Un contrat de ville plein de promesses

    mardi 21 juillet 2015

    Les contrats de ville succèdent, depuis cette année, aux contrats urbains de cohésion sociale (Cucs), et constituent le cadre d’action d’une politique de la ville profondément rénovée (lire La Dépêche de Tahiti du 1er juillet, “Les actions pour les quartiers défavorisés vont se poursuivre”). 
    La réforme de la politique de la ville fait reposer le cadre stratégique du contrat de ville sur trois piliers thématiques, à savoir l’emploi et le développement économique, le cadre de vie et le renouvellement urbain et la cohésion sociale des quartiers par une participation active des habitants. Le comité de programmation avait validé 51 projets sur 56 projets concernant l’agglomération de Papeete (neuf communes, de Mahina à Papara avec Moorea) déposés en avril, mais doit se réunir à nouveau fin septembre pour valider d’autres projets et lance pour cela un “appel à initiatives”. 
    Cet appel à initiatives, lancé il y a peu, s’appuie sur un séminaire organisé par le syndicat mixte en charge de la gestion du contrat de ville le 11 juin. Il a vocation à soutenir des projets innovants de développement social urbain, en faveur des habitants des quartiers prioritaires de l’agglomération de Papeete. Il est ouvert aux communes, aux associations et aux établissements publics ; les entreprises privées peuvent répondre également en se rapprochant des communes ou du syndicat mixte, selon les critères retenus (lire ci-dessous). “Ce qui n’empêche pas de présenter un projet qui ne correspond pas à ces critères, il pourra être étudié et choisi”, a précisé Heimana Ah-Min. “Nous les accompagnerons un peu plus finement, car cela correspondra à des axes de travail nouveaux.” 
    Les projets retenus sont variés. “Dans les projets habituels, on a les centres de vacances, portés par les associations de quartier, des programmes éducatifs d’accompagnement à la scolarité, des programmes de prévention aussi, où on allie sport et messages de prévention”, a précisé le jeune directeur. 

    Un taux de financement jusqu’à 60 % du projet

    Depuis deux ans, beaucoup de projets concernent la mise en place de jardins partagés ou communautaires. “Avec les difficultés budgétaires des familles, ces projets sont très souvent sollicités. Cela permet de nourrir les familles et de créer de la cohésion et peut déboucher sur une petite activité économique”, a complété Heimana Ah-Min. De nombreuses formations aussi sont des projets intéressants pour le contrat de ville. 
    En tout et pour tout, depuis son existence, soit une dizaine d’années, c’est près de 97 associations qui ont été appuyées par l’ex-Cucs (aujourd’hui, contrat de ville). Chaque année, ce sont environ 330 millions de francs qui sont attribués (280 octroyés par l’État, une cinquantaine par le Pays). Lors de la commission du prochain comité de programmation, fin septembre, c’est une enveloppe de 70 millions de francs qui va être attribuée à ces projets, si possible innovants. “On ne sait pas encore comment cela va être réparti, c’est pour cela que nous lançons cet appel à l’initiative”, a précisé la présidente du syndicat mixte, Tenuhiarii Faua. 
    Côté aides financières, aucun plafond n’est fixé. “On raisonne en taux de financement, il peut aller jusqu’à 60 % du projet s’il crée ou maintient de l’emploi, sinon, il est de 50 %”, précise le directeur. Il est préférable de passer par un agent communal de sa commune, chargé de la politique de la ville, pour l’accompagnement du montage de dossier. “Il est important pour nous que la commune soit associée au montage”, a-t-il précisé, rappelant que la “commune peut aussi participer au montage financier, voire à l’aide logistique.” 
    Comme toute procédure à remplir, un formulaire de cinq à six pages est à remplir pour postuler, mais dans le cadre de cet appel à initiatives, la mise en place d’une procédure simplifiée est à noter. Il suffit juste de déposer son idée, son projet sur une simple fiche de synthèse avant le 7 août. Entre le 14 août et le 1er septembre, le syndicat mixte s’engage à accompagner le porteur de projet, pour remplir le dossier de candidature. Dans un futur proche, un guide du contrat de ville devrait voir le jour pour donner quelques exemples d’actions à mener. L’objectif premier du syndicat mixte est de pouvoir former le personnel associatif pour travailler sur le long terme. “On nous prend souvent pour un établissement financier, nous sommes plus dans l’accompagnement”, temporise Heimana Ah-Min. Un contrat, clair et net, en quelque sorte. 

    Christophe Cozette

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