Toussaint : le rituel annuel accompli

    mercredi 2 novembre 2016

    toussaint cimetière

    Les cimetières ont commencé à reprendre des couleurs depuis la semaine dernière. (© Vaiana Hargous)

     

    Le fenua a encore une fois accompli le rituel annuel de la Toussaint. Nettoyage, peinture, sable, fleurs… Certains avaient commencé leurs préparatifs dès la semaine dernière, en vue de rendre hommage à leurs défunts. Un moment important de recueillement pour beaucoup de familles.

     

     

    Les fleurs allaient et venaient, lundi matin, du côté de Aorai tini hau, à Pirae, où une cinquantaine d’horticulteurs étaient réunis depuis samedi dernier pour proposer des compositions florales de toutes sortes et d’autres fleurs vendues en paquets.
    “Mais il n’y a pas eu grand monde, ce week-end. C’est surtout depuis ce matin que les gens commencent à venir acheter leurs fleurs”, confiait l’un des exposants.

    “La plupart attendent au dernier moment qu’on brade nos prix, mais personnellement, si je n’ai pas écoulé au moins la moitié de mon stock demain, je ne braderai pas. Il faut quand même qu’on rentre dans nos frais”, souffle Liline, qui propose ses fleurs à la Toussaint depuis plus de 15 ans.

    De l’autre côté du chapiteau, Viviane Mairau est plutôt optimiste. “Cela fait 27 ans que je vends mes fleurs à la Toussaint et, chaque année, tout part. Les stands sont vides au 1er novembre.”

     

    Débroussaillage et nettoyage

     

    Poia, que nous croisons entre les étals, est venue de Moorea pour rendre hommage à ses défunts, enterrés à Tahiti. “Depuis la semaine dernière, on a commencé le débroussaillage et le nettoyage des tombes, explique-t-elle. Hier, on a fait la peinture et aujourd’hui, on achète les fleurs d’un peu toutes les variétés pour faire les bouquets, parce que ça revient moins cher que d’acheter des bouquets déjà faits.”

    Plus loin, Lysiane s’intéresse, elle aussi, aux fleurs vendues par paquets : opuhi, oiseaux de paradis, etc.
    “Je fais moi-même mes bouquets, c’est ma participation par rapport aux morts, pour leur montrer que je les aime, confie-t-elle. Et puis, c’est tellement impersonnel d’acheter un bouquet tout prêt…”
    À quelques lieues de là, au cimetière communal de Pirae, les grattoirs à peinture résonnaient encore, lundi, et la peinture fraîche se faisait sentir. 

    Pour les tombes carrelées ou marbrées, on y allait carrément au jet d’eau pour se débarrasser de la saleté.
    À l’ombre d’un tipanier, Monique et Léonard font une pause. Depuis la semaine dernière, ils ont nettoyé six tombes ; celles de personnes chères, mais aussi celles d’inconnus.

    “On a commencé par les nôtres avec le rituel habituel : nettoyer, repeindre, tamiser le sable, mettre à neuf. Puis on s’est occupé d’autres tombes, raconte Monique. Les gens qui n’ont pas le temps de s’en occuper nous demandent de le faire contre une petite compensation, comme ça, ils ont juste à venir déposer leurs bouquets demain.” Monique s’adonne au même “rituel” depuis 1992, l’année où elle a perdu sa mère.

     

    “Je n’aimerais pas qu’on me laisse dans l’herbe”

     

     

    “C’est une certaine reconnaissance que je lui dois. Et puis c’est une fois par an, je viens la nettoyer et puis je la laisse. C’est important, parce que si c’était moi, je n’aimerais pas qu’on me laisse dans l’herbe.”
    Plus loin, sur la tombe de sa fille, Micheline dispose de belles fleurs artificielles dans des pots assez lourds pour être à l’épreuve du vent et de la pluie.
    “Avec mon mari, on habite à Mataiea maintenant, donc on ne peut plus venir changer les fleurs tous les trois jours. C’est pour ça qu’on a choisi les fleurs artificielles, pour que ça reste beau longtemps. Et chaque année, j’en achète de nouvelles pour les changer.”

     

    V.H.

      Edition abonnés
      Le vote

      Seriez-vous prêt à accepter de travailler avec une patente si un employeur vous indiquait qu'il ne peut pas vous salarier ?

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete