Toujours pas de licence 4G : Viti interpelle le gouvernement

    mardi 14 mars 2017

    licence 4G tahiti Viti Vini

    En cinq ans d’existence, Viti indique avoir raflé 25 % des parts du marché d’Internet en Polynésie française. Ses dirigeants pensent que le retard sur la licence de téléphonie mobile reflète les craintes de ses concurrents. (© Caroline Perdrix)

    Viti, seul opérateur Internet en 4G LTE en Polynésie française, estime que sa licence de téléphonie mobile aurait déjà dû lui être attribuée et que la raison de ce retard est à chercher du côté de l’Office des postes et télécommunications (OPT), donc du Pays.
    Hier, le président de Viti, Mario Nouveau, son directeur général Bernard Foray et son directeur commercial Raymond Colombier se sont exprimés sans détour : “En mars 2016, nous avons déposé un dossier complet du point de vue technique, commercial et financier. L’obtention de la licence prend normalement moins de six mois. Là, ça fait un an, donc on interpelle le gouvernement. On suppose qu’on nous a fait traîner un peu, le temps que l’OPT puisse annoncer son offre”.
    Mario Nouveau fait référence aux annonces de l’arrivée de la 4G faites la semaine dernière par Vodafone et Vini.

     
    “On avait de l’avance : nous avons la 4G LTE depuis deux ans, on veut seulement rajouter un serveur pour passer la voix. Maintenant, on va se retrouver les derniers à avoir notre autorisation, déplore Bernard Foray. En décembre, nous avons été invités par le gouvernement à répondre à quatre questions simples : avions-nous prévu l’impact de la nouvelle taxation ? Oui. Étions-nous prêts à faire face à deux fois plus de clients ? Bien sûr. Ils trouvaient qu’on avait sous-estimé le prix de notre cœur de réseau, mais depuis, le fournisseur nous a même fait une proposition inférieure de 30 % ! Un mois plus tard, il y a eu un changement de gouvernement, nous avons rencontré le nouveau ministre qui nous a assuré qu’il était pour la concurrence. Depuis, plus rien.”
    Raymond Colombier s’interroge : “Est-on vu comme le concurrent de trop ?”

    Y a-t-il réellement encore une place à se faire en Polynésie sur le marché de la téléphonie mobile ? “Ah oui alors ! s’exclame Mario Nouveau. Des consultants de Idate, un cabinet d’études télécoms, sont venus ici à la demande de la DGEN (direction générale de l’économie numérique, NDLR) et confirment que c’est possible.”

    Deux opérateurs qui se partagent un gâteau de 12 milliards de francs

     

    Pour Bernard Foray, les chiffres parlent d’eux-mêmes : “Le marché d’Internet, qui compte quatre opérateurs, pèse quatre milliards de francs annuels. Alors que le marché de la téléphonie mobile, qui pèse le triple, soit 12 milliards, ne compte que deux opérateurs. Les projections montrent que la 4G représentera plus de 50 % du marché en 2021. C’est aussi pour ça qu’on nous freine. On ne veut pas nous laisser rentrer sur ce marché”.

    “Et pourtant, souligne Raymond Colombier, l’investissement que les autres opérateurs disent qu’ils vont faire… nous, on l’a déjà fait. Nous, nos moyens sont déjà 4G. En face, ils ont des réseaux de 2e et 3e générations qui seront obsolètes dans deux-trois ans”, affirme-t-il. “On a fait le bon choix dès le début. On pourra donc faire de très bonnes offres à nos clients.”

     

    C.P.

        Edition abonnés
        Le vote

        Recensement : Êtes-vous prêt à répondre à toutes les questions même intime malgré une garantie de l'anonymat ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete