Un second câble sous-marin à fibre optique et une « Smart City »

    vendredi 28 août 2015

     Lors du dernier conseil municipal, les élus ont pris connaissance de deux grands projets économiques qui toucheront de près
    la commune. Le premier projet d’envergure est l’installation d’un second câble sous-marin à fibre optique par un groupe d’investisseurs étrangers. Le second projet vise à transformer la ville de Arue en une Smart City (une “ville intelligente”), c’est-à-dire une ville utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour “améliorer” la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts.

    Deux projets, dont l’un très innovant, ont été abordés mardi dernier en séance du conseil municipal. Une condition préalable pour qu’ils aboutissent, cependant : il faut absolument que la commune obtienne la rétrocession des terrains militaires du Rimap-p.
    “Il y a une volonté forte de l’État comme de la part du gouvernement du Pays et des maires que cette reconversion des terrains militaires soit utile à l’avenir économique du fenua. Lorsque nous sommes réunis avec le haut-commissaire de la République et les différents maires de chaque commune concernés par le sujet, on nous a questionnés sur la viabilité des projets présentés, il y a quelques années. Quelques maires ont répondu que certains projets sont obsolètes ou, à tout le moins, à revoir. Concernant Arue, tous les projets sont maintenus et poursuivis. Mais en raison du fait qu‘ils ont été initiés en 2009 pour occuper la future zone d’activité économique, sur la centaine de projets présentés des initiatives ont purement et simplement disparu, ce qu’on peut comprendre car le terrain n’a toujours pas été rétrocédé et, à cela, s’ajoute la crise économique”, résume ainsi le maire de Arue, Philip Schyle. Les futures activités économiques qui s’épanouiront sur les terrains du Rimap-p, à Arue, seront choisies en concertation avec le gouvernement du Pays.
    “Nous resterons propriétaires du terrain. La demande de participation du Pays, c’est pour inciter les entreprises à venir sur la commune. C’est le coup de pouce indispensable, car ce n’est que le Pays qui peut prendre ce genre de décision. J’en ai discuté avec le gouvernement et la proposition a été acceptée. J’ai été approché par les responsables d’une entreprise. Ils souhaitent installer un nouveau câble sous-marin qui relierait la Chine à l’Amérique du Sud, via la Polynésie française. C’est un projet lourd, nécessitant de gros investissements et qui intéresse évidemment la Polynésie. Aujourd’hui, il y a le câble Honotua qui dépend des États-Unis, là avec ce nouveau câble, on ne passera plus uniquement par eux. Cette entreprise a déjà pris contact avec le consul de la République populaire de Chine à Tahiti pour cette initiative”, explique le tavana.
    L’actuel câble de l’OPT effectue une liaison entre Tahiti et Hawaii, ce dernier étant un État américain. “Dans la guerre économique à laquelle se livrent Chinois et Américains, la méfiance est de mise. Par exemple, les Chinois ne veulent pas que leur câble soit atterré à Papenoo. Le terrain militaire du Rimap-p qui n’est pas loin de la mer a leur faveur”, précise Philip Schyle.

    Une ville “intelligente”

    Le second projet présenté est de faire de Arue une Smart Tahiti. Cet anglicisme, que l’on traduit en français par l’expression “ville intelligente”, désigne une ville utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour “améliorer” la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts.
    Ce concept émergent permet un type de développement urbain apte à répondre à l’évolution ou l’émergence des besoins des institutions, des entreprises et des citoyens, tant sur le plan économique, social, qu’environnemental.
    “L’idée de cette entreprise est d’installer tout autour de Tahiti un réseau et des relais Wifi, mais sans aucun poteau. L’entreprise s’engage sur ce point. À partir d’un smartphone, on pourra accéder au réseau, moyennant des applications qui rendront la vie plus facile. On pourra ainsi consulter la météo du jour, s’informer sur l’actualité locale, nationale et internationale, savoir où se trouve un magasin, s’il reste encore de la place libre sur un parking. Ça va faciliter la vie quotidienne. L’accès au réseau ne sera pas facturé, il faudra juste acheter les applications. L’idée sera profitable pour les touristes qui pourront ainsi envoyer leur photo prise en selfie à Tahiti dans le monde entier. Il existe déjà un préalable en route au niveau du gouvernement avec le smart tourisme piloté par le ministère du Tourisme. Voilà donc le concept que l’entreprise souhaite établir ici, faire de Arue une Smart City. Les “villes intelligentes” existent déjà en métropole, dans une cinquantaine de villes dont Lyon et Marseille, bien qu’à Marseille, c’est dans un seul quartier qu’on expérimente cela”, s’enthousiasme Philip Schyle.
    Un exemple concret de possibilité d’application. Arue dispose depuis peu de 33 caméras de vidéosurveillance opérationnelles. Avec ce nouveau système, les muto’i pourront directement accéder aux images depuis leur smartphone. C’est quasiment une révolution car, jusqu’à présent, pour visionner les images, il fallait être devant un écran de télévision. La Wifi partout permettra cette évolution. “L’entreprise m’a proposé de participer à une réunion avec d’autres membres du gouvernement. Elle travaille avec Intel, une entreprise américaine basée à Silicon Valley qui a un partenariat avec Nui TV a un partenariat avec Intel et qui souhaite s’installer en Polynésie. Nous devons les rencontrer aux États-Unis. Le déplacement a été repoussé au 24 septembre”, conclut Philip Schyle.
    C’est ainsi que les élus ont adopté à l’unanimité la prise en charge totale des frais de déplacement du maire en métropole ou hors métropole qui interviendraient dans le cadre de la mise en œuvre du projet de création d’une zone d’activité économique sur l’espace foncier transféré à la commune par le biais du contrat de redynamisation des sites de défense en Polynésie française. Cette prise en charge restera valable pour la durée du mandat municipal soit jusqu’au mois de mars 2020. La commune prendra à sa charge les frais de transport par voie aérienne, les frais d’hébergement alors que le maire, Philip Schyle, prendra à sa charge sur le lieu de déplacement, les frais de repas durant le séjour qui lui seront remboursés sous forme d’indemnités prévues par les textes en vigueur ainsi que les frais de transfert qui lui seront remboursés sur frais réels et sur présentation de justificatifs pour la comptabilité.
    De notre correspondant J.H.

    tari 2015-08-28 16:41:00
    Faudrait déjà assurer la sécurité des usagers de la commune ! Vols, agressions, délinquance...ça ce n'est pas en wifi mais en direct!
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