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Tribunal : Mercedes Dubaquier finit par avouer l’ampleur de son trafic d’ice

mercredi 21 mars 2018

DubaquierDepuis son arrestation et jusqu’au début du procès, hier mardi, devant le tribunal correctionnel, Mercedes Dubaquier avait toujours minimisé son rôle dans un trafic qui lui aurait permis d’injecter, selon la justice, 235 millions de francs en liquide dans ses diverses sociétés. Mise en cause pour l’importation, le trafic d’ice et le blanchiment d’argent, elle a été interpellée en possession d’ice au moment où elle s’apprêtait à faire une transaction avec l’un de ses grossistes revendeurs.

Hier, sous le feu des questions, elle a persisté à dire qu’elle n’était pas à l’initiative de ce trafic et qu’elle n’était qu’une intermédiaire. L’ex-gérante d’entreprises explique ainsi qu’un Monsieur M. est son fournisseur local d’ice, niant avoir importé de la drogue depuis les États-Unis. Selon elle, son mystérieux fournisseur lui vendait le gramme de méthamphétamine à 40 000 F qu’elle revendait ensuite de 100 000 à 120 000 F. Un trafic initié, selon elle, au début de la création de ses entreprises sur l’idée d’une personne déjà condamnée pour trafic de stupéfiants et qui exerça le rôle de directeur commercial dans son entreprise.

« J’avais juste des coups de fil à passer, c’était facile », explique-t-elle sans convaincre le juge qui lui demande pourquoi on se serait adressé à elle pour assurer ce rôle. « Ils avaient besoin de blanchir l’argent et j’avais des sociétés. »  Selon elle, elle doit encore 90 millions de francs à ce mystérieux Monsieur M..

Le président du tribunal s’agace. “Nous ne sommes pas dans un système de blanchiment performant qui justifie qu’on vous donne 100 millions. J’ai une autre explication, c’est que vous êtes l’instigatrice de ce réseau. »

La femme admet avoir dégagé 100 millions avec le trafic d’ice, puis finit par craquer et reconnaît finalement  215 millions, une somme proche des calculs faits par le juge d’instruction. La jeune femme soutient les versions de son conjoint, également impliqué dans le trafic, et de sa fille dans le volet blanchiment.

“J’ai toujours tout caché pour ne pas impliquer ma famille. C’était pour renflouer les comptes et ensuite cela a été une course effrénée pour renflouer. » Ne pouvant retenir ses larmes, elle semble enfin répondre sans frein aux questions du président du tribunal qui lui demande ce qu’elle pense de l’ice.

“Après un an de détention, je comprends mais je ne comprenais pas à ce moment-là, je n’en consommais pas.” Elle refuse en revanche de céder sur l’importation d’ice, expliquant que ses voyages mensuels à Los Angeles étaient à but professionnel. Par crainte pour ses proches, elle refuse à nouveau de donner le nom de son mystérieux fournisseur.

Ainsi s’est achevée la première journée d’audience qui se poursuit aujourd’hui avec le volet blanchiment.

Juste avant l’audition, Patrice Dubaquier avait adopté la même attitude que sa femme, niant être au courant de la majeure partie du trafic, ne reconnaissant n’avoir fait qu’une livraison pour sa femme et vendu deux fois 5 grammes d’ice. L’homme explique avoir longtemps ignoré ce trafic et ne s’en être rendu compte que fin 2016 alors que des tensions gagnaient son couple. L’homme n’a jamais posé de questions à sa femme malgré ses suspicions car, dit-il, « je ne suis pas un homme de conflit. Quand je lui demandais, elle me répondait que cela ne me regardait pas. »

Patrice Dubaquier a pourtant fini par céder et se mêler au trafic “juste par amour pour ma femme, lui montrer que j’étais quelqu’un, que je pouvais faire quelque chose ». Pour autant,il nie toutes les accusations entendues depuis le début de la journée par l’ensemble des seconds rôles dans l’affaire, acheteurs en gros ou revendeurs le plaçant souvent comme leur fournisseur.

L’un d’entre eux notamment explique avoir remis 50 millions de francs au couple grâce au produit de sa vente et qu’il avait obtenu un million de récompense de Patrice Dubaquier pour avoir garder le silence lors d’une précédente affaire.

Les auditions de ces seconds rôles au-delà d’être toutes plus au moins cohérentes entre elles et mettant en cause le couple démontrent également l’importance de la consommation et des sommes dépensées au fenua pour cette drogue. Un vendeur explique ainsi avoir acheté pour un million de produit chaque jour au bénéfice de cinq ou six gros clients. Un autre explique s’être rendu parfois jusqu’à trois fois par jour auprès de son fournisseur pour se réapprovisionner.

La personne devant recevoir de l’ice au moment où Mercedes Dubaquier a été arrêtée, le plus disert durant l’instruction, a expliqué avoir reçu entre 650 grammes et 900 grammes de la cheffe d’entreprise qui proposait trois types de formules de plus en plus avantageuses, du dépôt-vente au produit payé à l’avance. Pour le paiement, l’homme explique que Mercedes Dubaquier arrivait en voiture, ouvrait sa fenêtre et son sac à main où l’homme jetait les liasses de billets. Le procès se poursuit ce mercredi.

Compte-rendu d’audience par F.C.

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