Trois ans de prison pour le fuyard soupçonné de radicalisation

    vendredi 16 septembre 2016

    radicalisation

    “Allahu Akbar”, a crié M.A. avant d’entrer en salle d’audience. (Photo : Florent Collet)

     

    Après s’être évadé de Nuutania, il avait cambriolé une station-service

     

    Les semaines se suivent et se ressemblent au tribunal de Papeete, où une nouvelle fois, les gendarmes avaient revêtu gilet pare-balles pour l’audience en comparution immédiate de M.A.

     

    Ce dernier ne fait pas partie des trois fichés S de Nuutania, mais il fait l’objet d’une enquête pour une éventuelle radicalisation pour avoir indiqué vouloir s’engager pour Daesh à sa sortie de prison. Des coupures de journaux évoquant l’attentat du Bataclan, à Paris, ont également été retrouvées sur lui. Hier, avant l’audience, il a crié “Allahu Akbar” aux journalistes qui le prenaient en photo, avant de pousser un “Vive Daesh” au moment de s’asseoir dans la salle, passablement nerveux, soufflant et mettant des coups de pied dans les bancs.

    Ce n’est que des conneries, ce que j’ai dit”, a-t-il reconnu à ce sujet. “Parler de Daesh, c’est un cri du désespoir pour dire occupez-vous de moi”, a, pour sa part, expliqué son avocate durant l’audience. Mais c’est pour son évasion, puis le vol commis dans une station-service de Faa’a que M.A. a été jugé hier. Le 17 août, il a été autorisé à participer aux chantiers extérieurs et travaille dans le fa’a’apu. Il est énervé car il croit à sa sortie ce jour-là comme un gardien le lui aurait indiqué. Insatisfait, il trompe la vigilance du gardien et fuit vers la montagne.

     

    “Cette loi, c’est un peu de la merde”

     

    Dix jours plus tard, il pénètre par effraction dans la station d’Aue et s’empare notamment de cigarettes en laissant ses empreintes digitales. Un cambriolage dont le préjudice est estimé à 500 000 F. Le 6 septembre, il est interpellé et mené à la brigade de gendarmerie, mais parvient une nouvelle fois à s’échapper. Cette fois-ci, il perd son téléphone portable, ce qui permettra de connaître ses contacts et de le retrouver.

    Ils n’avaient pas le droit de faire ça. Je n’aime pas que l’on me pose des questions, après je m’énerve”, a-t-il expliqué durant l’enquête au sujet de cette deuxième évasion. “Les institutions ont été clémentes avec vous en vous autorisant à faire un chantier extérieur”, a rappelé le procureur. “Mais M.A. ne veut pas comprendre et ne veut pas accepter d’entrer dans le droit chemin.

    À 24 ans, M.A. a en effet déjà fait plus de cinq ans de prison suite à dix condamnations. “Il y a de quoi être pressé de sortir”, a expliqué l’avocate du prévenu, rappelant son parcours chaotique, abandonné par sa famille et allant de familles en foyer d’accueil.  
    Appelé à s’exprimer avant le délibéré, M.A. a commenté les trois ans de prison requis contre lui par le procureur.

    C’est trop. Je suis juste un petit voleur. Un président, il vole des millions et il ne va pas à Nuutania. Cette loi, c’est un peu de la merde.” Au final les juges l’ont condamné à un an de prison pour l’évasion et deux ans pour le cambriolage.

     

    F.C.

     

        Retrouvez dans notre édition du Vendredi 16 septembre 2016 :       

    • En bref : Cinq ans et demi de prison ferme pour le papy pédophile

     

     

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