Une caverne d’Ali Baba consacrée à la Polynésie et la Mélanésie

    samedi 30 janvier 2016

    Un dessin de Picasso, deux tableaux de Bobby, des gravures et lithographies qui datent de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, des livres rares comme une édition originale en français de 1771 du Voyage autour du monde de Bougainville, des colliers ethniques de Papouasie, des tambours marquisiens, des herminettes, des penu, des ti’i et des tiki… Le site www.artoceanien.com est une vraie caverne d’Ali Baba en ligne.
    Créé en août 2014 par Michel et son épouse, deux passionnés d’art polynésien, ce site est pour eux une alternative à la galerie d’art, “qui demande un certain engagement, des charges et où tu ne peux pas montrer beaucoup d’objets”, confie Michel. “Donc on s’est dit qu’on allait faire un site Internet qui permettra de montrer autant d’objets que l’on veut, qui seront vus en Polynésie mais ailleurs aussi.”
    Mais www.artoceanien.com n’est pas un site marchand à proprement parler, il se veut être un intermédiaire entre les acheteurs et les vendeurs, où qu’ils se trouvent. “On est parti principalement sur des collections privées, c’est-à-dire que les gens qui ont des objets d’art à vendre utilisent notre site pour être contactés par des acheteurs potentiels. Certains objets sont en Polynésie, d’autres à l’extérieur du pays. Et ce n’est pas un site marchand parce que c’est un peu plus compliqué que de vendre une paire de chaussures. Là, on est obligé de parler de l’origine de l’œuvre, donc il vaut mieux être en relation soit par téléphone, soit par e-mail, pour donner des informations au sujet des objets.”

    Une vitrine pour les artistes locaux

    Surtout que si l’on trouve des choses autour de 20 000 F, ça peut rapidement monter à quelques millions pour d’autres. Des prix fixés par les vendeurs eux-mêmes. “Mais nous demandons aux collectionneurs d’être raisonnables et de proposer un prix qui leur semble en rapport avec le marché”, poursuit Michel. “On a des produits qui ont des certificats d’authenticité, d’autres qui n’en ont pas. Après, c’est en fonction de la valeur du produit que l’acheteur va faire l’achat ou pas. Si l’objet vaut 2-3 millions, c’est sûr que l’acheteur attend d’avoir un certificat et généralement, on l’a sur ce genre de produits. Par contre, quand ce sont des produits qui ont été achetés par un collectionneur sur le coup de l’émotion et qu’il n’y a pas eu de certificat, généralement, ce ne sont pas de grosses sommes non plus. Donc il y a peu de chances de faire une mauvaise affaire.” Aux côtés des objets anciens, l’art contemporain trouve également sa place sur www.artoceanien.com. Dans la rubrique peinture, par exemple, les huiles et aquarelles de Gouwe côtoient les œuvres de peintres contemporains, tels Louis Devienne, Joseph Chaussoy ou encore Gaya. Dans la rubrique sculpture, une page est dédiée à des reproductions de pièces ancestrales signées Hiro Ou Wen, comme des tiki et des poinçons pour oreilles des Marquises, des ti’i des Gambier, des Australes et de Nouvelle-Zélande, ou encore des hameçons hawaiiens.
    “On commence à s’ouvrir à certains artistes qui nous ont contactés et souhaitent utiliser notre site pour pouvoir faire des transactions”, reprend Michel. “On les a acceptés, ça permet en même temps de répertorier doucement ce qui se fait ici. Prochainement, on mettra en ligne les œuvres d’une artiste qui est à Huahine et qui fait des tableaux. Elle nous a contactés pour apparaître sur notre site et on a accepté. Les autres artistes intéressés peuvent nous contacter. Par contre, on ne dit pas oui à tout le monde, seulement si ça nous semble bien.”

    V.H.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete