Tribunal correctionnel – Le chauffard récidiviste reconduit à Nuutania

    mardi 2 février 2016

    Un cas d’école : présenté en comparution immédiate, hier, Jeff, électricien de 39 ans, marié et père de deux fillettes, répondait d’un accident automobile qu’il avait provoqué, le 29 janvier au soir, à Paea.
    Il circulait tous feux éteints sur la RT1 lorsqu’il a violemment percuté la voiture d’une famille, qui sortait du parking d’une roulotte, et dont le conducteur ne l’avait pas vu.
    Le choc est si violent que la voiture des victimes se retrouve sur la voie opposée. Le conducteur et sa femme auront respectivement deux et quatre jours d’interruption temporaire de travail (ITT) ; elle porte encore une minerve.
    Non seulement Jeff était sous l’emprise de l’alcool (0,95 mg/L d’air expiré) après avoir bu cinq obus de 50 cl, mais son permis de conduire avait été annulé en septembre 2012 sans qu’il prenne la peine de le repasser et son véhicule n’était pas assuré.
    Il se défend maladroitement, dit avoir présumé que ses feux de croisement étaient allumés puisque “mon tableau de bord était éclairé”, et affirme qu’il “ne comprend pas comment (l’autre conducteur) n’a pas pu me voir.”
    L’avocat commis d’office reprend faiblement : “Ça peut arriver à tout le monde de ne pas allumer ses feux quand la route est bien éclairée…” Des arguments balayés par l’accusation, qui rappelle que depuis 2009, Jeff a écopé de quatre condamnations pour alcoolisation au volant, dont la dernière, en 2013, prévoyait quatre mois de prison qu’il n’a pas encore effectués. “Vous êtes un alcoolique invétéré qui ne respecte aucune des décisions de justice”, lance le président du tribunal.
    La procureure, qui rappelle que Jeff encourt cinq ans d’emprisonnement, renchérit : “Il n’aurait pas dû être sur la route à ce moment. Il faut qu’il comprenne qu’il aurait pu tuer ces gens-là.”
    Le tribunal suivra ses réquisitions : 12 mois de prison, dont huit avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve, d’une obligation de soins et d’indemnisation des victimes, avec mandat de dépôt, 50 000 F d’amende pour défaut d’assurance et 30 000 F d’amende pour défaut d’éclairage.
    Jeff, qui, à la barre, n’a pas réellement admis avoir un problème avec l’alcool ni exprimé de regrets envers ses victimes, se borne à dire qu’il est prêt à signer la croix bleue – “Vous avez mis le temps, quand même”, lui rétorque le président du tribunal –  et a souligné qu’il a un emploi qu’il ne veut pas perdre.
    Le tribunal l’a avisé qu’il avait le profil pour demander un aménagement de peine. Il a également fait droit à la constitution des victimes en partie civile, qui reviendront au palais de justice le 20 avril pour une demande de dommages et intérêts.

    C.P.

    LEPETANT 2016-02-03 07:24:00
    Je ne m'inquiète pas du tout pour ce "pauvre type". Il bénéficiera bientôt d'une libération conditionnelle qui lui permettra de nouveau de conduire en état d'ivresse.
    Papi 2016-02-02 13:59:00
    Chaque semaine amène son lot de faits divers avec ces délinquants de la route qui, en plus de faire un bras d'honneur à la justice, se fichent complètement des autres usagers que nous sommes et même des piétons, enfants, cyclistes et autres qui, en empruntant la route, deviennent potentiellement des victimes. Ces connards jouent à la roulette russe avec nos vies!!!!!

    Vivement l'application de l'aggravation des sanctions que le ministère des transports a promis pour ce début d'année.

    Déjà condamné quatre fois pour alcoolisation au volant, ce pauvre type mérite d'aller en prison et que son véhicule fasse l'objet d'une saisie définitive.
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