Trump défend en justice son décret anti-immigration

    mardi 9 mai 2017

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    Le président Trump attend que la justice lui donne raison. (Photo : Mandel Ngan/AFP)

    Donald Trump a-t-il, oui ou non, volontairement visé les musulmans dans son décret migratoire retoqué par les juges ? Cette question cruciale a été âprement débattue hier devant une cour d’appel dans laquelle le président américain place ses espoirs de revanche.

    L’intention présumée est ici essentielle, la Constitution des États-Unis interdisant la discrimination religieuse. Pour les opposants au décret, l’animosité de Donald Trump vis-à-vis de l’islam ne fait aucun doute.

    À l’inverse, s’il est prouvé que le décret répond simplement à un problème de sécurité nationale lié à l’immigration d’individus potentiellement dangereux, aucune raison de ne pas le valider : les textes laissent au président une grande latitude d’action en la matière.

    C’est ce qu’a plaidé Jeffrey Wall, l’avocat du ministère américain de la Justice chargé de défendre la plus controversée des mesures présidentielles.

    L’audience solennelle s’est tenue devant la cour d’appel fédérale de Richmond, capitale de la Virginie, après que deux versions du fameux décret ont été bloquées par les tribunaux en février et mars. Deux suspensions dénoncées par Donald Trump comme symptomatiques d’une “justice politisée”.

    Étant donnée l’importance de l’affaire, la cour de Richmond a siégé directement en formation plénière, avec 13 de ses 15 hauts magistrats actifs, deux s’étant récusés.

    Ces juges ont examiné sous toutes ses coutures la deuxième mouture du décret, qui prévoit de fermer temporairement les frontières américaines aux réfugiés du monde entier et aux citoyens de six pays majoritairement musulmans : Iran, Libye, Syrie, Somalie, Soudan et Yémen.

     

     
    Vaste front d’opposants

     

    La juge Barbara Milano Keenan a mis au défi Jeffrey Wall d’établir un lien entre la nationalité des dizaines de millions de personnes concernées et leur dangerosité présumée.

    Le gouvernement doit convaincre que le décret est “vital” pour la sécurité nationale, un argument qui s’affaiblit au fil des jours se suivant sans attentat jihadiste aux États-Unis.

    Mais ce texte a fédéré un vaste front d’opposition, en première ligne duquel on trouve des États démocrates, notamment sur la côte ouest du pays où le président est particulièrement impopulaire.

    Parmi les détracteurs du décret figurent aussi des organisations de défense des réfugiés, des militants des libertés, des universités et des groupes économiques actifs dans les nouvelles technologies, qui emploient beaucoup d’étrangers.

    Fin janvier, la première version de ce décret avait provoqué une onde de choc dans le monde et un chaos dans les aéroports américains. Son application avait été suspendue le 3 février par un juge fédéral de Seattle, dans l’État de Washington.

    La seconde version du décret a elle été bloquée par un juge de Hawaï et un juge de l’État du Maryland, dans l’est du pays. Le jugement de Hawaii sera examiné en appel dans une semaine à Seattle, par un collège de trois juges fédéraux. 

    AFP

     

     

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