Un minibus solidaire pour Papeete

    samedi 16 mai 2015

    “On n’a peut-être pas du pétrole, mais on a des idées.”  Cet adage pourrait très bien s’adapter à la lumineuse idée de Nicolas Jamme. Cet entrepreneur, âgé de 45 ans, arrivé à Tahiti en 2001, a trouvé une sorte de martingale pour une triplette gagnante : des bus solidaires sont mis gratuitement à disposition des mairies afin de transporter, gratuitement aussi, des gens ou des associations qui n’ont pas les moyens de se payer un tel service. Le tout est financé par de la publicité affichée sur la carrosserie du véhicule, le sponsor profitant d’une visibilité importante dans la ville. 
    “Ces sponsors vont être présents en covering, c’est-à-dire en affichage vinyle thermoformé de haute qualité, explique Nicolas Jamme, fondateur de la société Utilcom, filiale d’Exsor conseil, cabinet de conseil en stratégie d’entreprise. Ils vont être présents sur le minibus avec de gros emplacements. Le véhicule étant gratuit, il va circuler toute la journée, tous les jours, pour des réunions, des manifestations sportives ou culturelles. Tous les jours de la semaine pendant deux ans, les sponsors vont être très, très visibles pour un prix très compétitif.”
    À Papeete, ce bus de neuf places circulera sept jours sur sept, 365 jours par an. Un service de navette gratuite sera également mis en place autour du centre-ville (sur une boucle Paofai, front de mer, rue des Remparts, avenue Foch), de 6 à 8 heures et de 16 à 18 heures. Ainsi, les annonceurs bénéficieront-ils “d’une forte visibilité”.  
    “Ce qui compte dans la publicité, c’est l’image que l’on donne et la répétition du message, 
    la mémorisation, explique Nicolas Jamme. Utilcom propose deux ans d’affichage, soit 730 jours de répétition, environ 15 000 vues par jour et une image citoyenne solidaire. Impossible de ne pas être vu et revu ! … Tout en étant très utile à ses concitoyens. À Papeete, c’est certain que la visibilité que l’on offre est forte.”

    16 000 F par mois

    Le minibus permettra donc à quinze annonceurs de mettre en avant leur image pendant deux ans tout en effectuant un geste solidaire. Les tarifs varient d’un peu plus de 300 000 F, pour la période, à 600 000 F, selon l’emplacement sur la carrosserie. Si la somme semble importante, le coût de revient mensuel peut paraître plus intéressant : cela reviendrait à 16 660 F par mois pour un annonceur qui signerait pour un espace publicitaire à 400 000 F.
    Selon Nicolas Jamme, de nombreux espaces ont déjà été réservés par des entreprises privées ou publiques. Il manquerait désormais “cinq ou six sponsors supplémentaires” pour que le premier minibus soit totalement financé. 
    Car d’autres véhicules pourraient voir le jour à Papeete et dans d’autres villes de Tahiti.
    “Ce principe est très répandu depuis six ans (en métropole, NDLR), explique Nicolas Jamme. Près de 3 000 communes sont déjà sur ce type d’opération, mais avec un esprit légèrement différent, où les sponsors ont de tous petits espaces. Nous, on s’est adapté au marché local et on offre de très gros espaces avec une très grosse visibilité. On espère pouvoir lancer le premier minibus dans les prochaines semaines à Papeete. Nous avons pris contact avec d’autres communes, mais on dépend des sponsors, car ce sont eux, finalement, qui décident  de la viabilité d’un bus ou pas.”
    Si elle bénéficie du véhicule gratuitement, qui sera changé tous les quatre ans, la mairie aura tout de même des obligations. Elle aura à sa charge l’entretien du véhicule (pneus, révision, etc.), le paiement de l’assurance et fournir un chauffeur. Mais aussi mettre du carburant, jusqu’à ce que, comme le souhaite Nicolas Jamme, l’électrique remplace le pétrole.    

    Karim Mahdjouba

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