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Transport – Encombrement routier : une fatalité ?

mardi 26 décembre 2017

Le problème de la circulation automobile à Tahiti n’est pas nouveau, et les gouvernements successifs n’ont pas donné l’impression que le résoudre est une priorité. (© archives LDT)

Le problème de la circulation automobile à Tahiti n’est pas nouveau, et les gouvernements successifs n’ont pas donné l’impression que le résoudre est une priorité. (© archives LDT)


D’année en année, circuler à Tahiti est devenu de plus en plus  compliqué. Le réseau routier est saturé, aux heures de pointe,  de véhicules qui veulent tous entrer et sortir  de Papeete. Malgré des travaux  d’infrastructures qui ont pu être bénéfiques,  la situation demeure  problématique.  La chambre territoriale des comptes vient encore de qualifier la politique des transports terrestres du Pays de coûteuse, désorganisée et inefficace.Cette semaine,  La Dépêche va évoquer tous les leviers  susceptibles de fluidifier  le trafic automobile, consciente que l’asphyxie actuelle est coûteuse en heures perdues, en carburant gaspillé et en pollution.

« C’est l’enfer !”, lance une automobiliste au journaliste qui photographie la circulation bloquée au niveau de Papeava, à Papeete. S’il y a bien un problème face auquel tous les Polynésiens sont égaux, c’est celui de la difficulté à circuler sur l’île de Tahiti.

Chaque jour se répète le même scénario : des embouteillages à l’ouest comme à l’est de Papeete, des durées de trajet allongées pour gagner la capitale où se concentre l’essentiel de l’activité économique et administrative. Le fiu et l’énervement gagnent souvent les automobilistes, victimes du trop-plein de véhicules pour un réseau incapable de tous les absorber au même moment, et parfois totalement bloqués pour des travaux mineurs et des manifestations pas toujours annoncées à l’avance. 

Quand il faut aller au travail, il n’y a pas le choix. Alors, selon l’endroit où l’on habite, il faut parfois se lever très, très tôt pour espérer gagner la capitale avant 8 heures du matin. La configuration de Tahiti ne joue pas en sa faveur : les voies de circulation sont coincées entre la mer et la montagne, le foncier ne permet que rarement d’envisager de nouvelles routes. 

Alors les pouvoirs publics – à part la Route de dégagement ouest (RDO) ouverte en 1975 et la Route des plaines mise en service en 2000 – sont contraints d’élargir les voies existantes. La troisième voie, de Arue au bas du Tahara’a côté Mahina, a permis, par exemple, d’améliorer la circulation, grâce à l’emploi astucieux d’un “petit train” (séparateur modulaire) qui affecte deux voies de circulation vers Papeete le matin, puis deux voies pour en sortir le soir. 

Papeete au cœur du problème

Papeete a entièrement changé son plan général de circulation au début des années 1990, le Pays a modifié des carrefours problématiques (parfois à plusieurs reprises, comme l’ex-rond point du Pacifique), construit quelques tunnels, point. La rareté des voies de circulation complique aussi les travaux sur le réseau, faute d’itinéraires de déviation. Même des travaux mineurs engendrent des embouteillages.

Papeete, c’est 27 000 personnes la nuit et plus de 80 000 personnes le jour. Ce seul chiffre résume toute la problématique. “Tout le monde” va vers la ville le matin et la quitte le soir, sur des plages horaires réduites. C’est exactement comme un problème de dynamique des fluides : les tuyaux (routes) ne sont pas capables d’absorber de tels flux de véhicules au même moment. L’impact de la congestion permanente du réseau routier tahitien est largement sous-estimé. Il a pourtant un coût considérable, en nombre d’heures perdues (souvent des heures de travail), en consommation de carburant inutilement gaspillé, sans même parler de la pollution provoquée par les dizaines de milliers de véhicules embourbés dans la circulation. 

Le Pays a bien tenté plusieurs réformes de l’organisation des transports en commun depuis la première en 1977, mais elles sont loin d’avoir donné satisfaction.  Les bus, qui ont peu à peu remplacé les trucks dans les années 2000 “pour raisons de sécurité”, offrent un service peu fiable, en tout cas incapable d’offrir une alternative crédible au “tout voiture”. À leur décharge, ils sont eux aussi englués dans le trafic, car le réseau ne permet pas de leur attribuer des voies réservées. 

La chambre territoriale des comptes vient d’ailleurs d’épingler la politique du Pays en matière de transports terrestres, la jugeant coûteuse, désorganisée et inefficace. L’asphyxie du réseau routier n’est pourtant pas une fatalité. 

Si LA solution-miracle n’existe pas, agir simultanément sur plusieurs paramètres avec une volonté politique forte pourrait largement améliorer une situation devenue invivable et très coûteuse. C’est ce que se propose de mettre en lumière La Dépêche cette semaine, en évoquant toutes les pistes d’action négligées ou sous-utilisées par les pouvoirs publics.

Damien Grivois

capture embouteillage tahiti

capture dossier route

Le manque de places de stationnement à Papeete aggrave encore l’incapacité de la capitale à absorber rapidement le flux de véhicules. Sur ce cliché, tous les véhicules situés à droite sont garés en double-file et bloquent une voie  de circulation. (© Damien Grivois)

Le manque de places de stationnement à Papeete aggrave encore l’incapacité de la capitale à absorber rapidement le flux de véhicules. Sur ce cliché, tous les véhicules situés à droite sont garés en double-file et bloquent une voie de circulation. (© Damien Grivois)

L’automobile occupe tout l’espace, y compris les trottoirs depuis longtemps offerts au stationnement sauvage. Les personnes à mobilité réduite, comme  sur ce cliché qui date de 2008, mais aussi les scolaires et tous les piétons sont souvent obligés de circuler sur la route. (© Damien Grivois)

L’automobile occupe tout l’espace, y compris les trottoirs depuis longtemps offerts au stationnement sauvage. Les personnes à mobilité réduite, comme sur ce cliché qui date de 2008, mais aussi les scolaires et tous les piétons sont souvent obligés de circuler sur la route. (© Damien Grivois)

La chambre territoriale des comptes demande au Pays de lancer dans les plus brefs délais la procédure de délégation de service public des transports en commun de voyageurs. (© archives LDT)

La chambre territoriale des comptes demande au Pays de lancer dans les plus brefs délais la procédure de délégation de service public des transports en commun de voyageurs. (© archives LDT)

La ville de Papeete compte encore des carrefours qui constituent de véritables points noirs,  ici à l’entrée de Fare Ute. (© Damien Grivois)

La ville de Papeete compte encore des carrefours qui constituent de véritables points noirs, ici à l’entrée de Fare Ute. (© Damien Grivois)

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