Un coup de poing le mène aux assises

    mercredi 14 septembre 2016

    assisses

    Le coup décroché par Michel a été fatal. (Photo : Bertrand Prévost)


    Mort suite à une dispute sur un parc à poissons à Taha’a

     

    C’est la mort pour une connerie, pour une colère, pour un geste qui a conduit Michel au tribunal des assises.

     

    Pour un coup de poing, pour un geste d’agacement, le quinquagénaire, qui a déjà fait un an derrière les barreaux de Nuutania en détention préventive, s’est retrouvé, hier, face aux jurés, la tête basse, n’étant plus que l’ombre de celui qu’il était en 2013. Ce soir-là, en rentrant de son faa’apu à Taha’a, il décide d’aller saluer des amis, Gaston et Tereva. Les deux compères, déjà bien imbibés par la bière et le vin, l’invitent à se joindre à eux.

    Pour Michel, c’est l’occasion de discuter entre amis, mais sans l’alcool, auquel il ne touche plus depuis près de dix ans après en avoir bien abusé pendant sa jeunesse. Au cours de la conversation, Gaston et Tereva informent Michel qu’ils vont installer un parc à poissons sur le motu sur lequel, depuis de très longues années, Michel a déjà installé le sien.

    Le ton monte entre Gaston et Michel. Pour Gaston, Michel exploite le sien de façon illégale, sans concession, alors que lui a déjà fait une demande d’occupation maritime. Il le menace même de le déposséder de son parc à poissons. Pour cet homme solitaire, qui fuit ses congénères autant que les problèmes, c’est la goutte d’eau.

    Selon plusieurs témoignages, il empoigne Gaston et le fait tomber de sa chaise. Puis tente de le maintenir assis alors que ce dernier se moque de lui. Le coup de poing part… crochet du droit à la base du menton. Gaston s’effondre. Il faudra dix minutes pour que les personnes sur place se rendent compte que ce n’est pas un simple KO. On tente de le réveiller, lui jette de l’eau glacée sur la tête, mais rien n’y fait. Les pompiers arrivent, mais il est déjà trop tard. Comparaissant libre hier, l’accusé a exprimé ses remords, sans se dédouaner de sa responsabilité dans l’histoire.

    On était des copains, c’était notre première dispute”, a-t-il expliqué à la barre. Le crochet du droit avait provoqué
    une hémorragie cérébrale.

    En trois ans, Michel a fait une année de prison en préventive, déclaré un diabète sévère et s’est fait poser un stent sur une artère proche du coeur. Hier, les faits ont été évoqués et les témoignages ont été entendus. L’expert, mandaté par le tribunal, parlait d’un “accident de la vie”. “Il n’y a pas de risque de récidive”, estimait-il hier. “C’est exceptionnel dans les circonstances.

    Ce matin, l’avocat général donnera ses réquisitions et la parole sera donnée aux avocats de la partie civile et de la défense. Michel encourt jusqu’à 15 ans de réclusion.

     

    Bertrand Prévost

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