Un festival pour protéger la rivière de la Taharu’u

    mercredi 10 juin 2015

    Inquiets des importants travaux en cours dans la rivière de la Taharu’u à Papara, des associations, les riverains et des sportifs organisent samedi un festival destiné à sensibiliser la population sur le sujet. Au programme de cette journée: compétitions en tous genres et activités ludiques en présence d’athlètes de haut niveau comme Michel Bourrez. Les organisateurs veulent protéger les lieux, un spot qu’ils craignent de voir disparaitre d’ici peu.
    En réponse aux imposants travaux de sécurisation des berges de la rivière de la Taharu’u à Papara, et aux extractions d’agrégats, associations, riverains et surfeurs se mobilisent en organisant, à l’embouchure samedi, le « 1er festival ‘Ia Ora Taharu’u ». Une manifestation qui se veut « positive » selon les organisateurs et au cours de laquelle compétitions en tous genres et activités seront proposés aux participants. « Il s’agit de sensibiliser la population à la situation, à mettre en valeur le site et, éventuellement, à récolter des fonds », explique Maire Grandin, coorganisatrice de l’événement et membre de l’association ‘Ia Ora Taharu’u qui milite pour la protection de la vallée. Car si les riverains disent ne pas s’opposer aux aménagements de sécurisation de la rivière, ils contestent en revanche la réalisation de bassins dégraveurs mais aussi les extractions qui souillent l’eau et chamboulent l’environnement. « C’est l’ensemble de l’équilibre entre la rivière et la plage qui est bouleversé. La plage risque de disparaitre. On voudrait des garanties pour que la qualité du site soit préservée. Dans les années 60. Il y avait des extractions dans la vallée et la plage avait disparu. Elle est revenue mais cela a pris 30 ans», martèle le surfeur Manoa Drollet, remonté contre le gouvernement : « on a l’impression qu’il essaye d’informer le moins de gens possible car il sait que les habitants regardent ces travaux d’un œil suspect ».
     
    « Carrière déguisée »
     
    « Les habitants de la Taharu’u sont davantage traumatisés par des décennies d’extractions que par les crues de la rivière. Il y a toujours un dépassement des quantités autorisées. Et là, on est sur une autre échelle », renchérit Claudine Tuarau, la présidente de ‘Ia Ora Taharu’u. Sur le papier, 350 000 m3 pourraient en effet être extraits du site en quatre ans. « C’est une carrière déguisée qui est mise en place derrière ce projet », croit encore savoir Manoa Drollet. Celui ajoute en outre que le Plan Général d’Aménagement (PGA) de la commune de Papara « préconise de protéger la rivière et l’embouchure, une zone à fort potentiel touristique et économique ». Les amoureux du spot sont donc inquiets. Hier matin, certains membres de l’association ont pu s’entretenir avec le président Fritch qui s’est montré enclin au dialogue. « On a senti une ouverture de la part du président. Il nous a annoncé que dès la semaine prochaine il y aura un travail de réflexion avec un comité de suivi auquel nous participeront. Mais nous restons vigilants », prévient Claudine Tuarau.
    D’ici là, les organisateurs du festival espèrent que les habitants de Tahiti viendront nombreux pour soutenir leur action car la Taharu’u est « la seule plage où tu peux pratiquement tout faire », dixit Michel Bourez qui sera présent samedi. Une pétition circule également sur Internet. Elle recueillait un peu plus de 700 signatures hier après-midi.
     
     
    J-B. C. 

    Lire l’interview de Michel Bourez dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique
     

    Serge BALL 2015-06-11 05:09:00
    Il ne faut pas oublié aussi les malfaçons dans la réalisation des travaux et la mauvaise foi de l'entreprise vis à vis des riverains.
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