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Les travaux publics et la grande distribution sans grande concurrence

vendredi 3 février 2017

Faaone sans concurrence

Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), sur quatre sociétés, l’une d’entre elles prend seule plus de 40 % du marché. (© Charles Taataroa)


L’autorité de la concurrence a travaillé à son rapport 2016 sur la concentration des grands groupes dans des secteurs clés. L’automobile et l’hôtellerie font figure de bons élèves. En revanche, et sans grande surprise pour les consommateurs, la grande distribution et les travaux publics sont concentrés entre peu de groupes.

 

L’autorité polynésienne de la concurrence a publié, sur son site Internet en début de semaine, son rapport 2016 sur les concentrations des groupes financiers en Polynésie française. Le premier du genre depuis la création de l’autorité de la concurrence.

Ce document d’un nouveau genre analyse en profondeur ce qui pèse plus du quart de l’économie polynésienne dans plusieurs secteurs.

En effet, en Polynésie française, “les 50 premières entreprises représentent un chiffre d’affaires cumulé de 413 milliards de francs soit plus de 50 % de la production de biens et services en Polynésie française. Ainsi, 0,2 % des entreprises polynésiennes réalisent plus de la moitié de la production”, note le rapport qui poursuit : “La part des 100 pre­mières entreprises s’établit, quant à elle, à 63 %, ce qui signifie qu’un important écart de contribution à l’économie existe entre les 50 premières et les 50 suivantes qui ne représentent que 11,3 % du total.”

L’analyse de l’autorité de la concurrence prévient que les chiffres d’affaires, qui sont ceux de 2014, sont représentatifs d’un instant au centre de l’économie polynésienne. “Le rapport présente une photographie d’ensemble, mais ne rend pas compte des importantes différences entre Tahiti et les autres îles, entre les îles du Vent et les autres îles ainsi qu’entre les îles de la Société et les autres archipels”, poursuit-il.

 

> De la diversité dans l’hôtellerie

Les grands groupes hôteliers prennent nécessairement la plus grosse partie de la représentation en chiffre d’affaires sur le secteur. Pour autant, la multiplicité des complexes hôteliers, notamment de luxe, offre un panel d’investisseurs suffisamment large pour ne pas tomber sous le coup d’une étude en concentration.

“Le raisonnement en termes d’entreprises et non de groupes d’entreprises (un même groupe peut détenir plusieurs hôtels) fait apparaître une grande dispersion des parts de marchés conduisant à des ratios traduisant une situation de faible concentration. Sans surprise, les établissements de luxe, ayant le revenu moyen par chambre le plus élevé, occupent les premières places. Les 15 premières entreprises du secteur réalisent 76,4 % du chiffre d’affaires global du secteur”, note l’autorité.
De plus, l’autorité de la concurrence note que la déconcentration de l’activité va croissante du fait même des rachats observés ces derniers mois.
> L’automobile concentrique
La multiplicité des modèles de voitures sur nos routes fait-elle de l’automobile un exemple en termes de déconcentration ? Pas nécessairement. De par le rachat d’un groupe par un autre en 2015, le commerce de voitures est passé de cinq à quatre acteurs en la matière à se partager un chiffre d’affaires global de 19 milliards de francs. Ces quatre groupes réalisent, à eux seuls, 95 % des parts de ces 19 milliards.
“Le degré de concentration dans le secteur du commerce de voitures et de véhicules automobiles légers apparaît élevé”, note alors l’autorité de la concurrence.

 

> Les travaux publics sans partage

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) n’est pas un secteur qui dépend de l’action du privé. C’est la commande publique qui alimente les entreprises qui travaillent dans le bâtiment et les travaux publics. L’État et le Pays, dans leurs commandes, dans leurs programmations et dans leurs choix lors des appels d’offres, contribuent donc, pour une part, à la concentration du secteur.
Forcément, les commandes font et défont les concentrations, pour peu que la politique publique lance suffisamment de marchés pour tous. Les années 2004-20012 ont, en cela, été des années de disette terrible pour le BTP qui souffrait de ne pas voir les projets sortir des placards.

Dans le secteur du bâtiment, “le degré de concentration peut être considéré comme moyen”, ex­plique le rapport. En revanche, les travaux publics ne laissent apparaître que très peu de sociétés qui croquent avidement dans les gâteaux publics sans laisser beaucoup de miettes aux autres sociétés.
Sur quatre sociétés, l’une d’entre elles prend seule plus de 40 % du marché. Les deux premières sociétés prennent 75 % à elles deux.

 

> Grande distribution, petite concentration

Les petits magasins luttent encore et toujours contre les grosses structures qui, hyper et supermarché confondus, prennent tout de même 61 % d’un marché qui représente un chiffre d’affaires de 85,2 milliards de francs par an.
Malgré ses 350 magasins d’alimentation générale, la Polynésie voit près de la moitié de son marché (45 %) détenu par les 10 plus grands magasins. Un grand groupe détient même à lui seul 38,4 % de ce chiffre d’affaires conséquent. Un ratio que l’autorité de la concurrence voit s’accroître avec la naissance ces deux dernières années de nouvelles enseignes appartenant au même groupe. “Le secteur de la grande distribution à dominante alimentaire présente un degré de concentration très élevé”, analyse le rapport, sans surprise.

 

Bertrand Prévost

 

 

Tableau récapitulatif par secteur d’activité.

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