Habillage fond de site

Une trentaine de maisons inondées et beaucoup de peur

vendredi 31 mars 2017

Intempéries - Débordement de rivière à Mahaena et pont obstrué à Hitia’a

À Mahaena, mercredi, la famille de Tehaamoana a dû fuir
dans la nuit quand l’eau est passée par-dessus la berge.
Chez son voisin, plus bas, le niveau est monté
jusqu’aux prises de courant, ce qui a fait sauter le compteur. (© Photomontage : Jean-Luc Massinon)


La rivière Tevaifaaara, dans la vallée Tefaarahi à Mahaena, a encore débordé mercredi soir inondant plusieurs habitations. C’est un falcata, abandonné sur la berge, qui est venu obstruer le grand pont de la Mahateaho à Hitia’a, provoquant des inondations. Le maire de Hitia’a o te Ra, Dauphin Domingo réclame le curage des rivières par la force ou avec l’aide de la justice, même si des associations s’y opposent.

Le bulletin météo était alarmiste mercredi soir, il annonçait de fortes pluies et des orages. Sur la côte est, l’averse s’est réellement intensifiée en deuxième partie de journée sans jamais plus s’arrêter. Aussi, on a encore évité le pire, car c’est en pleine nuit que des familles ont dû fuir leurs maisons inondées.

C’est le cas de Tehaamoana. Il y avait une douzaine de personnes chez lui, dont des enfants, quand il a fallu abandonner le fare. Le père de famille habite à moins d’un kilomètre de la route de ceinture dans la vallée Tefaarahi, à Mahaena (au PK 32).
À ce niveau-là, la rivière Tevaifaaara forme un coude. L’eau vient frapper la falaise sur la rive gauche et n’a pas de mal à envahir les terres quand le niveau monte. L’enrochement n’est pas assez haut et il y a une brèche pour laisser passer un engin. L’eau s’est rapidement répandue. Tehaamoana a mis à l’abri les enfants chez une nièce : “Tant pis pour les affaires. On avait déjà de l’eau jusqu’à la ceinture. Il était 2 h 30.”
Lundi dernier, dans l’après-midi, l’eau avait déjà envahi sa maison, jusqu’à hauteur des genoux. La cause, on la connaît, c’est visiblement un voisin qui ne veut pas qu’on enroche chez lui, alors qu’il est lui aussi inondé. Plus bas, une riveraine ne cache pas sa colère. Pour elle, il faut obliger le propriétaire à accepter cet enrochement et surélever l’enrochement existant d’au moins deux rangées supplémentaires de rochers.

 

Curer par la force ou la justice

 

Plus haut, un autre couple a eu très peur. Le fare est situé au niveau du ‘Ofai ma’o (le caillou du requin). Le gigantesque rocher, planté au milieu du lit de la rivière, fait comme un aileron de requin ; on dit qu’il calme le cours d’eau. Sauf que mercredi soir, il a piégé tous les arbres arrachés à la berge et charriés dans la rivière. Le débit a attaqué la berge et l’eau a envahi les parcelles. Raiatua avait eu la bonne idée de dormir à l’étage ce soir-là. Dans la nuit, il a entendu craquer les arbres qui se fracassaient contre le rocher. L’eau est entrée dans la maison, déplaçant les meubles. Dans le jardin, des bois, une citerne et une voiture ont été déplacés. Le jeune homme n’en menait pas large : “La maison bougeait”.
Revenus sur place en plein jour, le maire Dauphin Domingo et le maire délégué de Mahaena Victor Tchoung ont pu constater les dégâts. Tous deux réclament le curage de la rivière, n’en déplaisent aux associations qui bloquent les travaux.
Pour le tavana, qui a sollicité le ministre, “il faut faire ces chantiers de force ou aller au tribunal”. Cinq à six familles ont encore été inondées dans la Tefaarahi et il y avait des inquiétudes dans la vallée voisine de Tefaaiti. Le maire Domingo ne peut plus laisser faire ça.

 

Pont bouché

 

À Hitia’a, juste après la mairie, au PK 37,5, la situation était également catastrophique. Une vingtaine de maisons ont été inondées en raison d’un bouchon qui s’est formé au grand pont de la Mahateaho. Un énorme falcata s’est immobilisé contre le pilier central, stoppant tous les autres troncs charriés par la rivière. Très vite, le niveau de l’eau est monté, inondant les habitations à proximité des berges. L’inondation a également gagné le quartier Peretai.
Quatre familles ont été accueillies avec des enfants en bas âge dans une chapelle. Le magasin Jeannine et la boulangerie ont été durement touchés. Hier matin, on tentait de sauver quelques marchandises.

Sur le pont, le service de l’équipement a eu fort à faire pour libérer l’écoulement sous le parapet. Les hommes de la subdivision territoriale de Tahiti étaient en action depuis toute la nuit. À la lumière du jour, tout le monde a pu constater que le falcata avait déjà été découpé.
Lors des dernières intempéries de janvier, l’arbre serait tombé en amont sur un chemin. Les branches ont été débitées et l’énorme tronc abandonné sur la berge. Cette négligence aurait pu coûter la vie à des habitants du quartier mercredi soir. 

J.-L.M.

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