Trois touristes tués, 7 blessés dans un accident de montagne sur le GR 20 en Corse

mercredi 10 juin 2015

Trois touristes sont morts, sept autres ont été blessés, dont un grièvement, et plusieurs autres pourraient avoir disparu mercredi sur le chemin de grande randonnée GR20 en Haute-Corse en raison du mauvais temps, selon le bilan provisoire de l’un des plus graves accidents de montagne dans l’île.
Un homme et une femme décédés étaient Français, de même que le blessé grave, un homme âgé de 30 ans, victime d’un traumatisme crânien et qui a été hospitalisé à Bastia dans le coma.
La nationalité du troisième mort n’a pas été précisée, pas plus que celle des six autres blessés de ce groupe d’une dizaine de touristes français et belges.
Le drame s’est noué peu après 15H00 à plus de 1.500 mètres d’altitude sur l’un des passages les plus difficiles et dangereux du GR20, qui traverse toute la Corse par les plus hauts sommets, selon les services de secours.
Le centre des secours de Bastia (CODIS 2B) a reçu à 15H07 un appel de détresse du groupe des randonneurs s’exprimant en français. Ils se trouvaient alors prés d’un cours d’eau en crue.
Ils ont été emportés par un glissement de terrain et des éboulements, conséquences de violents orages qui se sont abattus mercredi sur le massif du monte Cinto, point culminant de la Corse (2.706 mètres), au-dessus de la station de ski d’Asco.
Ce glissement de terrain s’est produit dans le cirque de I Cascittoni (les grosses caisses), appelé aussi « cirque de la solitude », un canyon très technique à flanc de montagnes culminant à plus de 2.000 mètres.
« Nous les avons croisés une demi-heure plus tôt. Il faisait encore beau mais le brouillard s’installait au-dessus du cirque et on les a prévenus du risque. Ils nous ont dit +on verra bien+. L’orage a ensuite subitement éclaté et a duré deux heures », a déclaré un randonneuse, Annick Esquinasse, à France3 Corse.
Pour Patrick Guerrini, hôtelier à Asco, « l’orage était accompagné de rafales de vent violent, de pluie et de grêle et provoquant, comme toujours dans ce cas, des coulées de boues et des chutes de pierres ».
De très importants moyens, coordonnés sur place par le sous-préfet de Corte, Dominique Schuffenecker, ont rapidement été déployés avec un poste de commandement à Asco.
Une cinquantaine de secouristes dont des gendarmes du peloton de haute-montagne (PGHM) et des pompiers, notamment des spécialistes en escalade et haute-montagne (GRIMP), ont été engagés dans les opérations de secours et de recherches.
Cinq hélicoptères (trois Écureuils de la Sécurité civile de Haute-Corse et de Corse-du-Sud, ainsi que des Alpes-maritimes et deux Pumas de l’Armée de l’air de la base 126 de Ventiseri-Solenzara, en Haute-Corse) et une vingtaine de véhicules terrestres ont été mis en œuvre.
Les secouristes ont ramené les corps des trois morts et les blessés dans la vallée et lancé des recherches pour retrouver d’éventuels disparus.
 

– Fréquents accidents –

                   
Les corps des défunts ont été transportés à Corte (Haute-Corse) pour reposer dans une chapelle ardente installée dans la caserne Chabrières de l’Unité d’intervention de la Sécurité civile (UISC).
Le préfet de Haute-Corse, Alain Thirion, et le président du conseil départemental, François Orlandi se sont rendus à la base arrière des secours à l’UISC de Corte, au centre de l’île, proche des massifs montagneux du Nord.
Les recherches notamment par les hélicoptères se sont poursuivies jusqu’à la tombée de la nuit et reprendront jeudi matin.
Une enquête est conduite par les militaires du PGHM de Corse pour expliquer les circonstances de l’accident.
Ce nouveau drame est l’un des plus graves ayant endeuillé la montagne corse, qui compte plus de 110 sommets à plus de 2000 mètres.
Chaque année, des touristes y perdent la vie, notamment en raison de la difficulté des parcours et des brusques changements météorologiques.
Les Cascittoni constituent un passage redouté par les montagnards. Il se franchit à l’aide d’échelles, de chaînes et de câbles fixés sur des parois parfois verticales durant la troisième étape (sur 15) du GR20 en partant du Nord, sur les hauteurs de la station balnéaire de Calvi.
Le franchissement de ce cirque nécessite une bonne connaissance de la montagne et de la météo, une excellente condition physique et un équipement de qualité.
Des milliers de randonneurs du monde entier, souvent inexpérimentés, parcourent chaque année le GR20 (200 km en deux semaines) réputé être l’un des plus difficiles du monde et théâtre de fréquents accidents.

AFP

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