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La toute récente remise en liberté de l’assaillant de Marseille pose question

mardi 3 octobre 2017

Vive émotion dans le village de l’une des victimes, où un hommage lui a été rendu. (Photo : Anne-Christine Poujoulat/AFP)

Vive émotion dans le village de l’une des victimes, où un hommage lui a été rendu. (Photo : Anne-Christine Poujoulat/AFP)

La remise en liberté, samedi dernier, à Lyon, de l’homme en situation irrégulière qui a tué dimanche dernier à Marseille deux jeunes filles à coups de couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles, pose la question d’une possible défaillance de l’administration.

Hier soir, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a saisi l’inspection générale de l’administration pour faire la lumière sur cette procédure.

Connu depuis 2005 sous sept identités différentes pour des faits de droit commun, Ahmed H., l’auteur des coups de couteau, avait été interpellé vendredi dernier à Lyon pour vol à l’étalage, a indiqué hier le procureur de la République de Paris. L’attaque de Marseille a été revendiquée dimanche dernier, au soir, par le groupe État islamique et le parquet antiterroriste de Paris est saisi de l’enquête.

Détenteur d’un passeport tunisien, Ahmed H. était en situation irrégulière mais la procédure lyonnaise le concernant a finalement été classée sans suite. “Les autorités préfectorales locales n’ont pas été en mesure de prendre une mesure d’éloignement à son encontre”, a souligné le procureur François Molins.

“La personne de permanence à la préfecture du Rhône, ayant autorité pour signer l’Obligation de quitter le territoire et le placement en centre de rétention (…) était absente”, a expliqué une source proche de l’enquête. “Il y avait aussi un problème de disponibilité de place en rétention le samedi matin”, a fait valoir une autre source.

“Ce qui nous surprend, c’est que comme il était en état de situation irrégulière, on ne l’ait pas gardé”, a réagi le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (LR).

 

Une revendication qui “pose question”

 

“Le préfet du Rhône et l’ensemble des agents sous son autorité sont bien évidemment à l’entière disposition des inspecteurs”, écrit dans un communiqué la préfecture, en assurant qu’“en complément de la permanence assurée par un membre du corps préfectoral 24h/24, la préfecture du Rhône tient les samedi, dimanche et jours fériés une ‘permanence éloignement’ de 9 à 17 heures, destinée à prendre les mesures nécessaires lorsque des étrangers en situation irrégulière sont interpellés”.

Les deux victimes sont deux cousines de 20 ans. L’une résidait dans les Bouches-du-Rhône, l’autre dans la région lyonnaise. L’une était en 3e année de médecine à Marseille, où sa parente, élève infirmière à Lyon, était venue lui rendre visite le week-end dernier.

Les enquêteurs cherchaient toujours, hier soir, à cerner la personnalité et le parcours de l’auteur de l’attaque, perpétrée aux cris d’“Allah Akbar”. Des investigations sont en cours pour s’assurer de l’authenticité du passeport d’Ahmed H., qu’il n’avait pas sur lui au moment du drame.

L’assaillant avait déclaré aux policiers lyonnais vivre à Lyon, “s’était dit sans domicile fixe et sans emploi autre que des missions non déclarées comme peintre”, “consommateur de drogues dures” et “divorcé”, a précisé François Molins. Il se trouvait encore à Lyon samedi après-midi.

La revendication par le groupe jihadiste État islamique “pose vraiment question, car aucun élément ne relie” l’assaillant à l’EI “à ce stade”, a souligné une source proche de l’enquête.

Alors qu’il était assis sur un banc, l’homme “s’est soudainement levé” en direction d’“une première victime à laquelle il a porté plusieurs coups de couteau avant de partir en courant puis (…) il est revenu sur ses pas et a agressé une deuxième victime à qui il a pareillement asséné plusieurs violents coups de couteau” avec une lame de 20 cm, a relaté le procureur Molins.

Une passante a tenté d’intervenir en frappant l’assaillant avec un porte-drapeau. L’homme s’est ensuite rué sur une patrouille Sentinelle, avant d’être abattu. Sur le parvis, des gerbes de fleurs, des bougies et des dessins ont été déposés hier.

Olivier de Mazières, le préfet de police des Bouches-du-Rhône, a annoncé le déploiement de 60 policiers supplémentaires et a pris un arrêté autorisant la police à procéder à des contrôles d’identité, à fouiller des bagages ainsi que des véhicules dans un périmètre autour de la gare.

 

AFP

 

 

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