Un an de prison avec sursis pour avoir tabassé son fils raerae

vendredi 27 février 2015

Le père de famille interpellé mardi à Bora Bora pour s’en être violemment pris à son fils raerae (notre édition d’hier), un adolescent de 15 ans, est ressorti libre du palais de justice, hier après-midi. Libre, mais reconnu coupable et condamné à un an de prison avec sursis.
Ce quinquagénaire adventiste, qui n’avait jamais eu de problème avec la justice auparavant, a écrasé quelques larmes à l’audience, visiblement dépassé par la situation et son accès de violence.
Il a notamment expliqué qu’il ne savait plus comment gérer cet enfant qui, au-delà de son orientation sexuelle mal acceptée par cette pieuse famille, se faisait remarquer sur toute l’île en volant à tout va chez les voisins.
“C’est une petite île et son attitude de voleur compulsif crée un climat d’insécurité et de violence permanente dans cette famille”, a expliqué l’avocate du paternel, Me Merceron. “Les gens venaient régulièrement lui demander des comptes, et pas que gentiment. Il vivait quotidiennement en se demandant si quelqu’un n’allait pas finir par venir se venger sur le reste de la famille, mettre le feu à la maison. Ce n’est pas une excuse, mais c’est la situation.”
Si l’avocate de la partie civile, Me Revault, a reconnu que son client était un adolescent difficile, placé dès sa plus tendre enfance et qui venait de réintégrer le domicile de son père biologique après avoir été ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil, elle n’en a pas moins condamné le “déferlement de violence” qui s’est abattu sur le garçon de 15 ans.
“Ce jour-là, on a attaché le vilain petit canard avec des cordes, dehors sur une chaise et on lui a rasé les cheveux. La mère est allée chercher la corde, on l’a traîné par terre, ligoté avant de le tondre de force.”
Et l’avocate d’énumérer les yeux injectés de sang de la victime à force de recevoir des coups de son père, des traces de strangulation, les ecchymoses sur front et le visage.
“C’est d’une violence extrême, assez rare, et vraisemblablement pas que pour ses errances, mais pour son orientation sexuelle dans un contexte de pression sociale et religieuse très forte.”
Abandonné à la naissance, l’adolescent venait de réintégrer la cellule familiale et son père “a eu du mal à faire face à la situation et à ses problèmes psychologiques et de délinquance”, a également retenu le parquet, tout en soulignant le caractère “intolérable” des violences commises par “un père à bout”.
L’adolescent, lui, devrait être placé dans un nouveau foyer d’accueil à Tahiti dans les jours qui viennent sous l’égide des services de l’aide sociale à l’enfance.

RP

 

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