gagnes pas”, avoue-t-il, philosophe.

 

Festival en Nouvelle-Zélande

 

Mais après les courts, place aux longs. Le jeune homme a été sélectionné l’année dernière pour participer à un festival néo-zélandais, le Maoriland Film Festival. Pour être sélectionné, il lui fallait réaliser un court-métrage de fiction afin d’être ensuite, sélectionné en atelier de création, par équipe de trois, pour tourner sur place un film en 72 heures, scénario compris. De là est né Je suis une fleur, une fiction coup de poing sur un jeune homosexuel, en quête d’identité. La jeune femme qui sommeille en lui n’est autre que Tehani Blanc, seconde dauphine de Miss Tahiti 2017, couronnée vendredi dernier.

Avec ce projet sur place en collaboration avec deux jeunes réalisateurs maori, Manuarii Bonnefin a remporté le 2e prix du festival, et Je suis une fleur mène dorénavant sa propre vie. “C’était tellement troublant pour le jury du festival, qu’ils ont décidé de ne pas le diffuser, à cause du jeune public.” Du coup, ce “drama” (pour dramatique) a été diffusé lors d’un autre festival, où Manuarii Bonnefin a été choisi pour être membre du jury, pour désigner notamment le film maori qui sera en compétition au T-Tahiti Film Festival, en octobre. Et c’est ce festival même qui lui a permis d’être, pour l’instant, sélectionné pour tourner Le Tahitien, avant peut-être, un jour, le tournage de son propre scénario, pourquoi pas sur Mes douze moi ou Je suis une fleur, comme cela lui a été proposé en Nouvelle-Zélande.

L’imagination débordante de Manuarii Bonnefin est née lorsqu’il était jeune. “Mon père avait des soucis financiers, l’électricité était souvent coupée, alors on s’inventait des suites de séries qu’on avait vues avec mon frère”, se souvient-il, ne manquant pas de prodiguer de bons conseils à ceux qui seraient tentés de suivre sa route.

“Rien n’est jamais acquis, chaque jour on apprend et il faut être ouvert à la critique”, prône Manuarii Bonnefin, qui souhaite “réaliser un film qui va propulser nos paysages. Les histoires, on en a des centaines”. La sienne, celle de sa vie, est une belle histoire.

 

Christophe Cozette

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