Transport d’énergie électrique en Polynésie se reprend en main

    mardi 31 janvier 2017

    TEP

    Thierry Trouillet, directeur de TEP, a fait le point hier sur les travaux occasionnés par les intempéries d’il y a dix jours sur son réseau. Plus largement, il a expliqué pourquoi et comment TEP entendait devenir le pivot d’un marché de l’électricité en voie de libéralisation. D’ici à 2027, TEP 2.0 prévoit neuf à douze milliards de francs d’investissements. (© TEP)

     

    Créée en 1985 mais mal connue du grand public, la société Transport d’énergie électrique en Polynésie est pourtant appelée à devenir l’un des acteurs majeurs de la transition énergétique et à sortir de l’ombre d’EDT dans laquelle elle était jusqu’à présent.

    Hier matin, dans un effort pédagogique, son directeur général Thierry Trouillet a réuni les médias polynésiens autour d’un petit déjeuner pour mieux expliquer les missions et les perspectives de Transport d’énergie électrique en Polynésie (TEP). Il a également profité de l’occasion pour faire le point sur les conséquences des intempéries d’il y a dix jours.

    La TEP achemine l’énergie des lieux de production aux zones de consommation grâce aux 250 kilomètres de réseau (90 000, 30 000 et 20 000 volts) qu’elle pose, entretient et étend au quotidien.

    Plus tôt en janvier, TEP a officiellement lancé les travaux de bouclage du réseau nord sur l’île de Tahiti : une ligne de 90 000 volts, livrable en 2019, pour 4,2 milliards de francs. Ce chantier permettra de sécuriser l’approvisionnement de la zone urbaine, de désenclaver la zone comprise entre Papeno’o et Faatautia, et de mieux écouler la production électrique de la Papeno’o.

    Cette société d’économie mixte est détenue à 51 % par le Pays et 39 % par EDT à qui, pendant longtemps, TEP a sous-traité ses missions. La transition énergétique vers 50 % d’énergies renouvelables en 2020 requiert un acteur plus indépendant, un rôle qui reviendra à TEP. Cette dernière reprendra en main le “dispatch”, c’est-à-dire le mix entre énergie fossile et énergie renouvelable qui est livré au consommateur polynésien. Car EDT, à la fois producteur et distributeur, pourrait être soupçonné de privilégier l’énergie fossile, produite par ses installations largement amorties, et non pas les énergies propres, domaine dans lequel se positionnent de nouveaux producteurs que le Pays entend encourager.

    EDT sortira du capital de TEP, “au premier semestre de cette année”, selon Thierry Trouillet, mais sans que l’on sache précisément quand, ni à qui sera cédée cette participation et à combien elle sera valorisée.

    Autre mission importante de TEP, sans doute à un horizon plus lointain : la société doit “développer des dispositifs publics de stockage de l’énergie” pour faciliter la montée des énergies dites “aléatoires”, notamment photovoltaïques. Elle doit également encourager de meilleures habitudes de consommation – car si l’électricité polynésienne pourrait devenir plus verte, elle ne sera pas nécessairement moins chère.  

     

    C.P.

     

     

     

     

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