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Transports collectifs : la priorité des priorités

jeudi 28 décembre 2017

Les usagers des bus doivent composer avec un système de transport peu fiable, aux horaires très variables pour finalement  se retrouver englués dans la circulation. Comme tout le monde. (© archives LDT)

Les usagers des bus doivent composer avec un système de transport peu fiable, aux horaires très variables pour finalement
se retrouver englués dans la circulation. Comme tout le monde. (© archives LDT)


Malgré plusieurs réformes depuis 1977, les transports en commun terrestres n’ont jamais joué le rôle essentiel qui est le leur, contribuant au développement de la logique du tout-automobile. La chambre territoriale des comptes vient encore de taper sur les doigts du Pays. Elle lui demande de lancer la procédure de délégation de service public et d’instaurer une participation au financement de l’exploitation du réseau. Les bus, dont le parc est vieillissant, sont englués dans la circulation, incapables d’assurer un transport rapide avec des horaires fiables. L’organisation du schéma est à revoir, c’est un levier essentiel.

Passera ? Passera pas ? Et si oui, à quelle heure ? Les bus à Tahiti, c’est un peu comme jouer au Loto… Les transports en commun terrestres sont en situation d’échec à Tahiti depuis 40 ans, malgré plusieurs réformes menées par le Pays.

Les gares routières créées lors de la transition des trucks traditionnels au profit des bus n’ont fonctionné parfois que quelques mois, à l’exemple de celle de Fautaua. Quant aux promesses d’horaires fiables et de trajets adaptés, elles ont fait long feu. Pourtant, de tous les leviers dont dispose le Pays, celui des transports collectifs est de loin celui qui est le plus capable d’améliorer le problème de la mobilité à Tahiti.

La chambre territoriales des comptes (CTC) a de nouveau tapé sur les doigts du Pays concernant sa politique en matière de transports terrestres, a révélé TNTV. Les magistrats la jugent coûteuse, désorganisée, inefficace. Les autorités sont restées sourdes aux doléances des usagers, aux revendications répétées des exploitants, aux alertes de la direction des transports terrestres. Le rapport de la CTC invite le Pays à appliquer le nouveau schéma directeur des transports terrestres validé en août 2017, lequel propose une nouvelle version de la délégation de service public.

Le transport en commun dans les communes autres que Papeete devrait être régi ou contrôlé par une nouvelle instance. La dernière recommandation des juges concerne le financement de la délégation de service public qui devra être mutualisée et prévoir des engagements précis sur la qualité de service. 

Une logique collective prioritaire

La société de gestion de transport (SGT) qui regroupe le Réseau de transport urbain (RTU), les Transports collectifs de la côte ouest (TCCO) et les Nouveaux transporteurs de la côte est (NTCE) n’est pas parvenue à offrir une prestation digne du service public attendu. Le transport scolaire, en particulier, nécessite d’être considéré comme une question prioritaire. « On ne peut pas continuer comme ça ! » 

Bus déglingués et surchargés, chauffeurs peu amènes, itinéraires et arrêts non respectés, abribus inexistants ou inadaptés, pannes et surtout retards : à quelques jours de la rentrée des classes en août 2017, la Fédération des associations de parents d’élèves (Fape) avait poussé un coup de gueule et provoqué une réunion avec à la fois la direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE) et la direction des transports terrestres. 

Les bus qui ont remplacé les trucks sont en large majorité vieillissants. Même si cela suppose davantage de chauffeurs avec un impact sur le coût général, le Pays serait bien inspiré d’adopter des modèles plus petits, plus nombreux, plus maniables pour davantage de rotations, de destinations, de souplesse. 

Rien n’interdit, car c’est l’un des handicaps du système actuel, la mise en place de petits bus, voire de navettes type “shuttles” assurant le transport jusque dans le fond des vallées, ou dans les lotissements en hauteur.  À défaut de garantir des horaires, un système simple par géolocalisation des véhicules permettrait d’indiquer aux usagers le temps qu’ils devront attendre avant le passage du prochain bus. 

Garantir un système performant de transports en commun a un coût pour la collectivité, mais il reste de toute façon très inférieur au coût que supporte quotidiennement cette même collectivité à perdre des heures dans les embouteillages. C’est plus qu’une priorité, c’est LA priorité.

Damien Grivois

appli bus

Un truck à Papeete en 1952. Le transport collectif, une priorité sur une île qui ne dispose  que très peu d’espace disponible. Pourtant, c’est la logique du tout-automobile qui a triomphé... (©DR)

Un truck à Papeete en 1952. Le transport collectif, une priorité sur une île qui ne dispose que très peu d’espace disponible. Pourtant, c’est la logique du tout-automobile qui a triomphé… (©DR)

De taille intermédiaire en le petit bus et la voiture, le “shuttle” (navette) bien connu aux États-Unis permet de transporter de 10 à 15 personnes. Ce type de véhicules pourrait effectuer des navettes dans les vallées, dans les lotissements. De grandes entreprises privées pourraient aussi récupérer certains de leurs employés à leur domicile le matin, et les redéposer le soir.  Autant de voitures en moins sur le bitume. (© Prime)

De taille intermédiaire en le petit bus et la voiture, le “shuttle” (navette) bien connu aux États-Unis permet de transporter de 10 à 15 personnes. Ce type de véhicules pourrait effectuer des navettes dans les vallées, dans les lotissements. De grandes entreprises privées pourraient aussi récupérer certains de leurs employés à leur domicile le matin, et les redéposer le soir. Autant de voitures en moins sur le bitume. (© Prime)

Les pouvoirs publics ont annoncé une quasi-révolution au début des années 2000 :  des gares routières, des horaires, le tout avec des bus flambant neufs. La gare routière de Vaitavatava à Fautaua, aujourd’hui disparue, est la parfaite illustration de l’échec.  Elle n’a vraiment fonctionné que quelques mois... (© archives LDT)

Les pouvoirs publics ont annoncé une quasi-révolution au début des années 2000 : des gares routières, des horaires, le tout avec des bus flambant neufs. La gare routière de Vaitavatava à Fautaua, aujourd’hui disparue, est la parfaite illustration de l’échec. Elle n’a vraiment fonctionné que quelques mois… (© archives LDT)

 

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