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Tournage, retombées : tout savoir sur le film sur Gauguin

lundi 16 octobre 2017

Un film tourné à Tahiti qui fait la part belle au fenua

vincent cassel gauguin

Sorti dans l’Hexagone le 20 septembre, Gauguin, voyage de Tahiti sera diffusé en avant-première à Tahiti, mardi prochain,
avant d’être à l’affiche des salles Hollywood Premium et Liberty 2, à compter du mercredi. (© Denis Pinson)


Sorti dans l’Hexagone le 20 septembre, Gauguin, voyage de Tahiti sera diffusé en avant-première, à Tahiti, mardi, avant d’être à l’affiche des salles Hollywood Premium et Liberty 2, à compter du mercredi. Le réalisateur Édouard Deluc est arrivé vendredi sur le territoire pour présenter son film au public tahitien, qui a accueilli le tournage durant sept semaines, il y a un an. “Ça lui tenait vraiment à cœur d’être présent pour le lancement du film au fenua. C’est pourquoi nous avons décidé de décaler sa sortie un mois après son lancement dans l’Hexagone, pour qu’Édouard Deluc puisse être présent”, explique la production Filmin’Tahiti, qui a assuré la production exécutive localement. L’acteur principal Vincent Cassel, qui interprète le peintre dans le film, étant actuellement en tournage, n’a malheureusement pas pu faire le voyage. Une projection spéciale sera également donnée à Tautira, jeudi 19 octobre, à destination des habitants de la Presqu’île, qui ont largement contribué à la réussite du film.

Gauguin, voyage de Tahiti raconte le premier séjour de l’artiste peintre à Tahiti.  On est dans les années 1890. Paul Gauguin peine à gagner sa vie à Paris.

Il décide d’abandonner femmes et enfants (il est alors père de cinq enfants à cette époque) et part s’exiler à Tahiti où il pense trouver “un paradis” qui l’aidera à exprimer son art.

Le film raconte la découverte du fenua par l’artiste, sa relation avec la jeune Tehura qui devient à la fois sa muse et sa compagne, mais aussi sa déchéance face à la maladie qui le ronge et la misère dans laquelle il s’enfonce…

Tourné en grande partie à la Presqu’île,  Gauguin, voyage de Tahiti a marqué la vie de ses habitants.

La marina de Teahupo’o a été entièrement relookée pour devenir le décor du “port de Papeete”. 

À Tautira, des fare ont été construits pour reconstituer le village de Mataiea, tel qu’il pouvait l’être en 1890…

Les habitants ont également vu passer du monde. Outre la star Vincent Cassel, le film a mobilisé près de 300 figurants et comédiens locaux, ainsi que 70 techniciens, hébergés sur place pour des raisons logistiques.

 

Projection privée

 

“Pendant plus de deux mois, on a perturbé la vie des gens de la Presqu’île, car s’il y a eu cinq semaines de tournage sur place, il y a aussi eu toutes ces semaines de préparation en amont où il a fallu construire les décors, faire les essayages de costumes, repérer les décors…”, raconte Laurent Jacquemin, de Filmin’Tahiti.

Avant d’ajouter : “Le réalisateur, Vincent Cassel et l’équipe métropolitaine retiennent vraiment l’accueil qu’il y a eu à la Presqu’île. Si Édouard Deluc souhaitait revenir pour le lancement du film au fenua, c’est aussi pour remercier ces gens-là”.

Une projection privée leur sera d’ailleurs offerte, jeudi, à Tautira, en guise de remerciements.

Si le film met un bon coup de projecteur sur Tahiti, ses paysages et ses habitants, il a également généré une belle manne d’argent pour le territoire, soit près de 150 millions de francs.

Dans l’Hexagone, le film a cumulé plus de 84 000 entrées, la première semaine de sortie en salle.

Si, pour le moment, il n’est diffusé qu’en France, il a été vendu partout dans le monde, au grand étonnement des producteurs, qui ne s’attendaient pas à un tel succès à l’international.

“L’artiste ayant une renommée mondiale, le film a été acheté par un nombre impressionnant de pays allant du Brésil à la Nouvelle-Zélande en passant par les États-Unis, la Russie, la Corée, le Brésil… C’est une très bonne chose pour la destination Tahiti”, explique Filmin’Tahiti, pour qui le succès du film est également une porte d’entrée vers l’accueil d’autres productions étrangères.

Reste à voir comment le film sera accueilli ici par le public polynésien. 

 

Élénore Pelletier

 

Filmin’Tahiti, société de production qui a assuré la production exécutive du film Gauguin : “Au-delà de l’histoire qui est racontée avec un certain point de vue, le challenge a été relevé”

filmin gauguin

(© Denis Pinson)

Quand l’aventure Gauguin a-t-elle véritablement commencé ?

Les premiers contacts ont commencé en 2015. À cette époque, une partie de l’équipe métropolitaine est venue à Tahiti, pour repérer les décors du film et s’imprégner de l’ambiance du fenua.

Suite à ce voyage, le scénario original a été retravaillé pour se recentrer plus sur l’histoire d’amour entre Tehura et Paul Gauguin.

En février 2016, la production métropolitaine a envoyé une directrice de casting pour trouver les deux acteurs locaux qui allaient partager la vedette avec Vincent Cassel. Une mission cruciale, puisque sans ces deux acteurs, celui-ci ne pouvait voir le jour. Cela s’est avéré très difficile, car il fallait dénicher, pour le rôle de Tehura une “perle rare” qui devait répondre à plusieurs critères : la fille recherchée devait être belle, sauvage, mystérieuse, et bien sûr “matcher” avec Vincent Cassel… Surtout, il fallait qu’elle fasse l’unanimité au niveau de toute la chaîne de production : du réalisateur au producteur en passant par les diffuseurs…

Après avoir auditionné près de 80 filles, on a fini par tomber sur Tuhei (Adams, NDLR).

Le projet a alors pu démarrer concrètement. En avril, les équipes locales ont été constituées, la préparation a pu commencer et le tournage a démarré le 12 septembre.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontré durant la préparation du tournage?

Le plus dur a été de reconstituer le Tahiti de 1890, c’est-à-dire un Tahiti sans infrastructure routière, sans poteau électrique où les maisons n’étaient pas en dur…

Trouver des décors vierges à Tahiti et Moorea a été une mission très difficile. Mais nous devions tourner sur ces deux îles, d’une part pour des raisons logistiques car il fallait pouvoir héberger tous les techniciens, mais aussi les comédiens et figurants, soit près d’une centaine de personnes.

D’autre part, pour coller à l’histoire, puisque Paul Gauguin, à cette époque-là, vivait à Mataiea.

 

Justement, quels ont été les décors les plus difficiles à reconstituer ou à trouver ?

Comme à Tahiti, le moindre bout de terrain appartient à quelqu’un, il nous a parfois fallu convaincre des familles entières pour y avoir accès et pouvoir y tourner des scènes du film. Et nous avons aussi essuyé des refus catégoriques de la part de certains propriétaires, malgré de longues négociations…

Le port de Papeete qui a été reconstitué à Teahupo’o a demandé trois à quatre semaines de construction. Il a fallu trouver des vieux bateaux “d’époque” pour donner de la vie au décor, et ça n’a pas été simple. Il y a d’ailleurs des bateaux en trois dimensions qui ont été rajoutés en post-production.

Le décor du village de Mataiea n’a pas été une mince affaire, non plus. Nous avons visité des dizaines de lieux avant de tomber sur celui qui correspondait parfaitement aux attentes du réalisateur tant en termes de lumière, que de mises en scène, de décors…

On a finalement trouvé un terrain à Tautira, situé entre la mer et la rivière, avec une forêt dense, une vue sur la vallée et les montagnes comme on pouvait imaginer qu’elles étaient en 1890. Nous y avons reconstitué les fare du village de Mataiea. Des agriculteurs ont également accepté de nous laisser leur champ pour y construire le magasin chinois où l’artiste allait s’approvisionner en peinture.

Dans ce film, le pays apparaît comme un personnage à part entière, c’est pourquoi chaque décor a été choisi avec minutie.

 

Accueillir un acteur comme Vincent Cassel pendant plusieurs semaines a-t-il été difficile ? D’autant plus que le tournage se déroulait à la Presqu’île, où l’on ne trouve pas d’infrastructure hôtelière de grand standing.

Nous avions beaucoup d’appréhension avant de l’accueillir au fenua. On se demandait : va-t-il se plaire au fenua ? va-t-il trouver nos équipes assez professionnelles ? Va-t-on être à la hauteur de ses attentes ?

Mais dès son arrivée à l’arrivée à l’aéroport, on a compris que tout était joué : Vincent Cassel est quelqu’un de très sympa, facile d’accès, enthousiaste… Il n’a eu aucun mal à s’adapter. Il était ici dans son élément comme un poisson dans l’eau.

Il a vraiment aimé Tahiti, les gens, et il y a de grande chance qu’il revienne ici. Ce film a été une super-expérience pour lui comme pour nous.

 

Quelles ont été les scènes du film les plus difficiles à tourner ?

Les scènes avec les animaux, car ici nous n’avons pas “d’animaux de cinéma”. Nous avons tourné avec les animaux de particuliers. On a quand même choisi des animaux habitués à participer à des foires agricoles, donc au contact humain, mais ça n’a pas été facile de les gérer sur les décors.

Les séquences où l’on voit l’artiste Paul Gauguin errer à cheval dans la vallée ont été difficiles aussi pour les équipes techniques, car le lieu de tournage n’était accessible que par un sentier pédestre, nécessitant vingt bonnes minutes de marche. Pas facile lorsqu’il faut apporter toute la régie, le matériel, les costumes…

 

Comment percevez-vous toutes les polémiques que soulève le film sur Gauguin ? Appréhendez-vous la diffusion du film, ici ?

Non, pas du tout. Cette polémique ne date pas d’hier. Elle a toujours existé. Nous, en tant que production exécutive, on est fier d’avoir relevé le challenge d’avoir tourné la quasi-totalité d’un film au fenua, avec un maximum de locaux. Ça représente des mois de travail.

Le challenge, il est là : on a des bons retours et aujourd’hui, le film a été vendu dans le monde entier : aux États-Unis, en Chine, en Corée, en Russie… donc forcément c’est qu’il a plu. C’est bien pour la destination.

Et puis, il ne faut pas oublier que nous avons eu beaucoup de partenaires dans cette aventure, qui nous ont beaucoup aidés, chacun à leur échelle et c’est leur travail qu’il faut reconnaître dans ce film.

Au-delà de l’histoire qui est racontée avec un certain point de vue – et libre à chacun d’avoir sa propre opinion–, le challenge a été relevé.

 

 

Propos recueillis par É.P.

 

Les aides et retombées économiques dont le film a bénéficié

tournage film

Dans tous les projets audiovisuels, Air Tahiti nui est un partenaire incontournable, qui facilite la venue des équipes de tournage étrangères et du matériel cinématographique. (© DR)

,Le film a obtenu des aides à hauteur de 35 millions de francs de la part des institutions touristiques du territoire, que ce soit du ministère ou du Tahiti tourisme, parce que le film parle de Tahiti, montre ses paysages, les gens qui y vivent… et fait en quelque sorte la promotion de la destination.

La compagnie Air Tahiti Nui (ATN) a également été un partenaire clé dès le début de l’aventure. Si sa contribution n’a pas été pécuniaire, elle a facilité le transport des équipes et du matériel depuis l’Hexagone jusqu’à Tahiti et ce, dès les premiers repérages, alors même qu’il n’y avait encore aucune certitude quant à la faisabilité du film.

“ATN est vraiment un partenaire exceptionnel qui a su être très réactif face aux aléas du tournage et à tous les changements de dernière minute…”, explique Filmin’Tahiti.

Gauguin, voyage de Tahiti a aussi pu bénéficier de l’aide logistique du Pays qui, via ses services et dans la mesure du possible, a mis à disposition de Filmin’Tahiti ses machines et ses équipements… un groupe électrogène a été prêté, mais aussi des camions pour permettre le transport du matériel et des décors depuis Papeete jusqu’à la Presqu’île ou à Moorea. Des aides très importantes sans laquelle le film n’aurait pas pu se faire.

Quant aux retombées économiques, elles sont très importantes. Entre les salaires des techniciens, des acteurs et des figurants, les hébergements de chacun, les repas, tous les achats de matériels sur place, les locations de véhicules…, ce sont près de 150 millions de francs qui ont été dépensés localement pour la réalisation du film.

Sans compter toutes les dépenses indirectes générées par les activités ou voyages organisés par les techniciens les week-ends, la venue de certaines familles de l’équipe en Polynésie durant le tournage…

Des retombées économiques finalement quatre fois supérieures aux aides perçues localement de la part du Pays pour la réalisation de ce film, ce qui montre bien que la filière cinématographique n’est pas une filière à négliger.

 

 

 • À lire aussi, la suite du dossier : Tuhei Adams et Pua-Tai Hikutini, les acteurs du film Gauguin, se confient

 

 

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