Trafic de paka – 20 personnes impliques dans les « go fast »

    mercredi 3 mai 2017

    tribunal

    Les 20 prévenus risquent jusqu’à 10 ans de prison et 20 pour ceux étant en récidive. (© Florent Collet)

    Quelques semaines après avoir jugé 20 prévenus dans un important trafic de pakalolo où les productions de la Presqu’île et des îles Sous-le-Vent alimentaient les différents quartiers de Faa’a grâce à une organisation parfaitement hiérarchisée, ce sont à nouveaux 20 prévenus qui se retrouvent à la barre du tribunal correctionnel depuis hier, là aussi pour une affaire de pakalolo. Une réunion de famille chez les juges puisque tous ou presque sont des proches.

    À la tête de ce réseau et jugés également pour association de malfaiteurs, Bruno et Raufea L., l’oncle et le neveu.

    Lors de leur interpellation en juin 2012, 2 957 pieds sont retrouvés dans leurs plantations respectives au Fenua Aihere, à Vairao et à Teahupo’o. Chacun des deux a été aidé dans la production par sa concubine, ainsi que pour le transport vers la zone urbaine. Sur ce point-là, ils ont fait appel à une technique connue de par le monde mais plus inédite en Polynésie, celle du “go fast”.

    Un véhicule partait en éclaireur pour s’assurer que les forces de l’ordre ne faisaient pas de contrôle sur le trajet, auquel cas le véhicule servant de mule était prévenu pour faire demi-tour. “On a vu ça dans les médias et on le montre souvent dans les films d’action ou de mafia”, confie ainsi Raufea L. à la barre pour expliquer comment est née l’idée de procéder de cette manière.

    Durant l’instruction, Bruno L. a reconnu un gain de près de 9 millions entre 2009 et 2011, son neveu 7,5 millions entre 2010 et 2012. Selon le travail des enquêteurs, oncle et neveu auraient produit en deux ans 14 pieds de cannabis ayant rapporté 110 millions de francs.

    Des chiffres et des déclarations faites durant l’instruction qui n’ont pas trouvé écho hier à la barre du tribunal, les prévenus revenant sur leur déclaration. “C’était il y a cinq ans, je ne me rappelle plus”, “j’ai dit cela à cause de la pression des gendarmes”, “c’est le juge d’instruction qui a inventé cela”, se sont défendus, pêle-mêle, les différents prévenus passés à la barre hier. Les deux plus gros clients ont eux aussi minimisé la fréquence et la quantité des doses achetées, parfois pour plus d’un million de francs et conditionnées par pieds entiers dans des sacs poubelle de 250 litres à 500 000 F l’unité.

    Autre contradiction, Raufea L. reconnaît n’avoir planté que 800 pieds alors que plus de 1 000 pieds ont été mis à jour sur le terrain de sa belle-mère. Même son père apporte un témoignage contradictoire : “C’est un menteur”, répond le fils. De même pour l’un des plus gros clients, installé à Titioro, qui admet acheter au moins par paquet de 500 000 F mais ne reconnaît pas la vente, expliquant acheter pour sa simple consommation et celle de ses amis musiciens.

    Le procès prévu sur trois jours pourrait prendre fin dès aujourd’hui. Les prévenus risquent jusqu’à 10 ans de prison, 20 pour ceux étant en récidive.

     

    Compte rendu d’audience F.C.

     

     

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