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Tribunal : Une plongeuse expérimentée avait trouvé la mort, fracassée contre le récif

mercredi 6 décembre 2017

tribunal justice

L’instruction aura duré sept ans. Patrick G., militaire polytechnicien et plongeur émérite, a-t-il cédé à la panique et causé la mort de Sylvie G. ? (© Caroline Perdrix)

Le tribunal correctionnel examinait hier les circonstances d’un accident survenu le 12 août 2010 aux abords de la passe de Tiputa, à Rangiroa, qui a coûté la vie à une plongeuse de 46 ans, Sylvie G., titulaire du niveau 3.

Au Raie Manta Club, le directeur Yves Lefèvre donne son accord pour que Sylvie, son compagnon Éric, lui-même moniteur certifié, et Patrick G., titulaire du brevet d’État 1 et moniteur fédéral, effectuent une plongée en autonomie.

Patrick G. est en séjour privé sur l’atoll, dont il connaît bien les spots de plongée. Il n’est pas employé par le club mais, étant le plus “gradé” des trois plongeurs, fait office de guide de palanquée.

Ils sont rapidement surpris par le courant sortant et le mascaret qui s’est formé, créant un dangereux tourbillon sous-marin descendant.

Éric est séparé des deux autres plongeurs, qui font surface pour le repérer sans y parvenir dans la mer formée.

Après être redescendus pour effectuer leur palier de décompression, ils attendent en vain le bateau et Patrick G. décide de regagner la terre pour alerter sur la disparition d’Éric.

Les énormes vagues déferlent sur le récif et il donne le choix à Sylvie de l’attendre ou de le suivre. Quelques secondes plus tard, elle a disparu.

Plongeur militaire de formation, en bonne condition physique, Patrick G. atteint le récif, va au club chercher les secours (il y trouve Éric, récupéré par le bateau), puis revient sur le récif où il trouve le corps sans vie de Sylvie, délesté de son équipement.

Le médecin légiste dira plus tard qu’elle a dû tenter d’aborder la côte en surface, se faire assommer par une vague et se noyer.

 

Il admet avoir sous-estimé les conditions difficiles

 

Patrick G. comparaissait pour homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence. Yves Lefèvre a déjà bénéficié d’un non-lieu, ce que la partie civile dit “regretter amèrement”.

Si Patrick G. n’a pas enfreint de loi ou de règlement, les débats ont tourné autour de sa responsabilité, puisqu’il admet devant le tribunal avoir sous-estimé les conditions difficiles, et que la règle en plongée est de rester groupés quel que soit le “choix” des plongeurs, comme l’a souligné le rapport d’expert.

Patrick G. maintient que pour lui, le premier risque était de se faire entraîner par le fond et que son choix était le bon. Pour la partie civile, l’homme aurait tout simplement paniqué.

La défense a plaidé la relaxe, tandis que le procureur a réclamé une amende de deux millions de francs et cinq ans d’interdiction d’exercer une activité en relation avec la plongée sous-marine. L’affaire a été mise en délibéré au 13 décembre.

 

C.P.

 

 

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