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Trois personnes tuées dans un attentat suicide au Nigéria

mardi 17 janvier 2017

monde nigeria

Le groupe islamiste Boko Haram mène une offensive dans le nord du Nigeria depuis plusieurs semaines. (Photo : AFP/HO)

Au moins trois personnes ont été tuées et 15 blessées hier dans un attentat suicide sur le campus universitaire de Maiduguri, la grande ville du nord-est du Nigeria et berceau du mouvement islamiste Boko Haram.

L’attentat, qui aurait été perpétré par une jeune fille, s’est produit au moment de la première prière du jour dans une mosquée de l’université de Maiduguri, selon la police et des témoignages d’habitants.

Le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, qui a régulièrement utilisé des filles et des jeunes femmes comme bombes humai­nes, a revendiqué cet attentat. “Nous sommes ceux qui avons déclenché les explosions à l’Université de Maiduguri”, a déclaré le chef du groupe, Abubakar Shekau, dans un message audio. “Une femme peut se battre quand cela est nécessaire”.

Avant l’explosion à la mosquée, une adolescente d’environ 12 ans a d’abord été tuée par la police vers 5 heures (4 heures GMT) alors qu’elle essayait de pénétrer sur le campus, a expliqué le porte-parole de la police, Victor Isuku.

“L’engin explosif attaché à son corps a explosé, elle est morte instantanément”, a-t-il rapporté dans un communiqué.

“Peu après, une deuxième explosion a eu lieu dans une mosquée à l’intérieur de l’université. Quatre personnes, dont un professeur et le deuxième kamikaze, ont été tuées, et 15 personnes souffrent de blessures à des degrés divers”, précise le communiqué.

Un habitant du quartier a confirmé sous couvert d’anonymat avoir entendu les deux explosions vers 5 h 30.

“J’ai couru jusqu’à l’université, qui n’est pas loin de ma maison. Quand je suis entré dans la mosquée, c’était le chaos. Trois personnes gisaient mortes, dont une jeune fille, dont le corps était affreusement mutilé”, a-t-il dit.

Des examens prévus hier ont été reportés à une date ultérieure en raison de l’attaque, mais d’autres examens auront lieu mardi comme prévu, a annoncé Filibus Yamta Mshelia, du greffe de l’université.

“Nous demandons à tous les élèves de rester calmes et vigilants”, a-t-il déclaré dans une lettre adressée au personnel et aux étudiants.

 

Surveillance relâchée

 

Depuis le début en 2009 du conflit opposant le gouvernement nigérian à Boko Haram, ce campus universitaire a été visé par des roquettes, mais c’est la première fois qu’un assaillant réussit à s’introduire à l’intérieur pour y mener une attaque.

L’accès à l’université est strictement contrôlé, avec des barrages et des fouilles aux portes.

Mais le site, situé sur l’une des principales artères permettant d’entrer dans la ville, est vaste et comprend de nombreuses zones mal éclairées. Et d’après des étudiants, la sécurité s’était relâchée ces derniers mois, avec une diminution du nombre de soldats en faction à l’entrée.

Boko Haram signifie “l’éducation occidentale est un péché” en langue haoussa, la plus parlée dans le nord du Nigeria.

Les écoles publiques, ciblées à de nombreuses reprises par Boko Haram, étaient restées fermées pendant plus deux ans dans l’État du Borno (dont Maiduguri est la capitale), avant de rouvrir leurs portes fin 2016.

L’université de Maiduguri n’a en revanche jamais cessé ses activités. Étudiants chrétiens et musulmans vivent ensemble sur le campus, où ils suivent des cours qui vont des études islamiques et arabes à la médecine et au droit.

L’insurrection de Boko Haram a fait au moins 20 000 morts et plus de 2, 6 millions de déplacés depuis 2009. Les autorités nigérianes affirment que le conflit est entré dans sa phase finale.

En décembre, l’armée avait annoncé avoir chassé Boko Haram d’un de ses derniers bastions du nord-est, la forêt de Sambisa, dans l’État du Borno.

Mais les attaques visant à la fois les civils et les positions militaires n’ont jamais cessé. Le 8 janvier, au moins cinq soldats ont été tués dans l’attaque d’une base à Buni Yadi, dans l’État voisin de Yobe.

Le lendemain, plusieurs attaques-suicides faisaient trois morts à Maiduguri. 

 

AFP

 

 

 

 

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