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Transport aérien – Lionel Rault : “Air France tire son épingle du jeu”

lundi 8 avril 2019

Lionel Rault, directeur régional d’Air France en Polynésie française : “Les statistiques à fin février 2019 montrent que notre stratégie est la bonne, sur un trafic global en hausse.” (© Damien Grivois)

Lionel Rault, directeur régional d’Air France en Polynésie française : “Les statistiques à fin février 2019 montrent que notre stratégie est la bonne, sur un trafic global en hausse.” (© Damien Grivois)


Natif de la Martinique, Lionel Rault a succédé en août 2018 à Alex Hervet à la tête de la délégation régionale d’Air France à Papeete. Salarié depuis 20 ans au sein de la compagnie aérienne nationale, il a d’abord occupé des fonctions opérationnelles sur les plateformes aéroportuaires (Roissy, Orly, province), avant de devenir chef d’escale à Toulouse, puis directeur d’Air France à la Martinique et enfin directeur régional à Papeete. Le professionnel estime que dans le contexte très concurrentiel dans le ciel polynésien depuis l’an passé, Air France a su trouver les bons arguments de riposte.

Quel est le dimensionnement de la délégation d’Air France en Polynésie ?

À ce jour, la délégation compte 105 salariés. Sa spécificité mondiale, c’est d’être la seule délégation régionale ayant une base de personnels navigants commerciaux (PNC) longs-courriers. Les PNC de la base de Tahiti représentent 80 % de notre effectif.

 

Quel est le climat social au sein de la délégation, après la grève de fin 2017 ?

À mon arrivée, ma priorité a été d’être à l’écoute des salariés, des partenaires sociaux, pour essayer de faire un état des lieux de la situation. Je me suis attaché à répondre à toutes les problématiques qui avaient pu être soulevées et qui étaient encore résiduelles. Je dois dire que j’ai été particulièrement bien accueilli par l’ensemble des équipes. On a pu instaurer un vrai climat de dialogue, en toute transparence, sans éluder ni sous-estimer les difficultés. Je suis assez optimiste et confiant.

 

Quel bilan la délégation régionale dresse-t-elle de son activité en 2018 ?

Ça a été une année charnière marquée par l’arrivée de la concurrence sur les destinations Amérique et Europe : French bee en mai et United Airlines fin octobre. Le paysage a été particulièrement modifié, les cartes redistribuées. Si on prend les statistiques de l’aéroport, la performance d’Air France dans ce contexte est très positive. Nous avons certes perdu un peu de passagers par rapport à 2017, de l’ordre de 3 %. Mais notre coefficient de remplissage est resté extrêmement bon, le meilleur du marché d’ailleurs. La stratégie commerciale mise en œuvre a porté ses fruits.

 

Pourquoi voyager avec Air France plutôt qu’avec une autre compagnie ?

Nous avons énormément d’atouts à faire valoir. Le premier, c’est notre ancrage local. Nous sommes un opérateur historique en Polynésie, sans doute le plus ancien. Nous participons à la vie économique du pays, et nos clients apprécient unanimement que les équipes commerciales et les personnels navigant soient polynésiens. Il faut ajouter les “+ produit”. Derrière Air France, il y a le symbole de la “French touch”, la gastronomie, le champagne offert en cabine économique, etc. On peut aussi citer la classe business d’Air France qui est la meilleure sur le marché au départ de Faa’a, les clients sont formels, y compris face aux compagnies dotées de nouveaux appareils. Et bien sûr, notre programme de fidélité très puissant qui permet de bénéficier d’avantages conséquents.

 

Le partenariat avec Delta est un avantage pour toutes les destinations américaines…

Oui, la compagnie américaine nous permet d’offrir un panel de correspondances aux États-Unis au départ de Los Angeles, c’est un atout très fort. C’est important aussi parce qu’aux États-Unis, Air France-KLM est vendu par les commerciaux de Delta. Ce sont eux qui font le travail et qui assurent la promotion de la desserte du territoire polynésien. Si nous avons une forte clientèle américaine à bord de nos avions, c’est grâce au travail de Delta, au bénéfice du territoire. On ne s’arrête pas en si bon chemin dans nos perspectives 2019 : nous souhaitons aussi présenter d’autres opportunités de voyages aux Polynésiens. Et également offrir, à d’autres marchés dans le monde, la possibilité de venir en Polynésie de manière beaucoup plus fluide qu’auparavant. Par exemple, avec notre partenaire Virgin Atlantic, nous pouvons proposer, sous numéro de vol Air France et au départ de Faa’a, du Tahiti-Londres via Los Angeles avec une seule correspondance.

 

Il y a quatre opérateurs actuellement dans le ciel polynésien. Selon vous, il y a de la place pour tout le monde ?

C’est vraiment une question difficile et je n’oserais pas parier sur une évolution du nombre de compagnies. Cette année 2019 sera une vraie année de transition, c’est certain. Toutes les compagnies s’observent, réagissent, font des offres promotionnelles… dans un contexte de très forte agressivité commerciale. Une guerre tarifaire qui fera probablement quelques dégâts. Pour le moment, les statistiques à fin février 2019 montrent que notre stratégie est la bonne, sur un trafic global en hausse. Les réservations sur les mois à venir sont plutôt bien orientées. Air France tire son épingle du jeu. On verra en fin d’année, les concurrents auront aussi peut-être des résultats encourageants. L’équilibre reste fragile mais je peux assurer qu’Air France sera toujours là en 2020.

 

French bee est un concurrent en classe éco, United Airlines davantage en classe business, plus rémunératrice. Quelle compagnie vous pénalise le plus ?

Les statistiques de trafic et notre coefficient de remplissage par cabine montrent que nous maintenons nos performances, quelle que soit la cabine. Je serais même amené à dire que les engagements en classe éco sont prévus en augmentation. Ça veut dire que notre riposte commerciale sur ce segment-là a été adaptée. Sur la cabine business, nous avons un apport plutôt majoritaire des marchés France et États-Unis, ce qui contribue à l’équilibre du remplissage. En ce qui nous concerne, nous ne voyons pas de diminution sur ces segments de marché.

 

Air Tahiti Nui a réalisé un choix stratégique important en basculant des quadriréacteurs Airbus aux biréacteurs Boeing…

Je ne commenterai pas les choix stratégiques d’ATN en matière de flotte, mais il est vrai que le temps était venu pour la compagnie de se poser la question du renouvellement de ses appareils. La compagnie polynésienne fait baisser sa facture de kérosène et dans le même temps, elle offre un nouveau produit. Aujourd’hui, la plupart des compagnies optent plutôt pour des biréacteurs. C’est le cas d’Air France-KLM à l’échelle globale, car les biréacteurs sont moins gourmands en carburant, d’autant plus s’ils sont récents. Nous avons trois fréquences hebdomadaires à Tahiti, exclusivement assurées par des Boeing 777-200.

 

La compagnie Air France pourrait-elle changer d’escale en Californie ?

Le choix de Los Angeles est stratégique et très important. Il faut un marché capable “d’alimenter” la Polynésie avec les passagers venant de Paris, mais également avec ceux venant des États-Unis. Los Angeles est la plus importante escale de la côte ouest des États-Unis, nous avons jusqu’à trois fréquences par jour vers Paris. C’est déterminant aussi pour des questions de gestion de la flotte et de maintenance. C’est un choix qui a tout son sens d’un point de vue opérationnel.

 

Éternel débat au fenua : manque-t-il des sièges d’avion ou des chambres d’hôtel ?

Si on regarde les coefficients de remplissage des opérateurs, on constate qu’il y a encore des places disponibles dans les avions. Plus ou moins selon la compagnie, d’ailleurs ! Mais je dirais que la destination polynésienne a tout intérêt, à la fois, à diversifier son offre en hébergement, ce qu’elle fait, et à améliorer sa desserte. Nous sommes très attachés au développement de l’activité touristique, d’autant qu’une hausse de la capacité en réceptif peut booster le trafic aérien.

 

Propos recueillis par Damien Grivois

 

 

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