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Le tripot de Punaauia rapportait 8 millions mensuels à son gérant

mercredi 11 octobre 2017

justice tribunal

Se croyant dans son bon droit, le gérant de la maison de jeux avait même appelé les gendarmes après avoir été victime d’un vol. (© archives LDT)

À la barre du tribunal, neuf prévenus, de toutes origines et tous âges. Tous ont, en revanche, en commun une passion immodérée pour les jeux d’argent.

Cela a d’ailleurs valu à la plupart des ennuis avec la justice, pas plus tard que cette année, pour avoir participé à la tenue de maisons de jeu à Papeete, Pirae et Punaauia, entre 2007 et 2012.

Les neuf prévenus comparaissent cette fois pour des faits remontant à l’année 2015 et au début de l’année 2016.

Mais cette fois, à commencer par le patron à l’origine de cette maison de jeu du PK13, à Punaauia, tout semblait être fait dans les règles pour ne pas avoir de problèmes avec la justice.

La maison de jeu était montée sous forme d’association à but non lucratif. En cas de victoire, les joueurs de poker, de roulette ou de kikiriri se voyaient attribuer des bons d’achat pour faire des achats à la “boutique du bonheur”, tenue par le même patron de la maison de jeu.

Ce dernier devait d’ailleurs se croire en tout point respectueux des règles puisque c’est lui-même qui a appelé la gendarmerie sur les lieux après avoir été victime d’un vol d’argent liquide.

En garde à vue, l’homme, par ailleurs déjà condamné pour le meurtre de sa femme, a reconnu que les tables n’étaient pas ouvertes aux seuls membres de l’association, et que c’est bien avec des espèces sonnantes et trébuchantes que les vainqueurs repartaient.

Il a ainsi reconnu effectuer un bénéfice de 2 millions de francs par semaine, soit 8 millions par mois et donc près de 96 millions par an.

Pour attirer la vingtaine ou trentaine de clients qui viennent jouer l’après-midi ou en soirée, la maison de jeu est parfaitement organisée.

Un agent de sécurité posté à l’entrée, des cuisiniers qui fournissent le repas gratuitement aux joueurs,  des croupiers qui sont payés 5 000 à 10 000 F en fonction des résultats, et des banquiers qui louent la table 25 000 F pour empocher les bénéfices, composent l’équipe de cette affaire florissante.

À cela s’ajoute, le couple propriétaire de la maison, qui a assuré ne pas être au courant des activités qui se déroulaient dans leur maison. La justice les a d’ailleurs relaxés.

Les avocats de la défense, eux, sont indignés de l’hypocrisie de cette affaire alors qu’il est désormais possible de jouer et parier en ligne sans aucune difficulté.

Au final, le gestionnaire de la maison de jeux a été condamné à deux ans de prison, 15 millions d’amende et l’interdiction de présider une association pendant 5 ans. Il a d’ores et déjà fait part de son intention de faire appel.

La plupart des banquiers écopent d’un an de prison avec sursis et 5 millions d’amende.

 

F.C.

 

 

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