Un Noël chez le médecin de garde

    samedi 26 décembre 2015

    Mal de tête, crise de foie… Les repas de Noël frôlent parfois l’orgie, annonçant pour certains des lendemains difficiles. Pour d’autres, point d’excès et pourtant…
    “On a fait le réveillon avec des amis, c’était sympa, mais le réveil un peu moins”, raconte Marie, 31 ans, assise dans la salle d’attente du médecin de garde de son district.
    Le 25 décembre au matin, la maman avait de tous petits yeux tandis que son fils de quatre ans, Raphaël, souffrait de toute évidence d’une conjonctivite. Heureusement que le père Noël avait eu le temps de passer dans la nuit : “Il m’a apporté une voiture et des dinosaures !”, s’est exclamé le garçon.
    Heureusement, surtout, que la famille a pu trouver une porte ouverte pour consulter.
    Afin d’assurer une continuité des soins, le Conseil de l’ordre des médecins de Polynésie française impose des gardes aux docteurs du fenua, par roulement, tous les week-ends et les jours fériés.
    Un taote doit pouvoir ausculter les malades dans chaque secteur : Paea, Papara, Huahine, Rangiroa, Bora-Bora, secteur Papeete-Faa’a-Punaauia…
    “On n’est pas forcément au cabinet toute la journée, mais au moins, on doit être joignable”, explique une médecin de garde de la côte est. La matinée de Noël, elle a reçu environ six patients. États grippaux, suspicion de dengue… Un papa craignait aussi que son bébé ait contracté la tuberculose, tandis qu’une dame a été redirigée vers les urgences pour une très forte conjonctivite.
    La plupart du temps, c’est le schéma inverse : “Le Taaone est débordé par des urgences qui n’en sont pas, soupire la docteur. Alors que nous, nous sommes parfois mobilisés toute la journée pour voir seulement deux ou trois personnes, c’est démotivant.”
    Certains médecins de garde ne joueraient pas le jeu et ne seraient pas joignables.
    “Mais le plus souvent, ce sont les malades qui ne veulent rien payer alors ils vont à l’hôpital, et ce sont les urgentistes débordés qui les renvoient vers les généralistes…”
    La consultation coûte 6 600 francs le dimanche et les jours fériés, mais la CPS en couvre 70 % si le patient s’adresse à un médecin de permanence désigné par le Conseil de l’ordre.
    Le vrai problème serait plutôt d’ordre logistique. “Les pharmacies de garde sont désignées par l’ordre des pharmaciens, et appliquent les horaires qu’elles veulent. Si elles ne sont pas situées à côté des cabinets médicaux ouverts, c’est compliqué pour certains patients d’aller récupérer leurs médicaments”, reconnaît la taote.
    Alors que la dengue de type 1 continue à sévir sur tout le territoire, et que les récentes intempéries accroissent le risque de transmission de la leptospirose, les prises de sang sont également difficiles à obtenir les jours fériés, en sortant des cabinets privés.
    Dans ce cas, mieux vaut se rendre à Cardella, où le laboratoire, un médecin et un radiologue sont mobilisés les week-ends et jours fériés. À Paofai en revanche, le laboratoire n’est sollicité qu’en cas d’urgence.
    “En tout cas, c’est bien qu’il y ait des médecins de garde”, souligne une femme en salle d’attente sur la côte est.
    Son frère, brûlé aux jambes et au bras, avait besoin de faire changer ses pansements le 25 décembre et ne voulait pas faire la queue des heures au Taaone.
    Pour soulager l’hôpital, la généraliste a accepté de le prendre en charge. “Quand on fait ce genre de travail, c’est normal d’être mobilisé”, estime quant à elle Marie, en quittant le cabinet avec son fils.
    “Moi-même, je suis infirmière, et je sais qu’on est malheureusement nombreux à être malades les jours fériés !”

    Marie Guitton   

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