Toujours plus d’espèces menaçant la biodiversité

    jeudi 3 novembre 2016

    Six espèces végétales et animales, comme le wedelia déjà largement répandu au fenua, ou le crapaud buffle, confiné pour l’instant à un îlot des Gambier,  seront ajoutées prochainement à la liste des espèces menaçant la biodiversité, inscrite dans le code de l’environnement.

    Six espèces végétales et animales, comme le wedelia déjà largement répandu au fenua, ou le crapaud buffle, confiné pour l’instant à un îlot des Gambier, seront ajoutées prochainement à la liste des espèces menaçant la biodiversité, inscrite dans le code de l’environnement.


     

     

    La liste répertoriant les espèces menaçant la biodiversité du fenua a été mise à jour et validée par le conseil des ministres. Quatre plantes et deux animaux ont été ajoutés, ce qui porte à 39 le nombre de végétaux et à 13 le nombre d’espèces animales. S’il n’y aura pas d’actions concrètes pour les éliminer, ils feront désormais l’objet de mesures d’interdiction d’importation, de multiplication ou de transfert d’une île à l’autre.

     

     

    Elle n’avait pas été actualisée depuis 2006. La liste des espèces menaçant la biodiversité en Polynésie française, inscrite dans le code de l’environnement, sera mise à jour prochainement.
    Aux 35 végétaux jusqu’alors répertoriés, quatre espèces “qui montrent des potentiels d’envahissement prononcé”, selon la direction de l’environnement, seront ajoutées : une liane recouvrant la canopée des arbres de forêt, le wedelia largement répandu mais encore absent de certaines îles comme Raivavae, ainsi qu’une espèce de fougère et de jasmin anciennement introduits qui se trouvent en forêts humides et sur les bords de rivières.

    “Ces dernières forment de denses couverts empêchant la régénération des autres espèces”, précisait le conseil des ministres, le 18 octobre, en validant cette nouvelle liste.
    Par ailleurs, l’inscription de deux animaux supplémentaires portera à 13 le nombre d’espèces animales enregistrées comme “menaçant potentiellement la biodiversité”. Une quinzaine de spécialistes consultés a proposé d’ajouter le plathelminthe de Papouasie Nouvelle-Guinée, un ver carnivore menaçant les escargots endémiques, ainsi que le crapaud buffle, dont la présence reste pour l’heure confinée à une mare de l’îlot Kamaka, aux Gambier.

    “Il ne s’est jamais échappé pour l’instant, mais l’idée est de le faire disparaître du territoire, en concertation avec le propriétaire de la mare”, explique Christophe Brocherieux, chargé de projet à la direction de l’environnement.

    En dehors de cette action localisée, l’inscription de ces végétaux et animaux sur la liste des espèces menaçant la biodiversité implique qu’ils feront désormais l’objet de mesures d’interdiction d’importation, de multiplication ou de transfert d’une île à l’autre, sous peine de sanction. Leur destruction sera également autorisée.

     

    Des écosystèmes perturbés

     

     

    “Mais ce n’est pas parce que ces espèces sont inscrites qu’il y aura des actions concrètes pour les éliminer, précise le chargé de projet. Ça permet surtout de les pointer officiellement, savoir jusqu’où elles vont, afin de continuer à informer et essayer de suivre leur évolution pour qu’elles ne se propagent pas dans toutes les îles.”

    Ces espèces ne sont pas des nouvelles venues sur le territoire. “Elles sont présentes depuis des décennies. Il y a eu une grosse explosion des introductions dans les années 1960, liée au développement des transferts aériens et maritimes, explique Christophe Brocherieux. Souvent, on ne les voit pas trop, elles sortent des jardins et entrent dans les vallons. On en constate les méfaits des années plus tard, comme aujourd’hui.” 

    Chaque nouvelle espèce perturberait les écosystèmes. “Les plantes envahissantes jouent bien sûr un rôle comme toutes les autres, mais elles poussent très vite et captent toute la lumière, au point de dénuder les sols à leurs pieds, raconte le chargé de projet. Résultat, par exemple, les pluies entraînent plus facilement la terre dans le lagon, accélérant le phénomène d’érosion. Peuvent aussi disparaître des plantes auxquelles se fixaient habituellement les mousses, qui jouent le rôle de réservoirs d’eau alimentant par ruissellement les nappes phréatiques.”  

     

     

    Marie Guitton

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