Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le tiki

    samedi 10 septembre 2016

    tiki

    Dès lundi et pendant six mois, une exposition se tiendra au Musée de Tahiti et des îles, consacrée au tiki. De longs mois de préparation ont été nécessaires pour mettre en place ce rendez-vous avec le public, qui s’annonce exceptionnel. (Photo : Christophe Cozette)


    Une exposition incontournable au Musée de Tahiti et des îles, dès lundi prochain

     

    Son nom est Tiki. Ni tout à fait divin, ni tout à fait humain, il est personne et tout le monde à la fois. Il est “à la fois la statue anthropomorphe (à figure humaine, NDLR), le motif dérivé généralement de la figure humaine et, dans un contexte ésotérique, le phallus rejoignant une autre dimension, mythologique cette fois, celle du premier homme, personnification du sexe masculin et de la force procréative”.

    Dès lundi et jusqu’au 19 mars prochain, Tiki sera désormais une exposition, mise en place par le Musée de Tahiti et des îles, une exposition chargée de mana, à ne pas rater.

    Les instances du musée hier, avec en tête sa directrice Théano Jaillet, entourée des deux commissaires de l’exposition, Christel Vieille-Ramseyer et Tara Hiquily, mais aussi le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, ont présenté les grandes lignes de cette nouvelle exposition, qui durera six mois et qui a nécessité trois ans de préparation, pour un budget de 11 millions de francs.

    Une centaine d’objets, dont essentiellement des tiki en bois ou en pierre, parfois imposants mais tous issus des Marquises – issus des collections du musée mais aussi de collections privées (4) et des Marquises (1), sont exposés et mis en scène avec photos et panneaux trilingues explicatifs.

    Le fonds du musée est certainement un des plus importants au monde sur le monde polynésien”, n’a pas manqué de rappeler le ministre lors de l’une de ses rares interventions, hier, se postant dans “la pose du tiki”, laissant ainsi la parole aux deux commissaires de l’exposition.

    Cette exposition nous a permis de mettre en avant certaines grandes idées, notamment que le tiki n’a pas accompagné les premiers Polynésiens dans le peuplement des îles et même, qu’il est apparu nettement plus tard”, a expliqué Tara Hiquily, devenu incollable sur le sujet, car il “a beaucoup appris pour cette exposition, même s’il nous reste beaucoup de choses à apprendre”.

    En effet, on ne le retrouve pas dans les couches anciennes des peuplements, même si on y trouve des peignes, des hameçons ou encore des armes.

    D’une manière schématisée, plus on va vers l’ouest, c’est-à-dire plus on va retourner vers les origines des Polynésiens, moins on aura de tiki, jusqu’à son absence totale. Et plus vous allez à l’est, plus ils sont nombreux et grands, comme à l’île de Pâques, aux Marquises et à Raivavae”, a expliqué l’expert, dans la salle d’exposition, toujours en chantier, hier matin. 

     

    Le tiki était un danger pour quiconque

     

    Quand on essaye de retracer l’évolution du tiki, on voit que les premiers éléments sont la pierre dressée, puis des pierres phalliques dressées”, a-t-il poursuivi.

    Ensuite, ce sont des figures anthropomorphes phalliques, ce sont les tiki tahitiens et puis on évolue, à une sorte d’aboutissement, le tiki marquisien, le tiki de l’île de Pâques (les Moai), avec ces figures vraiment humaines, vraiment stylisées”.

    Masculin, féminin ? “Le tiki, et on va le découvrir lors de l’exposition, est un symbole phallique, c’est le sexe dressé. Mais cela n’empêche pas d’avoir des tiki femme”, reconnaît Tara Hiquily.

    Objet extrêmement dangereux, le tiki était un danger pour quiconque, hormis les prêtres. Mais il pouvait aussi être un objet auquel on faisait des offrandes pour s’attacher son action protectrice, mais aussi destructrice, ce qui fait qu’on le craint encore aujourd’hui.

    Il pouvait également, dans de biens plus rares cas, être vilipendés car non sacrés, comme ont pu le constater les navigateurs européens de l’époque.

    On pourra, lors de cette exposition, découvrir que le tiki est “notion bien plus large que la statue”.

    En effet, au départ, c’est un personnage mythologique, tiki, le premier homme, mais ce personnage et les statues sont complètement liés.

    Il va y avoir une déclinaison avec le motif, qui va partir de la figure humaine, qui va partir de tiki, et qui va devenir le langage graphique des Marquisiens, au travers du tatouage, qui aujourd’hui a envahi le monde. Tout serait né de tiki”, résume le commissaire de l’exposition.

    Outre une journée d’ouverture animée par de nombreuses conférences et un livre à venir, Tiki (à paraître Au vent des îles, par souscription), la meilleure des raisons pour ne pas rater cette exposition – en attendant Tiki pop, présentée au Musée du quai Branly en 2014 et promise à Tahiti en 2018 –, concerne le mana.

    À peine le pied posé dans la salle Matisse, il est là, partout, puissant, omniprésent. Et le mana, on n’en parle pas, on le ressent. Sur place.

     

    Christophe Cozette

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Encadré « 2 questions à » : Tara Hiquily, Commissaire de l’exposition, chargé des collections ethnographiques au Musée de Tahiti et des îles
    • Encadré : Pourquoi a-t-on encore peur des tiki ?
    • Informations pratiques

     

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