Un chaton retrouvé coupé en deux

    vendredi 10 juin 2016

    Sylvain Temorere aime les animaux, sans aucun doute. 49 ans, travailleur dans le bâtiment, il habite Papara au PK 38,2, a eu six chiens – tous décédés, qu’il soupçonne d’avoir été empoisonnés – mais aussi des chats. Et l’un d’entre eux a fait, bon gré mal gré, le buzz ces derniers temps sur Facebook, de façon un peu sordide, puisqu’il a littéralement été coupé en deux.

    White, âgé de deux mois seulement, a été retrouvé dans le jardin de Sylvain Temorere, un beau matin, gisant dans une mare de sang, il y a plusieurs semaines déjà.

    “Les boyaux et les nerfs bougeaient encore, cela semblait être tout frais”, raconte Sylvain Temorere, que nous avons rencontré hier. “Mon fils m’avait demandé de garder ses chats car il avait des chiens, il ne voulait pas qu’ils les mangent. Cela m’arrangeait en plus, c’est pratique pour les souris. On aime les animaux dans notre famille”, poursuit-il.
    Depuis, Sylvain Temorere a porté plainte à la gendarmerie de Papara. “Cela suffit, maintenant”, clame le plaignant. Une plainte qui ne devrait pas arranger les relations de voisinage. Les soupçons se portent sur un voisin, ex-kiné à la retraite, colérique, porté fortement sur l’alcool. “Il n’y a pas de dialogue avec ce voisin”, explique-t-il. “Cela fait dix ans que cela dure”, confirme sa femme, choquée aussi par ce chat coupé en deux. Mais là, avec White, la coupe est pleine pour le couple Temorere.

    Sylvain Temorere, suite à la mort de son chien – un bichon – avait emmené l’animal chez le vétérinaire. Malheureusement, pour que la plainte soit reçue, il faut une autopsie de l’animal, mais l’empoisonnement coûte cher à démontrer, il faut envoyer le chien en métropole.

    “Un matin, je suis descendu et j’ai entendu des pas”, explique Sylvain Temorere, revenant sur le matin de sa terrible découverte. Ce dernier loge “comme Robinson Crusoé” dans un arbre, mais remonte se coucher une petite heure. “Ce n’est que la seconde fois que j’ai vu mon chat coupé en deux, mais seule une moitié du chat était là, il manquait tout l’arrière”, se souvient, avec dégoût, Sylvain Temorere.

    “C’est une honte, c’est un chaton, c’est totalement inoffensif, sans défense”, reconnaît Sylvain Temorere, qui avoue avoir été très énervé à la vue de son demi-chat. “J’ai pris des photos, je les ai postées sur Facebook, j’ai emmené le chat chez le vétérinaire pour une autopsie et j’ai déposé plainte auprès de la gendarmerie”, explique Sylvain Temorere, qui a ensuite récupéré son chat pour l’enterrer dignement.

    “L’image du chat me hantait, il me fallait la partager sur Facebook”, se souvient-il. Le vétérinaire a bien conclu à une agression mortelle au coupe-coupe. Depuis, les internautes relaient, parfois avec une férocité digne du bourreau de White, les photos de ce pauvre chaton.

    Après avoir déposé plainte à la gendarmerie de sa commune, une autre plainte a été déposée directement auprès du procureur de la République, par le couple Temorere, qui a pris pour conseil Me Aurélie Raynaud, avocate bénévole de l’association locale de protection animale Fenua Animalia, qui s’est également portée partie civile dans cette affaire. Une plainte pour “sévices et actes de cruauté ayant entraîné la mort” qui vient rejoindre la bonne quarantaine d’affaires de cruauté animale que traite le tribunal chaque année. “Il faut punir ce gars-là”, lâche Sylvain Temorere. Et il y a de quoi, à la vue de White. 

    Christophe Cozette

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