« Tout à coup, des explosions » : témoignages de la fin à la prise d’otages

    lundi 15 décembre 2014

    « Tout à coup, on a entendu plein d’explosions » : des témoins racontent l’assaut des forces spéciales de la police australienne contre le Lindt Chocolat Cafe dans le centre de Sydney pour mettre fin à 16 heures d’une angoissante prise d’otages.
    « Quand on est arrivés, on a vu plein de flashs de lumière venant de l’intérieur du café », raconte à l’AFPTV Kieron Grewall, un jeune homme venu en pleine nuit assister au dénouement tragique sur Martin Place, une esplanade hébergeant commerces, bureaux et administrations.
    Il était 3h locales mardi (16h GMT lundi). Dans l’assaut, les forces spéciales ont tué le forcené, qui avait pris 17 personnes en otages dont deux ont été les victimes collatérales de l’intervention armée. Plusieurs autres ont été blessées.
    James Robertson, journaliste au Sydney Morning Herald, parle de « pétards explosant avec la puissance de la foudre ». 
    Des détonations, d’autres ponctuées d’éclairs de lumière dus à des jets de grenades, puis les otages se précipitant au dehors, et certains se couchant sur le sol aux sommations des policiers d’élite.
    « Le son a ricoché entre les hauts immeubles du quartier (…) et les otages ont commencé à sortir du bâtiment » abritant le café, relate Siobhan Heanue, journaliste de la télévision publique ABC.
    D’ailleurs, un autre témoin, Genevieve Bennet, raconte comment, à peine arrivée près de la place, « un otage a débarqué en courant et s’est jeté au sol » non loin d’elle.
    Les blessés étaient portés ou évacués sur des brancards. Deux femmes ont été ainsi secourues avec d’apparentes blessures par balles aux jambes ou aux pieds. Seuls six des 17 otages sont sortis indemnes de cet enfer.
    « Ils (les ex-otages) font l’objet d’un suivi psychologique, ensuite nous travaillerons avec eux, mais pour l’instant ils sont bien soignés », a précisé Andrew Scipione, commissaire de police de Nouvelle-Galles du Sud.
    « Ce sont des personnes très courageuses qui pour nombre d’entre elles n’étaient là que pour acheter un café et qui ont été prises dans cet terrible piège », a-t-il ajouté.
    Avant même l’assaut, le preneur d’otages avait été identifié : Man Haron Monis, 50 ans, réfugié d’origine iranienne, en Australie depuis 1996.
    Il a fait irruption lundi matin dans le café muni d’une arme à feu et d’un drapeau noir sur lequel on pouvait lire la « shahada », ou profession de foi musulmane : « Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète. »
    L’homme avait forcé des otages à tendre son drapeau sur la façade du café ornée d’un « Merry Christmas » en lettres d’or.
    « Il avait un lourd passé de violences, était imprégné d’extrémisme (religieux, ndlr) et souffrait d’instabilité mentale », a déclaré le Premier ministre australien Tony Abbott. Les autorités parlent d’un acte isolé.
    Cinq otages avaient miraculeusement recouvré la liberté dans la journée, dont deux femmes qui s’étaient jetées dans les bras de policiers, le regard plein d’effroi.
    Au-delà du cordon de sécurité, des passants prenaient des photos que certains postaient sur les réseaux sociaux, d’autres secouaient la tête, abasourdis.
    Le Premier ministre avait encouragé ses compatriotes à ne pas « céder à la peur ». Mais beaucoup d’enseignes du centre de Sydney situées en dehors du périmètre établi par la police avaient baissé leurs rideaux. 
    « Tous les magasins autour de nous sont fermés pour raison de sécurité », témoignait Marian Chung, gérante d’une boutique touristique vendant des kangourous et des koalas en peluche.

    AFP

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