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Tuhei Adams et Pua-Tai Hikutini, les acteurs du film Gauguin, se confient

lundi 16 octobre 2017

Tuhei Adams, actrice principale de Gauguin, voyage de Tahiti : “Le fait d’avoir tourné avec Vincent Cassel m’a ouvert énormément de portes”

tuhei adams

(© Denis Pinson)

Comment vous est venue l’idée de participer au casting du film Gauguin, voyage de Tahiti ?

L’idée n’est pas venue de moi, c’est Stéphanie McKenna, en charge du casting qui m’a repérée dans la rue. J’ai alors passé des auditions successives, puis on m’a demandé d’apprendre les dialogues de certains passages du film. Enfin, on m’a demandé de faire des essais face à la caméra et j’ai finalement été retenue.

 

 

Votre famille vous a-t-elle soutenue au démarrage de cette aventure ?

Ma famille n’y croyait pas car elle ne connaît pas grand monde, ne fait pas de politique et n’a pas d’argent. Donc pour elle, je n’avais aucune chance !

Quand j’ai été choisie, ça a été une immense joie pour elle et une grande fierté dans le quartier.

 

Jouer aux côtés de Vincent Cassel a-t-il été une expérience difficile ?

Non, pas du tout, ça a été un vrai plaisir pour moi et j’espère aussi pour lui ! Je ne me suis pas mis la pression, car avant de le rencontrer et jouer avec lui, je n’avais vu aucun de ses films et je ne savais pas qu’il était si connu…

Pendant le tournage, il m’a énormément aidée, me faisant profiter de son expérience en tant qu’acteur. Il me conseillait sans jamais me donner d’ordres et me demandait toujours mon point de vue.

En dehors des plateaux, j’ai connu un homme simple, gentil, toujours prêt à rire et à plaisanter avec tout le monde. Il n’a jamais mis de barrières avec moi et m’a toujours fait me sentir à l’aise.

 

Quelles ont été les scènes les plus difficiles à jouer, pour vous ?

En premier lieu, je dirai les scènes de nu car ce n’est pas évident d’être ainsi déshabillée devant une dizaine de personnes même si le réalisateur Édouard Deluc a utilisé plein de techniques pour préserver mon intimité et me respecter.

En deuxième lieu, je dirai la dernière scène, celle de l’adieu car il fallait que je pleure. Mais finalement, j’ai pensé à la fin du tournage, à cette belle aventure qui allait se terminer. Ça m’a rendu vraiment triste et ça m’a aidée à jouer la scène.

 

Comment vous êtes-vous préparée pour le tournage ?

Je n’ai pas eu de préparation particulière avant le tournage. Je suis juste partie une semaine en France avant le tournage pour rencontrer la production et Vincent Cassel et pour essayer les costumes.

Sur le tournage, Vincent Cassel m’a beaucoup aidée à me sentir bien dans mon rôle, la production française et locale aussi : tout le monde était très sympa avec moi.

Pour les scènes où je parle en tahitien, Roti Make, une personnalité de la Presqu’île qui travaillait sur le film était là pour me guider et m’aider. Elle était aussi très présente pour moi durant tout le tournage et m’a beaucoup aidée. Je veux encore une fois la remercier pour sa gentillesse.

 

Pouvez-vous nous parler du personnage de Tehura ?

Tehura symbolise à elle seule les nombreuses “muses” qui ont inspiré Gauguin. C’est une fille simple, naïve avec une certaine force de caractère et une volonté de vivre ou plutôt de survivre.

 

Vous sentez-vous proche de ce personnage ou au contraire très éloignée ?

Mon point commun avec elle ? Son caractère entier pour ne pas dire son sale caractère parfois..!

 

Pouvez-vous nous parler de vous ?

J’ai 19 ans. J’ai tourné le film à 18 ans et non pas 17 ans, comme je l’ai lu partout ! C’était d’ailleurs une des exigeantes de Vincent Cassel, qui ne voulait pas tourner avec une mineure.

C’est le casting que j’ai passé dans l’année de mes 17 ans. Je vis à Hitimahana dans un quartier dit social, je n’ai pas honte de le dire car je suis fière de l’endroit où j’ai grandi.

J’ai arrêté mes études. Dans la vie, je travaille mon anglais, je prends des cours de danse, de chorégraphie. Je fais des photos et j’ai la chance d’avoir de bonnes personnes qui m’aident.

 

Vous destinez-vous à un avenir cinématographique ?

Pourquoi pas, j’aime ce milieu et ce métier. J’ai des projets, mais par superstition je ne veux pas encore en parler. Ce qui est sûr, c’est que le fait d’avoir tourné avec Vincent Cassel m’a ouvert énormément de portes.

J’ai eu des propositions sérieuses dans le cinéma et dans la mode dont plusieurs aux États-Unis où Vincent est très suivi. On verra bien.

 

Que retenez-vous de cette expérience ?

Que du positif et je remercie le ciel que Stéphanie McKenna ait croisé ma route.

 

Avez-vous déjà participé à des tournages ou fait du théâtre ?

Jamais ! Mon seul théâtre… la vie !!!

 

 

Pua-Tai Hikutini, acteur dans le rôle de Iotefa, jeune assistant de l’artiste peintre : “Si on me repropose un rôle pour un projet, je ne dirais pas non”

pua tai

(© Denis Pinson)

Comment vous est venue l’idée de participer au casting du film Gauguin, voyage de Tahiti ?

En fait, je n’ai pas choisi de participer au casting. J’ai été repéré, avec quatre de mes amis, il y a deux ans par Stéphanie McKenna et Julie Navarro, alors que j’étais en pleine répétition de danse pour le Heiva i Tahiti.

Elles nous ont demandé notre numéro de téléphone puis nous ont recontactés deux semaines après pour faire des essais. Je n’y croyais pas, je n’avais pas envie de me déplacer pour cela, car je pensais que c’était une perte de temps. Mais Stéphanie (Mc Kenna, NDLR) a insisté pour que je vienne, ce que j’ai finalement fait. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans l’aventure Gauguin.

 

Jouer aux côtés de Vincent Cassel a-t-il été une expérience difficile?

La vérité, c’est que comme la plupart des jeunes Polynésiens, je ne connaissais pas Vincent Cassel. Je n’avais aucune idée de qui il était. D’ailleurs lors de notre première rencontre à Paris, j’ai pensé en le voyant qu’il travaillait à la régie ou comme technicien. Je n’ai compris que c’était Vincent Cassel que lorsqu’il s’est présenté à moi.

Donc, je ne me suis pas mis la pression. Sur le tournage, j’ai vraiment passé de chouettes moments avec lui. Il est vraiment professionnel et pour chaque scène que nous avons jouée ensemble, il m’a beaucoup guidé, conseillé. Je garde un très bon souvenir de lui.

 

Quelles ont été les scènes les plus difficiles à jouer ?

Une scène qui a été coupée au montage (rires). C’est une scène de bagarre avec Gauguin, lorsqu’il apprend que Tuhei est tombée amoureuse de moi. C’est une scène de jalousie en fait. Le réalisateur voulait que j’aie sur le visage, un air particulier, une énergie particulière… Il fallait qu’on sente vraiment ma colère montée… J’ai dû recommencer cette scène des dizaines de fois… mais finalement elle n’apparaît pas dans le film.

 

Comment vous êtes-vous préparé pour le tournage ?

Du moment où j’ai été choisi pour interpréter le personnage de Iotefa, j’ai lu beaucoup de livres racontant cette époque-là de la vie de Gauguin.

Le personnage de Iotefa n’y apparaissait pas, mais j’ai essayé de m’imaginer comment il pouvait être. Avant le démarrage du tournage, je suis parti à Paris pour rencontrer l’équipe de production et faire des derniers essais. À cette occasion, j’ai eu une préparation sur l’émotion, l’expression… Vincent (Cassel, NDLR) m’a également beaucoup coaché sur le film.

 

Pouvez-vous me parler du personnage de Iotefa ?

Il accompagne Gauguin, car il souhaite apprendre la peinture pour en faire son métier. Mais ce n’est une passion comme pour l’artiste. Il voit la peinture comme une façon de gagner sa vie.

C’est un personnage débrouillard, sensible, qui se soucie des autres et n’hésite pas à venir en aide à Gauguin, lorsque celui-ci en a besoin.

 

Pouvez-vous nous parler de vous ?

J’ai 21 ans et je vis à Hitia’a. Pour le moment, je donne des cours de danse à la salle Tamariki Poerani, pour des jeunes de 16 à 17 ans. Grâce à la danse, je voyage beaucoup, un peu partout dans le monde : en France, au Canada, à Hawaii.

Ça me plaît, mais je ne veux pas en faire mon métier. C’est un passe-temps.

J’ai un BTS d’électrotechnique et je compte travailler plutôt dans ce domaine, au fenua.
Je ne me destine pas à une carrière cinématographique, mais si on me repropose un rôle pour un projet, je ne dirais pas non, car l’expérience m’a plu. Mais je ne pousserai pas les portes à la recherche d’un projet.

 

Que pensez-vous de la polémique autour du film ?

Je n’y ai pas fait attention. Ce sont les anciens surtout. J’ai l’impression qu’ils s’insurgent autour du personnage de Paul Gauguin à cause des rapports qu’il entretenait avec les filles mineures. Les jeunes de ma génération ne connaissent pas bien l’histoire de cet homme, donc ils ne rentrent pas dans cette polémique. Au-delà de l’histoire, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a à la clé un beau film, qui a été tourné ici en Polynésie et qui nous a donné notre chance à Tuhei et moi, mais aussi à de nombreux autres comédiens et techniciens locaux. Les Tahitiens peuvent être fiers de cela.

 

 

Filmin’Tahiti, un acteur important dans la filière audiovisuelle du fenua

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Le réalisateur Édouard Deluc, Vincent Cassel et l’équipe métropolitaine retiennent l’accueil qui leur a été réservé à la Presqu’île. Si le réalisateur a souhaité revenir à Tahiti pour le lancement du film au fenua, c’est aussi une façon pour lui de remercier la population. (© Denis Pinson)

Filmin’Tahiti est une jeune société de production audiovisuelle spécialisée dans l’accueil de tournage, qui a vu le jour en novembre 2015. Elle est constituée de cinq personnes issues du milieu du cinéma et de la télévision : un frère et une sœur, Tareparepa Teinauri et Manu de Schoenburg, deux pointures dans le domaine de la production et de la régie, ainsi que les trois fondateurs de la société de production Archipel production, qui officie déjà depuis plus de dix ans sur le territoire : Denis Pinson, Laurent Jacquemin et Catherine Marconnet.

Leur objectif : développer l’accueil de tournages étrangers au fenua pour faire la promotion du pays, mais aussi pour renforcer la filière audiovisuelle, dont l’impact économique n’est aujourd’hui pas négligeable.

Pour inciter les équipes étrangères à venir sur le territoire, Filmin’Tahiti a investi considérablement dans du matériel lourd et spécifique au cinéma.

“Dès que tu mets des projecteurs ou des pieds dans un avion, ça coûte cher. Si les équipes peuvent trouver tout le matériel dont elles ont besoin sur place, ça leur permet de venir plus légères et de faire des économies”, explique Filmin’Tahiti.

Quant aux techniciens, ils sont de plus en plus nombreux au fenua, mais aussi de plus en plus professionnels. De la maquilleuse à l’accessoiriste en passant par l’ingénieur du son ou le cadreur, toutes les compétences sont aujourd’hui présentes localement, permettant ainsi aux équipes extérieures de venir en nombre plus restreint, et là encore de faire des économies.

“Tous ces éléments participent au fait qu’on peut devenir une destination très attrayante pour les équipes de tournage étrangères. Si en plus, le Pays parvient à mettre en place des incitations fiscales, on pourrait devenir aussi compétitif que Hawaii, la Nouvelle-Zélande ou les îles Fidji”, affirme Filmin’ Tahiti.

La jeune société a déjà accueilli les blockbusters Point Break et Batman v Superman : l’aube de la justice. Plus récemment, elle a produit l’émission de téléréalité américaine Dating Naked, ainsi que des publicités de renom. Elle a également coproduit un documentaire sur les requins, qui passera prochainement en prime time sur Arte.

Jusqu’à maintenant, Filmin’Tahiti était amenée à travailler sur des portions de films. Avec Gauguin, voyage de Tahiti tourné à 90 % au fenua, elle a géré la quasi-totalité de la production exécutive du film.

La société devrait prochainement coproduire le long-métrage de Paul Manate. Un projet très intéressant car le réalisateur est tahitien et le scénario se déroule à Tahiti avec des personnages locaux. Dans l’Hexagone, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a déjà émis une avance sur recette pour soutenir la réalisation du film, chose qui arrive rarement (un projet sur trente soumis à l’aide du CNC en bénéficie). Si la société parvient à obtenir des aides financières locales, le tournage pourrait démarrer en mars prochain.

“Aujourd’hui, le casting est fait, les repérages sont déjà faits, les techniciens locaux sont déjà calés, tout est prêt. Il ne manque que quelques financements locaux, mais ça prend du temps, car ici, la filière n’est pas aussi structurée que dans l’Hexagone et il n’y a pas d’enveloppe budgétaire spécifiquement dédiée aux longs-métrages. Il y a bien le Scan (Soutien à la création audiovisuelle et numérique, NDLR), mais elle n’intègre pas les longs-métrages. Il faut donc demander des aides exceptionnelles et ça prend du temps”, explique Filmin’Tahiti.  

 

 À lire aussi : Tournage, retombées : tout savoir sur le film sur Gauguin

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