Trois ans de prison ferme requis contre l’ex-ministre Jérôme Cahuzac

    jeudi 15 septembre 2016

    cahuzac

    (Photo Mathieu Delmestre : Solfé Communications)


    Procès pour fraude fiscale

     

    Le parquet a requis hier trois ans de prison ferme à l’encontre de l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale et blanchiment, estimant que c’était le juste prix de la “trahison” pour avoir sacrifié “tous les principes” à l’appât du gain.

     

    La procureur Eliane Houlette a aussi demandé une peine d’inéligibilité de cinq ans contre l’ex-étoile montante socialiste, ancien maire et ancien député, qui a “trahi tous ses serments”. Sur sa chaise, ce dernier n’a pas bougé, comme figé, les yeux baissés. La chef du parquet national financier, créé à la suite de ce scandale, a aussi requis deux ans de prison ferme à l’encontre de Patricia Cahuzac, qui a “surpassé” son mari “dans la dissimulation”.

    Le seul élément qui distingue vos situations, c’est que lui était ministre”, a-t-elle asséné. Le ministre déchu, à l’origine du plus retentissant scandale du quinquennat, est jugé depuis le 5 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour ses comptes cachés à l’étranger, au côté de son ex-épouse et de leurs anciens conseillers, le banquier François Reyl et l’homme d’affaires Philippe Houman.

    À l’encontre du banquier suisse et de l’intermédiaire, accusés d’avoir “organisé l’opacité” des avoirs, passés de Suisse à Singapour via des sociétés offshore, le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende. Contre la banque Reyl, qui a “mis sa technicité au service” de la fraude, il a demandé 1,875 million d’amende et une interdiction d’exercer toute activité bancaire en France pendant cinq ans.

    Les avocats du banquier Reyl ont dénoncé des réquisitions “sévères et disproportionnées”, contestant la compétence du tribunal pour des faits déroulés en Suisse. Ce procès a mis à nu les secrets bancaires d’un couple dans la tourmente, “conscient de l’illégalité” de montages sophistiqués.

    Les Cahuzac ont reconnu une fraude “familiale”, une plongée dans l’opacité offshore comme une fuite en avant, mais nié avoir construit “un système organisé”. Au contraire, le procureur Jean-Marc Toublanc a dénoncé “l’organisation d’une vie familiale enracinée dans la fraude pendant vingt ans” : “À aucun moment il n’y a eu une prise de conscience”.

    Pas même quand M. Cahuzac, devenu président de la commission des finances de l’Assemblée nationale”, “se fait remettre” en 2011 “20 800 euros en espèces sur le trottoir parisien”. Les avocats des Cahuzac plaideront jeudi.

     

    AFP

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete