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Travail clandestin à Makemo : “C’est de l’esclavage moderne”

vendredi 17 novembre 2017

justice

Au total ce sont prêt de trois millions de francs que T.M, 48 ans, aurait gagné au profit des quatre victimes. (© archives LDT)

“Quand je leur ai proposé du travail, c’était pour leur rendre service. J’ai vu qui ne faisait rien je leur ai dit de venir travailler avec moi”, c’est par cette déclaration que T.M., 48 ans, a justifié les faits de travail clandestin qui lui sont reprochés.

Entre 2010 et 2013, le quadragénaire aurait engagé quatre personnes de sa famille pour faire du coprah sur une parcelle de terre, dont il est le propriétaire sur le petit atoll de Haraiki, situé à 180 km au sud de Makemo.

Sur place, ces derniers font face à des conditions de travail difficiles. Ils travaillent douze heures par jour, week-end compris, avec le strict minimum au niveau de la nourriture, et sont sous la responsabilité du frère de T.M., qui,  quant à lui, rentrait sur Makemo pour s’occuper de son magasin.

“Vous disiez être avec eux lorsqu’ils faisaient du coprah. Mais lors de l’enquête, il a été clairement établi que vous n’étiez pas sur place. Vous laissiez des instructions à votre frère, qui était un peu comme votre chef de chantier”, a précisé le président du tribunal, avant d’ajouter : “Vous les laissiez livrés à leur sort pendant des semaines sans aucun moyen de communication et vous ne reveniez sur Haraiki que pour rapatrier le coprah sur Makemo, pour après l’envoyer à Tahiti. Vous receviez ensuite l’argent que vous gardiez pour vous.”

Au total, ce sont prêt de trois millions de francs que T.M. aurait gagné grâce au dur labeur de ces quatre personnes qui, elles, n’ont jamais vu la couleur des billets et ne bénéficiaient d’aucune couverture sociale. “Leurs parts servaient à rembourser le ma’a que je leur avançais chaque mois dans mon magasin. En plus, il fallait payer l’essence pour le bateau pour ramener le coprah”, s’est justifié T.M. auprès de la cour.

De même, son avocat a réfuté le lien de subordination entre son client et les plaignants : “Ils n’étaient pas obligés de s’y rendre. Ils sont allés faire du coprah en famille, mais dans un groupe il y a toujours un leader, quelqu’un qui doit mettre en place les choses et c’est le rôle qu’a assumé mon client.”

L’avocate des quatre plaignants a, quant elle, parlé “d’esclavage moderne”, avant de poursuivre : “Vous dîtes être de la même famille, mais la famille, ça se respecte. Et là, je ne vois aucun respect de votre part vis-à-vis de mes clients. Aucun bulletin de salaire, aucune déclaration auprès des services sociaux, des conditions de travail intolérables. Vous avez clairement profité de la situation.”

En première instance, T.M. a été condamné à une peine de trois mois de prison avec sursis. Hier, pour son procès en appel, l’avocat général a requis douze mois d’emprisonnement avec sursis, trois ans de mise à l’épreuve, et l’indemnisation des victimes. La décision sera rendue le 25 janvier 2018. 

 

D.T.

 

 

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