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Une cheffe en surchauffe

vendredi 21 juillet 2017

Députés FN assemblée nationale

Les députés FN Marine Le Pen et Gilbert Collard, lors d’une séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 12 juillet. (©Photo : Alain Jocard/AFP)

L’acte I de la transformation «profonde» du Front national débute aujourd’hui, à Nanterre, où une quarantaine de cadres du mouvement se retrouvent au siège pour un séminaire. Ce brainstorming de deux jours doit préparer la consultation inédite des adhérents prévue en septembre, ainsi que le 16e congrès de mars 2018.

Après deux défaites électorales, Marine Le Pen a promis du changement. Du nom du parti à son organisation interne, elle veut amorcer les mutations qui permettraient de garantir l’avenir d’un “très grand mouvement politique français”, comme elle l’a expliqué le 4 juillet sur France Info. Malgré le volontarisme de cette démarche, également destinée à rassurer les troupes frontistes avant les grandes vacances, plusieurs sujets brûlants devraient être évoqués au séminaire et nombre de frontistes attendent de vrais changements.

En coulisses, deux camps s’affrontent. Cette querelle entre anciens et modernes oppose les partisans d’un retour aux fondamentaux, guidés par l’union des droites, aux apologistes de l’ouverture élargie, toujours attachés à la souveraineté monétaire.

Si certains participants abordent cette grande explication avec scepticisme, d’autres la jugent essentielle pour l’avenir.

Parmi les économistes du FN, ceux qui avaient pensé la sortie de l’euro comme mesure phare du projet frontiste, tels Bernard Monot et Jean-Richard Sulzer, ont pris acte du rejet de cette mesure par les Français. Aujourd’hui, ils jugent urgent de sortir d’une “impasse politique”.

De leur côté, des personnalités comme Florian Philippot et l’économiste Philippe Murer persistent à défendre la sortie de l’euro. Elle doit rester la clef de voûte du souverainisme FN, affirment-ils. Contesté en interne, Philippot a exposé sa vision de la refondation.

Dans une contribution révélée par lefigaro.fr, il a mis en garde le mouvement contre une “dangereuse facilité” et une “erreur fatale” qui consisterait à se “restreindre” sur les fondamentaux tels que l’immigration, l’insécurité et l’islamisme. “Tout faux”, lui répondent ses opposants, encore écœurés par l’échec des législatives et le “boulevard manqué” d’un scrutin où ils avaient misé sur l’électorat de droite.

Certains cadres exigent un changement radical de ligne politique. Ils pensent que des sujets comme la sortie cadres de l’euro ou le Frexit ont éloigné le FN de son socle électoral. Au milieu de la bataille, Marine Le Pen, en position pour le moins inconfortable, a tenté de calmer les colères. Elle a haussé le ton, exigé la discipline et réclamé la discrétion sur les divisions internes.

Si elle admet l’impasse de la sortie de l’euro, elle ne veut pas renoncer au discours souverainiste. Elle cherche les moyens de rassembler plus largement mais elle s’interroge sur la bonne stratégie.

Selon Jean-Marie Le Pen, les sportifs de haut niveau ont un droit à l’erreur. Si son leadership n’est pas menacé au sein du mouvement, Marine Le Pen entend des voix lui conseiller de prendre du champ, pour mieux préparer 2022. À peine élu, Emmanuel Macron a anticipé cette échéance présidentielle comme une menace.

“Le Front national dans cinq ans sera redoutable, ayant fait ses mues, si nous n’avons pas bien présidé, bien gouverné”, avait-il déclaré dans un documentaire diffusé le 11 mai sur France 2.

Une analyse que partage Marine Le Pen et à laquelle elle veut croire. La refondation du Front national, qui débute ce week-end, n’a d’ailleurs pas d’autre finalité que de replacer un parti politique fragilisé en situation de conquête.

 

AFP

 

 

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