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Tourisme : les explications d’une année 2017 « tendue »

mercredi 29 mars 2017

tahiti tourisme

Gina Bunton, Vaihere Lissant, Michel Monvoisin et Paul Sloan (de gauche à droite) ont apporté des précisions sur leurs prévisions en termes de fréquentation touristique pour 2017 en Polynésie française. (© Jennifer Rofès)


Les chiffres publiés par l’Institut de la statistique de la Polynésie française sur la fréquentation touristique montre une diminution de 3,5% en ce début d’année par rapport à janvier 2016. L’institut pointe également une baisse de 30 % du nombre de touristes en hébergement flottant. Malgré ces chiffres négatifs, les professionnels du secteur estiment que la demande et l’intérêt pour la destination n’ont jamais été aussi élevés.

La fréquentation touristique diminue de 3,5 % en ce début d’année par rapport à janvier 2016. Et le nombre de touristes en hébergement flottant baisse également de 30 %, selon le point de conjoncture de l’Institut de la statistique de la Polynésie française.

Cela signifie-t-il que la Polynésie est moins attrayante cette année aux yeux des touristes ? Eh bien non, bien au contraire. Selon les professionnels du secteur, la demande et l’intérêt pour la destination n’ont jamais été aussi élevés.

“Nous n’avons jamais été aussi populaire dans le monde”, confirme Gina Bunton, directrice des opérations internationales pour Tahiti tourisme. Mais alors pourquoi la Polynésie a-t-elle enregistré une baisse de ses touristes ? La réponse est finalement assez simple, l’offre en termes de capacités touristiques est en deçà de la demande.

Paul Sloan, directeur général de Tahiti tourisme, l’explique : “La baisse du nombre de croisiéristes est directement liée à la baisse du nombre de places. Cette année, nous aurons moins de paquebots sur la destination. Si l’on prend le Paul Gauguin par exemple, il sera en carénage pendant six semaines sur la période mai et juin. Cela représente près de 4 000 touristes de moins. Si on prend le Windstar Cruise, on s’aperçoit qu’en avril il effectuera six escales au fenua contre 26 l’année passée. Quant à la compagnie Oceanian Cruises, qui accueillait 1 200 passagers sur le Marina en 2016, elle a changé sa flotte cette année et ne propose que 680 places sur la Sirena ou la Regatta. Donc, même si nous avons ces bateaux durant quatre mois dans nos îles, il y a deux fois moins de touristes à bord. Ce sont donc le manque d’escales et le manque de capacité qui influent sur le nombre de croisiéristes en Polynésie”.

 

Une offre qui diminue

 

Le directeur précise, par ailleurs, que dès 2018, les chiffres remonteront, car à nouveau les escales sont plus nombreuses et aucune maintenance n’est prévue.

A contrario, en 2017, l’hébergement touristique terrestre continue de progresser de 6 %, ce qui, selon Gina Bunton est positif. “Lorsque l’ISPF annonce une baisse de la fréquence touristique, il ne prend en compte ni l’offre, ni la capacité d’hébergement. L’année dernière, nous nous inquiétions déjà du départ du Princess Cruise, qui allait occasionner une baisse des croisiéristes et on savait que l’offre d’hébergement terrestre allait aussi diminuer, car le Hilton Bora Bora allait fermer pour travaux. En réalité, ce n’est pas la fréquentation de nos hôtels qui baisse, mais bien l’offre d’hébergement qui diminue”, précise la directrice des opérations internationales. Donc, lorsque les professionnels du secteur annoncent que 2017 sera tendue, en termes de fréquentation touristique, ceci prend en compte plusieurs facteurs. Et, selon Michel Monvoisin, le PDG de la compagnie aérienne Air Tahiti Nui, tendue ne veut pas dire mauvaise.

“Cela fait quatre ans que nous enregistrons une croissance continue du tourisme et qu’on a envie de passer la barre des 200 000 touristes. On l’a frôlé en 2016, mais on sait qu’en 2017, cela risque d’être compliqué, car on a perdu de l’hébergement terrestre et des cabines sur les bateaux. Cela dit, nous sommes en train de rattraper notre retard. Mais il faut être logique si notre offre diminue on ne peut pas rester sur les mêmes chiffres”, ajoute-t-il.

En effet, les intempéries des mois de janvier et février ont fortement impacté le secteur. L’hôtel Tahiti Nui, situé avenue du Prince Hinoï, est depuis fermé pour rénovation. Or, ce sont 94 chambres indisponibles jusqu’en juillet. Le Sofitel Bora Bora prévoit également de rénover ses 55 bungalows avant la haute saison qui démarre au mois de juillet. Tout comme le Private Island qui en compte 31. Quant au Conrad, ancien Hilton Bora Bora, il devrait rouvrir intégralement le 1er avril.

Et l’île de Bora Bora enregistre déjà un taux de remplissage qui avoisine les 80 % sur l’année, cette perte de capacité impacte donc directement les réservations touristiques.

“Le touriste qui vient en Polynésie, même s’il veut visiter d’autres îles, il veut surtout aller à Bora Bora. Donc, si sur la période où il veut voyager, il ne peut pas être hébergé, il ne vient pas. C’est du même acabit qu’un touriste qui va dans l’hexagone. Il veut bien visiter la France, mais il veut voir la tour Eiffel”, conclut Gina Bunton. 

 

Jennifer Rofes

 

Retrouvez l’intégralité de l’article dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique avec l’interview de Michel Monvoisin, PDG d’Air Tahiti Nui

 

 

 

 

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