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Trois ans ferme pour le papy pédophile

vendredi 13 octobre 2017

papy pédophile

“Si je ne l’avais pas rencontrée, je ne serais pas là”, s’est défendu M.B. en parlant de sa victime et rabatteuse. (© Florent Collet)


Hier était jugé en correctionnelle un homme de 74 ans accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec des jeunes filles mineures, parfois âgées de moins 13 ans. Une collégienne jouant le rôle de “rabatteuse” dans son établissement scolaire va également être jugée prochainement par le tribunal pour enfants pour proxénétisme. La jeune fille, également victime du septuagénaire pédophile, attirait ses camarades chez l’homme en échange d’une rémunération de 2 000 F si celui-ci parvenait à obtenir des faveurs sexuelles.

“C’est une affaire sordide, aux confins du sordide”, résume le ministère public José Thorel, hier, lors de l’audience correctionnelle qui a eu à juger M.B., un homme de 74 ans accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec de jeunes filles mineures, parfois âgées de moins 13 ans, mais aussi accusé de corruption de mineurs, notamment pour s’être masturbé devant l’une de ses jeunes victimes, et d’agression sexuelle, pour avoir pratiqué des attouchements sur un jeune adolescent efféminé.

L’homme est également accusé d’avoir pris des photos à caractère pédophile et détenu plusieurs fichiers de ce type sur son ordinateur.

Tout démarre par le signalement d’un établissement scolaire qui s’interroge du “drôle de manège” d’un homme âgé, qui tourne souvent autour du collège-lycée en voiture, dans laquelle il a déjà fait monter une collégienne.

Cette dernière, considérée comme une “rabatteuse”, a un rôle crucial dans cette affaire où elle est aussi victime, en attendant d’être jugée prochainement par le tribunal pour enfants pour proxénétisme.

Au début de l’enquête, l’infirmière reconnaît le comportement de “débauchée et dévergondée” de la jeune fille, qui est souvent venue chercher des préservatifs.

Au fur et à mesure de l’enquête, un faisceau de preuves va accabler M.B. Deux jeunes camarades de la rabatteuse admettent ainsi avoir eu des rapports sexuels avec M.B.

L’ex-compagne explique avoir été l’objet de “pratiques sexuelles dégradantes” en ayant des rapports pendant que M.B. regardait des films porno mettant en scène des mineurs.

Une jeune fille qui faisait le ménage chez M.B. avait vu sa rémunération baisser lorsqu’elle avait refusé ses avances.

 

Entre 2 000 et 5 000 F pour des rapports sexuels

 

Au domicile de M.B., entrepreneur dans le bâtiment à la retraite, les enquêteurs avaient dû faire appel à un expert pour débloquer des fichiers cryptés qui s’avéraient être des images pédophiles.

La rabatteuse reconnaissait avoir été d’abord engagée pour faire le ménage et s’était vue proposer plus pour avoir des rapports sexuels, une transaction agrémentée de bières et de tabac.

Sa cousine avait aussi accepté d’avoir des rapports sexuels pour être rémunérée entre 2 000 et 5 000 F.

La rabatteuse avait également accepté l’offre de M.B., qui consistait à ramener des camarades du collège pour les présenter à celui qu’elle appelait son “grand-père adoptif” et profiter de sa piscine, ce qui lui vaut son passage au tribunal pour proxénétisme.

Lorsque ces jeunes filles avaient des rapports sexuels, la rabatteuse recevait 2 000 F. Les camarades du collège expliqueront d’ailleurs que malgré leurs refus d’avoir des rapports, la rabatteuse les incitait parfois “à se laisser aller”.

Durant l’instruction, M.B. avait reconnu les faits, ou du moins les relations sexuelles, mais en refusant toute idée de prostitution. “C’est vrai que je leur ai donné de l’argent mais pas comme à des putes.”

À la barre, hier, M.B. insinue que tous les accusateurs sont des menteurs, pointant du doigt la rabatteuse. “Si je ne l’avais pas rencontrée, je ne serais pas là. Jamais je n’aurai touché à ça”, explique-t-il. “Vous êtes la victime en fait”, répond ironiquement le président du tribunal.

L’expertise psychiatrique révèle la dangerosité de M.B.

S’il ne souffre pas d’anomalie mentale, il a de “nettes et avérées tendances pédophiles”, qui se distinguent notamment dans sa “stratégie de recrutement”.

L’expert diagnostique également un “risque important de récidive”. À tout cela s’ajoute son attitude de dénégation. “Il nie les évidences”, explique le parquet, qui requiert cinq ans de prison, dont deux ans de sursis et trois ans de mise à l’épreuve, interdisant de s’occuper de mineur et obligeant à suivre des soins psychiatriques.

C’est le verdict auquel les juges l’ont finalement condamné. Un peu plus tôt, l’avocat de M.B. avait mis en avant l’époque d’Internet où la pornographie est accessible aux plus jeunes.

“Ce n’est pas pour la charger”, a-t-il plaidé en allusion à la rabatteuse, “mais mon client ne peut pas être le seul à être condamné”.

La rabatteuse, dont le passé permet de comprendre un peu mieux son rôle dans cette affaire, est “extrêmement abîmée dans son parcours de vie”, a résumé le président de tribunal.

La jeune fille a, depuis sa naissance, été baladée chez sa mère, son père, de foyer en foyer, et a été victime pendant plusieurs années, et dès son plus jeune âge, de viols de la part de son grand-père.

“Pour elle, son corps n’a plus de valeur”, a expliqué son avocat. Aux confins du sordide.

 

F.C.

 

 

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