Un spécialiste des maladies infectieuses au fenua

    samedi 25 octobre 2014

    Jean-Paul Stahl, chef de service des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble et ancien président de la société de pathologie infectieuse, est à Tahiti. Cet “hyperspécialiste”, comme il se définit, dispense actuellement une formation, basée sur le bon usage des antibiotiques et les maladies infectieuses aux praticiens hospitaliers de Taaone et aux médecins de Uturoa, à Raiatea.
    C’est le directeur de l’hôpital, Christophe Bouriat, et le président de la commission médicale d’établissement, Philippe Dupire, qui sont à l’origine de sa venue et de la mise en place de cet enseignement à distance.
    Pour Christophe Bouriat, l’infectiologie est un chapitre très important de la santé publique sur le Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF).
    “Mon rôle est de permettre à mes praticiens hospitaliers, mais aussi aux professionnels remarquables des îles éloignées, de bénéficier des mêmes connaissances.”
    Christophe Bouriat souhaite, au-delà de la téléformation, aller vers une parfaite circulation de l’information médicale entre le CHPF et les correspondants des îles.
    “Il faut qu’un infirmier dans son dispensaire ou un médecin des îles, face à un malade déjà reçu au CHPF, puisse avoir accès à son dossier et être en relation avec un service référent au niveau de l’hôpital.”  
    La formation se déroule sur 15 jours dans l’amphithéâtre de Taaone. Jeudi soir, une bonne trentaine de médecins urgentistes, spécialistes, chirurgiens et pharmaciens de l’hôpital étaient présents pour écouter et parfaire leurs connaissances en termes d’infectiologie.

    L’importance du bon usage des antibiotiques

    Si Jean-Paul Stahl a apporté de nouvelles informations sur le virus Ebola, il a surtout expliqué l’importance de se préparer à l’intrusion un jour ou l’autre d’un agent pathogène extrêmement contagieux sur le territoire.
    “Compte tenu de la situation géographique de la Polynésie, il est probable qu’un jour, un virus venu d’Asie débarque ici.”
    Selon l’expert, les virus à expression neurologique, comme les encéphalites, sont les intrus à venir, les plus probables au fenua. “Ils n’ont pas la gravité d’Ebola, mais ce sont des agents pathogènes préoccupants. La fièvre jaune ou le Lipa pourraient être de bons candidats à une importation en Polynésie.”
    Les antibiotiques et leur bon usage font aussi partie de la formation. Selon Jean-Paul Stahl, dans le monde entier, il y a un vrai problème d’extension de la résistance des bactéries aux antibiotiques.
    Un meilleur usage a pour but de limiter l’expansion de la résistance, car s’il est impossible de l’empêcher, elle peut être limitée grâce à une prescription la plus adaptée possible.
    Selon le spécialiste, les bactéries comprennent que les antibiotiques leur veulent du mal et donc se défendent.
    “On voit des infections où les bactéries résistent aux molécules régulièrement disponibles. On est donc contraint d’utiliser des molécules un peu plus exceptionnelles pour les combattre. Malheureusement, leur utilisation fabrique en retour de la résistance. On vit dans une espèce de course-poursuite entre nos moyens chimiques et l’évolution de la bactérie.”
    En 30 ans d’expérience, de recherches et de pratique, Jean-Paul Stahl a vu l’émergence de 85 nouvelles maladies infectieuses, dont la plus célèbre, le sida.

    Jennifer Rofes

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