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Trois ans ferme pour un coup de poing mortel

mardi 25 juin 2019

Herehei Tchoung a été condamné hier à cinq d’emprisonnement dont deux avec sursis pour un coup de poing sur son oncle, qui lui fut fatal, par une après-midi d’avril 2017. Photo : CC

Herehei T. a été condamné hier à cinq d’emprisonnement dont deux avec sursis pour un coup de poing sur son oncle, qui lui fut fatal, par une après-midi d’avril 2017. (© Christophe Cozette)


Accusé à tort mais coupable. Herehei T., 28 ans, comparaissait hier libre tout au long de la journée aux assises, pour “violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner”, en l’occurrence sur son oncle Alfred, en mars 2017. Pour de tels faits, il risquait 15 ans de réclusion.

Bras gauche tatoué, cheveux courts, chemise blanche et short foncé, fine moustache, l’accusé comparaissait libre à la barre. Après avoir désigné les six jurés –3 hommes, 3 femmes–, suivi d’une courte pause, la cour est vite entrée dans les débats autour de cette journée tragique du 22 avril 2017, qui s’est déroulée à Faaone, au domicile familial.

Le corps sans vie d’Alfred T., 51 ans aux moments des faits, était retrouvé sur la terrasse, à la fin de journée. La victime, rentrée saoule, avait tout d’abord accusé son fils d’avoir volé sa boîte de paka, s’en est pris ensuite à son neveu Herehei, que le fils d’Alfred (qui porte le même prénom que son père) l’ait dénoncé, a priori paniqué par la fureur de son père.

Très en colère, la victime voulait même mettre le feu à la maison avant d’insulter copieusement Herehei, pourtant calme et détendu en train de discuter avec sa femme, sa soeur et une amie, sur la terrasse. Excédé à son tour et en colère après ces accusations de vol, Herehei se lève et assène un violent coup de poing dans la mâchoire gauche de la victime, qui sous le choc, tombe lourdement au sol, pour ne plus jamais se lever.

“Je me suis énervé car mon bébé pleurait, c’était la première fois que je voyais mon tonton comme cela”, reconnait l’accusé, peu prolixe durant son jugement.

Le médecin légiste est formel, la cause de la mort est le traumatisme cérébral causé par le coup reçu à la mâchoire, et la chute a aggravé les lésions du coup de poing.

 

Un coup de poing fatal

 

Herehei n’a pas eu une enfance facile. Confié à ses grands-parents à l’âge de deux ans après la séparation de ses parents, il est élevé par une tante à l’éducation musclée, après la mort de la grand-mère. “Quand on était jeune, on a ramassé de la maternelle jusqu’au lycée” confirme la soeur de l’accusé, appelée à la barre en tant que témoin, n’oubliant pas d’accuser du vol de la boîte de stupéfiants son cousin, Alfred, fils de la victime. “Si on avait dit la vérité, tonton serait toujours vivant”, lâche-t-elle entre deux sanglots.

L’expert psychiatre confirme cette enfance difficile entre coups de barre de fer, alcool et violences. Des violences qu’avaient d’ailleurs commises Herehei sur son cousin Alfred, 4 ans jour pour jour, avant cette journée tragique. Mais pour l’expert, “c’est un passage à l’acte accidentel, l’accusé est indemne de pathologie mentale, le risque de récidive est négligeable” a assuré le médecin à la barre hier, à la reprise des débats, en début d’après-midi. “Il peut évoluer et sortir de cette mécanique familiale, je suis optimiste”, a conclu ce dernier, avant de laisser la  parole aux parties civiles, qui représentent Alfred, le fils d’Alfred.

“Il sait que la situation de l’accusé évolue normalement, je vous laisse imaginer son désarroi”, a lancé l’avocate aux jurés.

Pour l’avocat général, “c’est encore une affaire dramatique, une situation qui se répète trop souvent mais le respect de la vie humaine est un pilier de notre société”.

Pour ce dernier, “l’accusé ne voulait pas la mort de son oncle”. Il a donc requis une peine mixte soit 5 ans d’emprisonnement dont deux avec sursis. Pour la défense, “depuis tout petit, on n’a pas donné l’éducation nécessaire pour s’exprimer”, à Herehei, pour qui “le poids de la culpabilité l’a changé”.

Preuve en est, Herehei ne fume plus de cannabis depuis deux ans maintenant. “Pour ses faits tristement simples”, le conseil de l’accusé à demander au tribunal et aux jurés, “une peine juste”.

Après plus de deux heures de délibération, le verdict est tombé peu après 18 heures hier soir. La cour et le jury ont reconnu coupable Herehei des faits qui lui étaient reprochés et ont suivi les réquisitions de l’avocat général, en condamnant Herehei T. à cinq ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, qui a donc passé la nuit dernière derrière les barreaux.

 

Compte-rendu d’audience, Christophe Cozette

 

 

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