Tubuai – Tiurai : art de la table, avaro puaa et rame traditionnelle

mercredi 22 juillet 2015

Le Heiva se poursuit à Tubuai. Jeudi, sur la place de la mairie, le comité des fêtes organisait des épreuves de confection de table, de corde traditionnelle utilisée pour attacher solidement et durablement un cochon, et confection de rame traditionnelle. Pour l’épreuve des arts de la table, trois équipes étaient en compétition. Objectif de l’épreuve : dresser à l’aide de végétaux, d’objets artisanaux, et de fleurs locales, une table typiquement polynésienne. Ounoumana Teinauri œuvre dans l’artisanat depuis plus de vingt ans et participait au concours : “C’est une table, comme la dressaient nos tupuna. Les tables étaient couvertes de feuilles de bananier. Comme couverts, on retrouve le bénitier qu’on utilisait comme assiette, mais aussi du bambou. Les verres étaient confectionnés en noix de coco (Apu haari). L’alimentation était variée et saine : taro, miti haari, taioro, patate douce…c’est ce qui composait le ma’a tahiti.”

Un seul concurrent pour la rame

Jessica Teinauri et Eloïse Florès sont les deux gagnantes de l’épreuve d’art de la table. Très fières de leur performance, elles ont remporté le premier prix, qui est de 8 000 Fcfp. Sur leur table traditionnelle, on retrouvait chemin de table, cuillères en bois et dessous de plat en fibre de coco, nappe en feuille de bananier, le tout joliment disposé. Une autre épreuve était proposée cette année, celle de la confection de rame traditionnelle. Un seul candidat s’est présenté :  André Teinauri. Si dans cette épreuve, les outils utilisés sont modernes, la méthode et le choix du bois restent le fruit d’un savoir-faire ancestral. C’est pour le plaisir qu’André a tenu à participer au concours afin que cet art puisse être transmis : “Pour chercher du bois il faut aller dans la brousse. Purau, miro, tau, toute sorte de bois peut être utilisée pour confectionner une rame. Cela ne prend pas beaucoup de temps : une à deux heures selon l’objectif recherché.” Un modèle d’époque a été présenté afin d’être reproduit pour cette épreuve. “Aujourd’hui, on fait une rame en plusieurs pièces, poursuit André, celle-ci est réalisée en une seule pièce. Les jeunes aujourd’hui utiliseront une méthode plus rapide, c’est normal puisque les outils le permettent.” Venait ensuite une épreuve originale et véritable exemple de la culture et du savoir-faire traditionnel : la confection d’une corde végétale utilisée autrefois pour attacher un cochon. Elle avait intérêt à être solide surtout lorsque la bête grandissait et devenait énorme (120 à 300 kg) Trois candidats se sont présentés à l’épreuve de avaro pua. L’un d’entre eux “Papa taro” nous explique qu’il sait tresser cette corde depuis son plus jeune âge. Papa Taro a 84 ans. Il aimerait que cette discipline de tressage soit plus connue parmi les jeunes : “Je me suis présenté à la demande du comité. Cela me permet aussi de faire connaître ce savoir-faire. Il faudrait que les gens soient plus nombreux pour assister et apprendre, car il y a beaucoup de gens qui élèvent des cochons.” Papa Taro détaille les avantages de son ouvrage : “Cette corde végétale est très solide et peut être réglée afin de ne pas blesser l’animal lorsqu’il grandit. Résistant par tous les temps, ensoleillés ou pluvieux, elle peut durer plusieurs années sans se déchirer. Les cordes, de nos jours, durent seulement quelques années pour les plus robustes. Les autres, sous l’effet des rayons du soleil,se détériorent plus vite.” Le lendemain, le vendredi, c’était au tour des amateurs de pétanque de se mesurer. Il y avait bien plus de monde que la veille, en attendant la soirée de samedi avec le concours d’orchestre.

De notre correspondant TTT

 

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