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Trois ans de sursis pour l’agression sexuelle de son beau-fils

mercredi 20 juin 2018

tribunal justice

(© Désiré Teivao)

C’est après plus de 100 séances auprès d’un psychologue que S. H. trouve, en 2012, la force et le courage de porter plainte contre J. A., son beau-père, pour des faits d’agression sexuelle perpétrés entre janvier et mai 1995. À l’époque, J. A. est en couple depuis six ans avec L. H., la mère de la victime.

Pour des raisons professionnelles et personnelles, le couple, qui vivait dans l’Hexagone, prend la décision de venir s’installer en Polynésie française, en 1995. Pour faciliter l’installation de la famille à Tahiti, S. H., 9 ans à l’époque, et J. A. s’envolent d’abord tous les deux vers le fenua, et s’installent chez le frère de J. A. sur la côte ouest.

“Je le considérais et je l’aimais comme mon papa”, a expliqué S. H. à la barre, hier. Les premières semaines à Tahiti se passent ainsi dans la quiétude entre beau-fils et beau-père. Il aura suffi d’une seule soirée et de 15 minutes pour que le rêve vire au cauchemar pour S. H.

Ne pouvant pas accéder à sa chambre fermée à clé, J. A. propose ainsi à son beau-fils de venir passer la nuit dans son lit. “Je lui ai dit ‘Je t’aime’ , puis les choses ont très vite dérapé. Je ne sais toujours pas comment l’expliquer”, a lâché à demi-mot le prévenu.

À partir de ce moment, les versions données par J. A. et S. H. diffèrent. Ce dernier a affirmé, au cours de l’instruction, étalée sur ces six dernières années, que le prévenu lui aurait pratiqué une fellation avant de le sodomiser. Des faits contestés par J. A., qui ne reconnait que l’avoir “caressé” et masturbé. “Ça me hante tous les jours depuis 23 ans. J’en ai pris conscience et je veux que ça se termine”, a regretté le prévenu à la barre.

Des regrets balayés par Me Dubois, avocat de S. H., et par la procureure, qui ont tous les deux pointés du doigt l’attitude irresponsable du prévenu.

 

Le silence de la mère

 

“Si vous regrettez vraiment ce que vous avez fait à votre beau-fils, pourquoi n’avoir pas suivi de thérapie pour vous soigner et comprendre d’où vient cette pulsion ? Il n’en est rien et vous avez fait comme si de rien n’était.” D’autant que S. H. rapportera, au cours de l’enquête, d’autres agressions qui n’étaient pas l’objet de l’audience d’hier.

Les débats se sont portés ensuite sur L. H. la mère de la victime. Très vite, son fils lui fait comprendre à plusieurs reprises que son conjoint lui a fait subir des sévices sexuels.

“Je me rappelle qu’il m’avait dit une fois : on a couché ensemble avec papa”, a-t-elle indiqué, la gorge serrée. Mais cette dernière n’en fera rien, et s’enferme elle aussi dans le silence, “pour sauver les apparences et la symbiose familiale apparente”, a complété Me Dubois.

Pour la défense de J. A., Me Fromaigeat, son avocat, a évoqué le fait que son “client a reconnu tous ses torts et il n’a plus fait parler de lui pendant 20 ans”. Une explication peut convaincante pour la procureure, qui avait requis trois ans de prison, dont deux ans ferme.

Finalement, le tribunal condamnera J. A. à trois ans de prison avec sursis, une obligation de soins et l’interdiction d’exercer toute activité en rapport à avec des mineurs.

 

D. T.

 

 

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