Une baisse des prix à la pompe d’ici deux mois

    lundi 18 janvier 2016

     Les cours mondiaux du pétrole flirtent avec les 30 dollars du baril, leur niveau le plus bas depuis une décennie.  Cela entraînera
    “très prochainement” une baisse des prix à la pompe au fenua.

    C’est a priori la seule répercussion : rien n’est encore sûr du côté des compagnies aériennes, quant à la baisse du prix de l’électricité, elle avait été annoncée le mois dernier, bien avant la chute récente du prix du baril.
    Les cours du pétrole poursuivent leur chute en ce début d’année. Vendredi dernier, le prix du baril a atteint son niveau le plus bas depuis une décennie, autant sur le marché européen qu’américain, où il était descendu sous la barre des 30 dollars US. Une situation morose sur le marché international qui profitera “très prochainement” aux usagers du fenua, notamment par “des baisses conséquentes” des prix de l’essence à la pompe, confiait Jean-Christophe Bouissou, ministre du Tourisme et porte-parole du gouvernement, à l’issue du conseil des ministres de mercredi dernier.
    “Tout laisse à croire dans ce que j’ai entendu des propos du ministre de l’Économie que la situation actuelle, avec la baisse continue du prix du baril de pétrole,
    31 dollars aujourd’hui (mercredi dernier, NDLR), permette une nouvelle baisse pour les usagers et les consommateurs.”
    L’année dernière, toujours grâce à la chute des cours du pétrole, le prix public du gazole et de l’essence sans plomb avait bénéficié de quatre baisses de l’ordre de 5 à 10 F chacune, en janvier, en mars, en septembre et en décembre. En un an, le gazole est passé de 165 F à 140 F le litre, soit
    25 F de réduction, et l’essence sans plomb de 178 F à 143 F le litre, soit une baisse de 35 F. Le montant exact de la nouvelle baisse à venir n’est pas encore connu ; il doit être fixé par arrêté en conseil des ministres. Mais quoi qu’il en soit, il ne faudra pas espérer cette baisse avant deux bons mois.
    “La baisse du prix de l’essence à la pompe n’est pas automatique, explique Juanita Muller, responsable du département développement économique à la direction générale des affaires économiques (DGAE). Ce n’est pas parce qu’on a une baisse sur le plan mondial que ça se répercute immédiatement ici. En général, il y a un décalage de deux mois, qui correspond aux délais d’approvisionnement et d’acheminement du carburant en Polynésie. Donc les cours de janvier vont se répercuter sur mars.”
    Si les cours mondiaux sont un bon indicateur de la tendance, le calcul de la baisse à venir sera fait à partir du prix d’achat le jour précis de l’approvisionnement à Singapour et l’impact de cette baisse sur le fonds de régulation du prix des hydro-carbures (FRPH), actuellement au meilleur de sa forme (lire ci-dessous).
    En effet, la Polynésie s’approvisionne sur le marché asiatique, Singapour ou Corée, où sont implantées plusieurs raffineries de pétrole, et qui a sa propre cotation. Chaque année, ce sont à peu près 300 millions de litres de produits pétroliers, tous confondus (kérosène, fioul, essence, gasoil, etc.), qui sont acheminés au fenua par bateau. Les deux bateaux chargés du transport effectuent chacun sept à huit livraisons par an. En 2015, la Polynésie a été approvisionnée à 15 reprises, soit une à deux fois par mois.

    V.H.

    Un FRPH au meilleur de sa forme

    D’un déficit de trois milliards en 2012, le Fonds de régulation du prix des hydrocarbures (FRPH) est aujourd’hui excédentaire de “près de trois milliards”, confiait Jean-Christophe Bouissou, porte-parole du gouvernement, mercredi dernier à l’issue du conseil des ministres. Ce fonds, alimenté par une partie du prix de l’essence à la pompe, permet de subventionner l’essence pour certains professionnels comme les perliculteurs, les goélettes qui font la navette dans les îles, les trucks, les boulangers, les pêcheurs et EDT, qui bénéficient d’un prix au litre plus bas que celui destiné au grand public ; et, comme son nom l’indique, de stabiliser les prix à la pompe pour éviter qu’ils ne subissent les fluctuations du cours du pétrole.
    Car si une baisse des prix est toujours la bienvenue, une hausse est plus difficile à faire accepter. C’est d’ailleurs grâce à ce fonds que les usagers n’ont pas trop subi le pic du prix du baril de 2008. “À cette époque, le gouvernement n’avait pas répercuté ce pic dans le délai de deux mois, raconte Juanita Muller, responsable du département développement économique à la DGAE. Il a pris sur la réserve du FRPH pour compenser la hausse du cours du pétrole, comme c’est prévu. Malheureusement, les cours mondiaux ont continué à évoluer à la hausse et les prix internes fixés par la puissance publique n’ont pas suivi. On a commencé à ponctionner de plus en plus sur les réserves du fonds, ce qui l’a fait devenir négatif pendant deux à trois années. Ça explique que, quand les prix ont commencé à baisser, on n’a pas tout de suite répercuté la baisse afin de réalimenter le fonds et reconstituer ses réserves pour prévenir d’une future hausse des prix mondiaux.”

    Pas d’impact sur le prix des produits importés

    Nous avons cherché à savoir si la baisse des cours du pétrole pourrait avoir un impact sur le prix des produits importés, acheminés par bateau ou avion du bassin Pacifique ou d’Europe jusque chez nous. La réponse est unanime pour les trois importateurs que nous avons contactés : “Ce n’est pas le prix du carburant qui va impacter le prix final.”.“La part du transport dans le prix de revient d’un produit est vraiment minime, explique l’un d’entre eux. Par exemple, pour un container qui a quitté la France et traversé deux océans avant d’arriver ici, le coût du transport-fret-assurance représente 3,25 % du prix de revient. Ce sont les taxes locales qui représentent le plus gros du prix de revient, 50 à 60 % de celui-ci.”

     

    Les cours du baril et leur évolution

    Sur les marchés, plusieurs types de barils de pétrole sont distingués en fonction de leurs caractéristiques chimiques et de leur origine de production.
    Le Brent, dit “brut de mer du Nord”, est le baril de référence en Europe. Son nom provient d’un acronyme des principales plateformes pétrolières de mer du Nord : Broom, Rannock, Etive, Ness et Tarbert.
    Le baril WTI (West Texas Intermediate), côté à New York sur le NYMEX, est quant à lui la référence américaine. Sa fréquente désignation sous le terme de “Light Sweet Crude Oil” provient de son type de raffinage, aboutissant à une faible teneur en soufre par rapport au Brent.
    L’Arabian Light est quant à lui la référence de l’Arabie Saoudite.
    Avant 2011, le WTI cotait généralement à quelques dollars au-dessus du Brent. Toutefois, avec la forte production de pétrole de schiste augmentant l’offre américaine, la valorisation du WTI s’est globalement affaiblie face au Brent européen, qui cote désormais quelques dollars au-dessus du WTI.
    Au cours de la dernière décennie, les prix du baril ont connu des variations de grande amplitude. À la fin du premier semestre 2008, un pic était atteint sur le Brent à 147 dollars le baril. L’envolée du pétrole tenait alors principalement au sentiment d’une offre trop faible face à la croissance exponentielle des pays émergents asiatiques très consommateurs de matières premières. Néanmoins, au cours du second semestre 2008, le pétrole a connu une chute de son cours jusqu’à 40 dollars le baril, liée au retournement de la conjoncture mondiale engendrée par la crise financière. Le baril a ensuite progressivement retrouvé un prix d’environ 80 dollars en 2009-2010, puis de 100 à 120 dollars entre 2011 et la mi-2014.
    Au cours du second semestre 2014, le pétrole a de nouveau connu une chute majeure, passant en dessous des
    50 dollars au début de l’année 2015. Cette nouvelle chute des cours de l’or noir était alors motivée par l’abondance de la production aux États-Unis (par le pétrole de schiste) et par le maintien de la production des pays de l’Opep alors que la demande mondiale restait stagnante. Durant l’année 2015, le monde a produit 1,5 million de barils par jour, de plus que ce qu’il consomme. Après une petite remontée début 2015, les cours du pétrole n’ont plus arrêté de chuter depuis juillet dernier.

    Source X. Bargue – Boursorama 2015

    Pas encore de baisse sur les billets d’avion

    La question d’une éventuelle répercussion de la baisse du prix du baril sur les billets d’avion a été abordée mercredi dernier en conseil d’administration de la compagnie Air Tahiti Nui. Jean-Christophe Bouissou, ministre du Tourisme et membre de ce CA, nous confiait vendredi dernier que “les baisses tarifaires appliquées sur des destinations comme Auckland et les États-Unis sont déjà concurrentielles”. Il est tout de même ressorti de ce conseil d’administration que “nous allons faire un effort sur Paris”. “Pour cela, nous avons décidé de tenir un comité d’étude pour regarder la grille tarifaire.” Mais aucun délai n’a été annoncé.
    Du côté de la compagnie aérienne domestique Air Tahiti, “compte tenu de la tendance baissière du cours du pétrole constatée en début d’année, une réflexion sur le réajustement des tarifs ou de la surcharge carburant est en cours”, nous dit-on. “Il faudra cependant que cette tendance se confirme durablement.” En 2015, la baisse du prix du carburant a été répercutée par le biais d’opérations promotionnelles, avec 5 000 sièges supplémentaires à 50 % de réduction. Air Tahiti a une flotte d’ATR peu gourmands en kérosène. La part du carburant dans le prix d’un billet s’établit à un peu moins de 11 %, soit 1 500 F si l’on fait la moyenne de toutes les destinations, car ce coût est variable selon la distance effective parcourue.
    Également sollicité, Air France ne nous avait pas communiqué ses intentions à l’heure où nous mettions sous presse.

     

    Les tarifs de l’électricité baisseront au 1er mars

    C’est davantage lié à la mise en œuvre du plan de transition énergétique 2015-2030 du gouvernement qu’à la baisse récente du prix du baril, puisque le vice-président Nuihau Laurey l’avait annoncé le mois dernier. Les tarifs de l’électricité, fixés par le conseil des ministres, subiront une baisse moyenne de 4 % dès le 1er mars. La nouvelle grille tarifaire, qui réduit le nombre de tranches de 20 à 7, devrait être connue à la mi-février. Nous n’avons cependant pas pu savoir si la récente baisse du cours du baril tiendra un rôle dans l’établissement de cette nouvelle grille. EDT devrait également sortir du fonds de régulation du prix des hydrocarbures (FRPH) d’ici le mois de septembre, le temps de permettre au concessionnaire et au Pays de fixer les nouveaux mécanismes d’achat des combustibles. En mars 2015, les tarifs d’EDT avaient été baissés de 0,4 à 3,3 F selon la tranche concernée.

    LUC 2016-01-19 09:12:00
    Pour répondre à TUTERAI 58 ( post 4). Pour faire simple TAHITI est une ile perdue au milieu du pacifique. Il y a peu de compagnies qui y atterrissent. Donc la population n' a pas un grand choix pour se déplacer sur les différentes destinations. Pourtant je crois me souvenir que le Président Flosse à l'époque de la création de la compagnie ATN, souhaitait que le pays ne subisse plus les contraintes des compagnies privés et qu'ATN soit l'outil du "peuple" pour s'ouvrir au monde.
    Aujourd'hui nous constatons que les tarifs ELEVES d'ATN sont les mêmes que ceux d'AIR FRANCE ( a quelques ridicules xpf pres !). alors OUI il faut bien arriver à l'évidence que tout cela est partie aux oubliettes et que les idées généreuses du départ se sont évaporées (sauf pour les GP......)
    moana 2016-01-19 06:26:00
    " les tarifs appliqués sur les Etats Unis sont déjà concurrentiels". De quelle concurrence parle-t-on quand il n'y a que deux compagnies qui déservent les USA et qu'il y a accord entre ces deux pour maintenir des tarifs élevés. Que fait donc l'autorité de la concurrence ????il y a deux ans le prix des billets en haute saison pour les Etats Unis était d'environ 135000 f pour un baril à 120$ aujourd'hui à 128000 f pour un baril à 30$ soit une baisse du prix du billet de 7% et une baisse du prix du baril de 75%. Pas étonnant que la compagnie soit excédentaire non due à une saine gestion mais des tarifs prohibitifs de par sa position de quasi monopole tout comme l'OPT. Quand est-ce que le consommateur polynésien paiera le juste prix ??????????
    tuterai 58 2016-01-19 01:23:00
    Est ce que air france a baisse ses tarifs?est ce que hawaian air a baisse ses tarifs?est ce que lan chile a baisse ses tarifs? la reponse est non,et poutant ces compagnies s'approvisionnent chez eux ou le kerosene est encore moins cher que chez nous,cherchez l'erreur.
    Punu 2016-01-18 19:56:00
    @ PITO,

    Il faut que tu comprennes que les prix sont maintenus (voire augmentés) pour financer plus de billets GP et de billets gratuits.

    Et comme, la concurrence n'existe pas, les consommateurs payants plein pot ne sont près de voir la moindre baisse.

    Il parait que c'est une saine gestion.......
    Popol 2016-01-18 16:36:00
    Il est temps de manifester dans les rues pour réclamer la baisse des prix qui nous est due. Maintenant, et non "très prochainement". Sa suffit bordel.
    Pito 2016-01-18 14:02:00
    C'est drôle on n'entend carrément plus parler de baisse des billets d'avion, il faut attendre nous dit on, mais quand le baril augmente comme par hasard, les prix augmentent aussitôt......on se moque de nous !!!!
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