Trump nomme des “durs” à l’Environnement et au Travail

    vendredi 9 décembre 2016

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    Le républicain Scott Pruitt à la Trump Tower à New York, le 28 novembre. (Photo : Eduardo Munoz Alvarez / AFP)

     

     

    Donald Trump a confirmé hier l’orientation résolument conservatrice de sa future administration en choisissant un défenseur des énergies fossiles pour diriger l’Agence américaine de protection de l’environnement et le patron d’une chaîne de restauration rapide opposé à la hausse du salaire minimum comme ministre du Travail.

    Le futur président des États-Unis qui s’est rendu hier à Colombus, dans l’Ohio, et était attendu en soirée dans l’Iowa pour une troisième réunion publique de sa tournée de « remerciements », a choisi Andrew Puzder, 66 ans, comme ministre du Travail et Scott Pruitt, un républicain de 48 ans, pour diriger l’Agence de protection de l’environnement (EPA).

     

    “Contre les travailleurs”

     

    Patron millionnaire de la chaîne de fast-food CKE Restaurants, Andrew Puzder estime qu’une hausse du salaire minimum génère des pertes d’emplois chez les moins qualifiés et soutient l’abrogation de la réforme de l’assurance-santé Obamacare. « Puzder a démontré qu’il ne soutient pas les travailleurs », a réagi la présidente de l’Union internationale des employés de services (SEIU), Mary Kay Henry.

    Du côté de l’environnement, Scott Pruitt a passé l’essentiel de sa carrière comme ministre de la Justice de l’Oklahoma à se battre contre l’agence à la tête de laquelle il a été nommé. Désireux de casser les réglementations sur les émissions polluantes, il a mené une bataille judiciaire contre la réglementation de l’EPA visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques au charbon, en étroite liaison avec le secteur.

    Scott Pruitt s’est engagé à « défaire les régulations fédérales et tout ce que l’administration Obama a accompli sur le front du changement climatique », a déploré hier Michael Burger, directeur du Sabin Center sur le climat à l’université Columbia.

    « Si Trump essaye de revenir sur la lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement, nous le combattrons dans les tribunaux, dans la rue et au Congrès », a promis Michael Brune, qui dirige l’ONG Sierra Club, forte de 2,4 millions de membres.

    Pour le sénateur démocrate Bernie Sanders, Scott Pruitt non seulement « dit ne pas croire au changement climatique » mais veut aussi « rendre ce pays plus dépendant » des énergies fossiles.

     

    Rencontre avec DiCaprio

     

    Sur le sujet du climat comme sur d’autres, Donald Trump adresse des signaux contrastés. Il a fait campagne contre les efforts internationaux pour lutter contre le réchauffement climatique, contestant la réalité du phénomène. Puis une fois élu, il a semblé modérer sa position et affirmé qu’il gardait « un esprit ouvert » sur le sujet.

    Il a ainsi longuement reçu lundi à New York l’ancien vice-président Al Gore, célèbre apôtre de la lutte contre le réchauffement. Et mercredi, c’était au tour de l’acteur Leonardo DiCaprio, autre ardent défenseur de l’environnement, de rencontrer Donald Trump et sa fille Ivanka pour tenter de les convaincre qu’investir dans les infrastructures « vertes » pourrait créer des millions d’emplois aux États-Unis. Ils pourraient se revoir en janvier prochain à la demande du président élu, selon la Fondation Leonardo DiCaprio.

     

    AFP

     

     

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