Un festival du tātau sous le signe du feu

    mercredi 16 mars 2016

    L’association Polynesia Tatau organise, du 31 mars au 3 avril dans les jardins du Musée de Tahiti et des îles, la 5e édition du festival culturel Polynesia Tatau. Un événement qui mêlera cette année de la danse, des concerts, des cérémonies traditionnelles, des conférences, des rencontres entre tatoueurs et bien entendu des prestations de tatouage.  L’association a pour objectif d’inscrire ce festival dans le calendrier des conventions internationales et faire de notre destination une référence en matière de tatouage.

    “Cette année, on est enflammé !”, lançait mardi Aroma Salmon, de l’association de tatoueurs Polynesia Tatau, lors de la présentation du prochain festival culturel Polynesia Tatau, qui se tiendra du 31 mars au 3 avril dans les jardins du Musée de Tahiti et des îles. “Le thème retenu cette année est Te Ahi – Le feu, ce qui est cohérent avec notre emblème en triangle, qui représente le principe actif masculin, et la marche sur le feu qui sera organisée lors de la cérémonie d’ouverture du festival.”
    Pour cette 5e édition, qui rassemblera 45 tatoueurs locaux et 15 tatoueurs internationaux, l’association ne veut plus parler de “convention”, “trop sérieux”, mais bien de “festival”, “plus festif”. Il y a donc au programme, des prestations de tatouage bien entendu, mais aussi des concerts, des prestations de danse, des concours journaliers, des conférences, des tables rondes, des cérémonies traditionnelles, ou encore des rencontres entre tatoueurs.
    C’est ainsi que le premier jour de l’événement, le jeudi 31 mars, sera une journée interprofessionnelle, ouverte au public, mais sans aucune prestation de tatouage, “pour la simple raison que les tatoueurs ont envie de profiter de ces moments de partage”, poursuit Aroma Salmon. “Moi-même en tant que tatoueur, j’ai envie de pouvoir participer aux tables rondes et échanger avec les tatoueurs étrangers, comme les Japonais par exemple. Même si je ne parle pas japonais, j’ai envie de découvrir, j’ai envie de partager, d’échanger avec le Japonais qui vient avec sa méthode traditionnelle, et ça ne peut pas se faire pendant le travail du week-end.”

    Que la Polynésie soit la référence

    Cette journée d’ouverture sera également ponctuée par une table ronde mise en place par le Centre des métiers d’art, avec les tatoueurs, pour débattre de la place du tatouage polynésien au XXIe siècle et ses influences extérieures ; et pourquoi vouloir une certification reconnue par l’État (lire ci-contre). “Suite à cette table ronde, l’idée est de fixer les propos de chacun sur leur vision, sur leur manière de concevoir le tatouage polynésien avec ses multiples influences, dans un catalogue pour 2016 et ensuite le faire sortir en 2017, explique Viri Taimana, le directeur du Centre des métiers d’art. Et continuellement, fixer des pensées, fixer des moments de réflexion pour que nous puissions retracer par la suite, dans les années à venir, la logique
    de l’évolution du tatouage en Polynésie.”
    Car à terme, outre l’ouverture d’une filière tatouage et graphisme au CMA, l’association a un rêve, un objectif bien plus grand. “Nous voulons que le mot ‘tattoo’, qui est à l’origine tahitien puisqu’il vient du mot ‘tatau’, soit reconnu mondialement, confie Aroma Salmon. Nous voulons que la Polynésie soit reconnue pour être la base, la source, la référence.”
    Un projet qui va de paire avec un autre objectif : inscrire le Festival Polynesia Tatau dans le circuit des conventions internationales de tatouage. Pour cela, les organisateurs se sont assurés d’une couverture médiatique internationale avec la venue de photographes et journalistes de grands magazines du tatouage européens et américains. “Ils parleront de notre festival et ce sera également une belle promotion pour le fenua.” D’une aiguille, deux piqûres !

    V.H.

     

    Un jumelage avec le Calgary Tattoo & Arts Festival du Canada

    Les concours du festival culturel Polynesia Tatau, qui récompensent chaque jour les plus beaux tatouages dans différentes catégories (black kahi, polynésien sans ombrage, polynésien custom et international), prennent une autre dimension car les tatoueurs les plus primés partiront au Calgary Tattoo & Arts Festival, au Canada.
    Une convention internationale qui réunit chaque année plus de 350 tatoueurs et à laquelle une petite délégation de l’association Polynesia Tatau a pu participer du 16 au 18 octobre dernier. Tana Tokoragi, Manureva Poutu et Teata Vauche se sont adonnés à leur art sur cette convention internationale, sur l’invitation d’un autre tatoueur polynésien installé là-bas, Tautu Ellis. “Il nous a invités parce qu’il est le seul Polynésien à faire du tatouage polynésien sur le sol canadien depuis que Roonui est revenu s’installer ici”, expliquait Teata Vauche il y a quelques mois. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les Tahitiens ont su y briller, notamment en rapportant deux dans leurs valises.
    “Manureva a gagné le 1er prix tribal geometric pour un tatouage fait sur la convention même, et j’ai gagné le 1er prix tatouage géométrique en présentant mes propres tatouages qui ont été faits en dehors de la convention, poursuivait Teata. Ce sont des prix internationaux, donc ce n’est pas négligeable. On a été de bons ambassadeurs de la Polynésie !”
    Depuis, l’association Polynesia Tatau a noué des liens avec l’organisateur du Calgary Tattoo & Arts Festival, qui est aussi tatoueur et qui sera présent au fenua à la fin du mois. “Nous avons créé comme un jumelage avec ce festival, confie Raphaël Ketterer, de l’association Polynesia Tatau. Donc les lauréats pourront partir là-bas. Ça sera l’occasion pour eux de voir ce qui se fait ailleurs, de prendre des contacts et même de travailler dans le shop de l’organisateur qui est partant pour recevoir des tatoueurs polynésiens pour deux voire trois semaines.”

    Vers un diplôme de tatoueur reconnu par l’État

    “On a beau former nos élèves à la gravure et à la sculpture, une partie d’entre eux finit dans le tatouage”, lançait hier Viri Taimana, directeur du Centre des métiers d’art, au sujet de l’un des objectifs de l’association Polynesia Tatau : ouvrir une filière tatouage et graphisme au CMA. “La demande a été faite en 2006 et nous sommes dans la réalisation de ce projet, explique le directeur du centre. Vu que le centre revendique la reconnaissance par l’État de son diplôme de sculpture et gravure, nous avons profité de cette occasion pour solliciter aussi la reconnaissance du tatouage, du tressage, du tapa et de la vannerie polynésienne. Au niveau du tatouage, il s’agirait d’un certificat d’aptitude professionnel ; et pour la sculpture et la gravure, c’est un brevet des métiers d’art, équivalent au baccalauréat.” Une affaire à suivre de près.

    brainless 2016-03-18 00:07:00
    la dépêche quand allez vous parler du cas de méningite virale de l'école de Haapiti (Moorea) survenu cette semaine ???
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